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rédacteur
Mahmoud Jemni
publié le
05/05/2011
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Habibi Mestiri, réalisateur


Mahmoud Jemni

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Images saccadées, de Habib MESTIRI
Archéologie d'une mémoire

La thèse défendue par le film : il ne suffit pas de tourner des films, le plus important est de les conserver pour qu'ils donnent à voir, analyser, débattre… Avec le temps, ces images stockées renseigneront sur différents aspects : sociaux, politiques, culturels d'une époque et mettront en exergue les péripéties de la création et ses spécificités esthétiques. C'est l'évidence même mais était-elle aussi facile pour la concrétiser? Voilà en quoi aspire le réalisateur d'Images saccadées.
Le film s'ouvre. La première scène, de par sa lumière, la disposition de son décor et de sa musique envoutante composée par Kais SELLAMI, nous installe dans une nostalgie. Cette dernière prépare le terrain à la caméra pour opérer différents mouvements et fouiller les lieux. Une main, dans la pénombre, apparaît de temps en temps pour rythmer la narration. Nous sommes prêts à la réception : différents plans serrés se succèdent. Ils démontrent tout ce qui à trait au cinéma.
Quel cinéma ? Le cinéma amateur tunisien. Cette exposition résume l'histoire de ce vivier cinématographique national. Le spectateur voit défiler sous ses yeux différents éléments, pèle mêle, des ingrédients du cinéma : pellicule de formats distincts, une visionneuse, une table de montage des cassettes VHS, appareils photos et extraits de films et la silhouette d'une des figures de proue de notre cinéma. Il s'agit du cinéaste militant Ahmed Harzallah.
Septuagénaire, Harzallah fera l'accompagnateur, il nous fait revisiter les lieux ; pardon, l'histoire de la Fédération Tunisienne des Cinéastes Amateurs. En sa qualité de narrateur, il s'éclipse pour que d'autres prennent la parole.

Ainsi, la structure narrative de ce film se présente sous forme de tableaux ayant chacun une particularité, et ce, selon le témoignage retenu. Les témoins sont nombreux, ils appartiennent à trois générations. Ils se distinguent également par leurs convictions politiques, visions esthétiques et leur statut. Du jeune étudiant(e) à l'ex-ministre en passant par les fondateurs et les responsables des clubs. Il y a aussi les éternels cinéastes amateurs et ceux qui sont passés dans le secteur professionnel.
Citons quelques noms : Abdelwaheb Bouden, Ridha El Béhi, Ahmed Khéchine, Tarek Chortani du club de Kairouan. D'autres de différents clubs de Sousse, Tunis, Sfax, Mehdia, Gafsa et Gabès. Qu'il s'agisse de Moncef Ben Mrad, Mohamed Dammak, Marwane Meddeb, Ghassen Amami, Dalila Dahri, Ali Ben Abdallah Khaled Barsaoui, Hammadi Guellah, Rachid Sfar, Abderrahman Chibani, Nacer Sardi, Ridha Ben Halima, Radhi Trimèche, Fethi Kémicha, Hédi Khlil, Mustapha Negbou… la liste est longue mais les témoignages sont sincères et prenants.

Hassan Bouzriba, en sa qualité du premier président de " l'Association des jeunes cinéastes Tunisiens", ouvre le bal des témoignages, parle de la genèse de cette association qui n'est que la concrétisation d'aspiration de jeunes Tunisiens. Ces jeunes voulaient faire de l'image un moyen d'expression.
L'autodidacte Omar Khélifi, bien qu'il était pionnier en la matière n'était pas parmi les membres fondateurs. Cela n'empêche que ses premières expériences étaient un élément déclencheur et un facteur d'émulation. D'où ce premier né en 1962 qui n'a pas tardé de changer d'appellation pour devenir la Fédération Tunisienne des cinéastes Amateurs (FTCA). Cette association a été depuis sa création un lieu de débat, d'échanges d'idées et une contrée de rencontre.
Le Festival International du Film Amateur (FIFAK) est l'ainé des Journées Cinématographiques de Carthage (JCC). C'est un lieu convivial convoité par les cinéastes nationaux et étrangers. L'histoire de la FTCA, comme la relatent les différents témoignages, est le reflet des mouvements sociopolitiques du pays. Depuis sa création, la FTCA connaît, presque chaque décennie une nouvelle orientation dans ses choix esthétiques.
Ces changements sont tributaires des relations avec le gouvernement, des changements politiques sociaux et des courants idéologiques venant d'au-delà des frontières. Mai 68 était à l'origine de "la Réforme", ce texte qui n'est qu'une réaction à la bureaucratie de la direction centrale précisait l'un des témoins. Les clubs réclamaient de l'autonomie dans la gestion et de la liberté dans la création.

Deux courants marquaient l'histoire de la FTCA : celui du club de Hammam-Lif et celui du Kairouan essentiellement avec Bouden. Philosophe de formation, Bouden réalisateur de "Duel" prône plus de liberté dans la création et appelle à rompre avec certains modèles figés.
Des courants idéologiques traversent l'histoire de la fédération. Ils proviennent de l'université. Ainsi, la Réforme est obsolète aux regards de nombreux adhérents adeptes de la Plate forme. Ce texte appelle à la radicalisation et devient dogme aux dépens de la création. Cette rigidité n'est qu'une réaction face au pouvoir politique. Le fameux incident avec le ministre de la culture à l'époque en témoigne. Quelque soit le climat politique ou le combat idéologique, les films des cinéastes amateurs avec leur diversité, restent fidèles à cette aspiration à la liberté. La liberté et la délivrance sont des concepts qui traversent la quasi-totalité des films des amateurs. Qu'il s'agisse des "Galériens" de Hamadi Ghalèlè, du "Tunnel" de Mohamed Abdessalem et Rida ben Hlima et Belgacem Hammami, "La Grande Illusion" de Fethi Kémicha ou d'autres, ces films traitent, bien que différemment, les mêmes thèmes.

Comme on l'a dit plus haut, les témoignages se succèdent sous forme de tableaux appuyés par des extraits de films souvent en noir et blanc. Certaines œuvres ne figuraient pas dans ce film car elles ont été perdues ou détruites.
Cette perte tant douloureuse était à l'origine de ce long métrage de 86 mn qui nous a fait revisiter une partie de notre mémoire visuelle. L'un des mérites du réalisateur, Habib MESTIRI - après avoir rendu hommage aux militants de la FTCA - est de lancer un vif appel aux autorités culturelles pour sauvegarder ce patrimoine collectif. À bon entendeur !

Mahmoud JEMNI

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