actuellement 17466 films recens√©s, 2937 textes recherche | » english  
films r√©alisateurs acteurs producteurs distributeurs festivals agenda pays espace personnel  
  critiques»
  dossiers»
  analyses»
  entretiens»
  comptes rendus de festivals»
  reportages»
  documents»
  ateliers»
  Zooms»
  r√©dacteurs»
  √©crans d'afrique»
  Asaru»
  lettre d'info
  inscription»
  desinscription»
  archives »
  liens»
  d√©p√™ches »
  nouvelles de
la f√©d√©ration»
  la f√©d√©ration»
  contacts»
  partenaires»
  accueil»




 
    
rédacteur
Stéphanie Dongmo
publié le
04/10/2012
Ľ films, artistes, structures ou √©v√©nements li√©s √† cette analyse
Ľ les commentaires li√©s √† cette analyse

Jean-Marie Mollo Olinga, écrivain


Stéphanie Dongmo (Africiné)


Couverture du livre


L'auteur Jean-Marie Mollo Olinga, à la séance de dédicace de son ouvrage, le 02 septembre 2012, à l'Institut Goethe de Yaoundé (Cameroun).

retour
 
Jean-Marie Mollo Olinga : "J'encourage les jeunes à faire de la critique"
Journaliste et critique cin√©matographique camerounais, il vient de publier "√Čl√©ments d'initiation √† la critique cin√©matographique", pr√©fac√© par Thierno Ibrahima Dia, aux √©ditions L'Harmattan Cameroun. Il parle des probl√®mes de la jeune critique africaine √† qui cet essai p√©dagogique est destin√©.

Qu'est-ce que votre livre apporte de nouveau ?

Ce que mon livre apporte de nouveau c'est une esp√®ce de structuration d'un article de critique de film. Je crois que √ßa n'existait pas avant. Mon livre se propose d'aider les jeunes qui veulent se lancer dans ce m√©tier, parce que c'en est un, de les accompagner en balisant le terrain, en leur montrant les √©cueils √† √©viter et en leur disant ce qu'il faut faire pour une critique bien faite. Je ne veux pas que les jeunes qui ont fini de lire mon livre aient la pr√©tention de se proclamer critiques, c'est plut√īt un appel √† davantage de travail.
Il faut s'auto-investir parce qu'on n'enseigne pas la critique dans les écoles comme on enseigne le journalisme. C'est donc pour que ces jeunes-là aillent fouiller dans les livres spécialisés sur le son, la caméra, l'écriture du scénario, l'histoire du cinéma, les mouvements cinématographiques… Il faut qu'ils travaillent davantage. C'est au bout de cela qu'ils auront peut-être la prétention de se désigner critiques cinématographiques. C'est un livre qui donne des outils pour être un critique compétent.

Vous dites que la critique de cinéma doit prendre en compte l'aspect culturel des films…

Je veux qu'en faisant la critique, les jeunes essaient de se d√©complexer parce que, jusque-l√†, nous avons une critique impos√©e par les Occidentaux qui regardaient nos films apr√®s avoir chauss√© leurs lunettes. Mais aujourd'hui, il faut r√©parer cela. Ils ont essay√© de nous faire croire que le jeu doit √™tre naturel. Je dis non ! Le jeu au cin√©ma est culturel. Sinon, on aurait la m√™me r√©action devant les m√™mes √©v√®nements. Un exemple : dans le film "Une vie bris√©e" de Jude Ntsimenkou, une femme perd son fils unique envoy√© en Europe pour y poursuivre ses √©tudes. Quand on lui annonce la mort par assassinat de cet enfant, elle se roule par terre et crie sa douleur. Les Occidentaux diraient que c'est un jeu th√©√Ętral mais moi, je dis non. C'est ainsi qu'on pleure un fils en Afrique, c'est culturel. Les Occidentaux, face aux m√™mes √©v√®nements, de tamponneraient tout simplement le visage et parleraient de dignit√©. On fait le cin√©ma comme on vit. Donc, il faut faire pr√©valoir la culture, en √©vitant le pi√®ge du repli identitaire.

Publier un livre sur la critique, c'est encourager les jeunes à se lancer dans la critique cinématographique. Peut-on vivre de ce métier en Afrique ?

Absolument, j'encourage les jeunes √† faire de la critique. Maintenant, peut-on vivre de la critique en Afrique ? Oui, si le politique le veut, parce que la critique est une mati√®re qu'on peut enseigner dans des universit√©s. D'ailleurs, il y a une universit√© √† Paris qui a un module critique cin√©matographique. On peut introduire le m√™me module ici au Cameroun, pour les √©tudiants en art et m√™me √† l'√©cole de journalisme [de Yaound√©, Ndlr]. On pourrait int√©resser les jeunes journalistes √† la critique cin√©matographique, √ßa viendrait combler un vide. Le cin√©ma est d'autant plus aim√© qu'il est bien critiqu√©. Et c'est le travail du critique d'apporter l'√©clairage sur les ombres qui se seraient gliss√©es dans la compr√©hension d'une Ňďuvre filmique par le spectateur.
C'est un livre qui peut int√©resser les d√©cideurs, parce qu'il y a des postes √† cr√©er dans les universit√©s, au niveau m√™me des √©coles primaires. Le cin√©ma doit √™tre enseign√© √† la base, il faut une formation √† ceux qui pourraient dispenser ce genre d'enseignements. Je crois qu'il y a l√† un filon √† exploiter pour les d√©cideurs. Je n'ai pas arr√™t√© de le seriner : le cin√©ma chez nous, c'est-√†-dire au Cameroun et en Afrique, est caract√©ris√© par les financements ext√©rieurs. On peut arr√™ter avec √ßa tout simplement en instituant des journ√©es de cin√©ma dans nos √©coles primaires une fois par semaine, que les enfants sortent de leurs classes pour aller regarder des films faits par des Camerounais moyennant par exemple 100 francs. Nous avons des √©coles o√Ļ il y a 5.000 √©l√®ves. Cela donnerait la possibilit√© au cin√©aste de faire des films ne serait-ce que tous les six mois et de donner du travail √† tous les corps de m√©tiers qui rentrent dans la fabrication d'une Ňďuvre filmique.

Certains cinéastes africains comme Djo Munga, l'auteur de "Viva Riva !", estiment qu'il n'y a pas de critique de cinéma en Afrique ; en ce sens que les gens qui écrivent sur les films ne sont pas outillés pour le faire. Que leur répondez-vous ?

Je leur demande de lire simplement mon livre. Je ne sais pas sur quoi il se base pour affirmer cela. Les gens qui √©crivent sur les films ne sont pas form√©s mais est-ce qu'il y a des √©coles de cin√©ma ? Je crois que Djo Munga devrait plut√īt prendre un abonnement au site de la F√©d√©ration africaine de la critique cin√©matographique [www.africin√©.org] pour voir les Ňďuvres qui sont critiqu√©es. Je crois qu'il y a des critiques de cin√©ma en Afrique, il y a des gens qui savent de quoi ils parlent, o√Ļ ils vont, quand ils √©crivent.

Quels sont les problèmes de la jeune critique africaine ?

C'est d'abord la documentation. Il y a un problème d'ouvrages didactiques qu'on ne trouve pas aisément. Deuxièmement, il y a le problème d'accès aux films qui est réel, parce qu'on doit pouvoir accéder aux films en quantité et en qualité. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas. Le critique n'a pas besoin d'être cinéaste mais d'avoir une culture cinématographique et une culture générale.

Quelle est la différence entre la critique de cinéma et la critique cinématographique ?

La critique de cinéma est un peu réductrice alors que la critique cinématographique comprend aussi bien l'histoire, la philosophie, l'anthropologie… En fait, la critique cinématographique est beaucoup plus englobante que la critique de cinéma. D'ailleurs, j'y ai consacré un paragraphe dans mon livre.

Propos recueillis par Stéphanie Dongmo

L'ouvrage peut être commandé sur www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=37542

haut de page


   liens films

Une vie brisée 2007
Jude Ntsimenkou

Viva Riva ! 2010
Djo Munga


   liens artistes

Dia Thierno Ibrahima


Mollo Olinga Jean-Marie


Munga Djo


Ntsimenkou Jude


   ťvŤnements

02/07/2012 > 02/07/2013
parution |Cameroun |
√Čl√©ments d'initiation √† la critique cin√©matographique
Un essai de Jean-Marie Mollo Olinga (Cameroun, ancien Vice-Président de la FACC)

   liens structures

Harmattan (L')
France | Paris

haut de page



   vos commentaires
vos commentaires sur cette analyse :
   
 
  ajouter un commentaire
   

haut de page

 

 

 

 

?>