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rédacteur
Michel Amarger
publié le
16/10/2012
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Michel Amarger (Africiné)


Moussa Touré, réalisateur

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La Pirogue
Sénégalais au fil des vagues
LM Fiction de Moussa Touré, Sénégal / France, 2012
Sortie France : 17 octobre 2012

Les réalisateurs d'Afrique abordent peu les trajets de l'émigration par des fictions. Pourtant le sujet est sensible et d'actualité puisque les candidats qui embarquent des côtes africaines pour gagner l'Espagne ne cessent d'augmenter. Leur périple est évoqué par le Marocain Mohamed Abderrahmane Tazi dans A la recherche du mari de ma femme, 1992, et récemment mis en scène par l'Algérien Merzak Allouache pour Harragas, 2009. De leur côté, les cinéastes d'Afrique de l'Ouest semblent réservés, préférant tourner des documentaires sur les effets liés à la condition des émigrés. Dans ce contexte, le Sénégalais Moussa Touré se distingue en embarquant les spectateurs dans La Pirogue, 2012. Cette fiction prenante expose le sort des passagers d'une barque, en route vers l'Espagne.



Le récit débute en banlieue de Dakar où le capitaine Baye Laye, rompu à la mer et ses dangers, cède à un homme d'affaires qui le pousse à convoyer 30 clandestins vers les Iles Canaries. Les passagers venus d'autres régions du Sénégal, de Guinée, sont avides de tenter la réussite en Europe. La plupart d'entre eux ne connaît pas la mer et n'a aucune idée de ce qui l'attend. La traversée s'engage comme une épreuve de force, servant de révélateur aux motivations de chacun. Le capitaine Baye Laye affronte les pièges de la mer, l'insécurité mais aussi le manque de nourriture, d'essence, d'eau, tandis que les passagers se divisent. Certains meurent, les rescapés se débarrassent des cadavres en les jetant à la mer, lors d'une traversée à l'issue amère.

La Pirogue est un voyage intense, tragique. Il évoque un drame social, celui de l'émigration sauvage, en le traitant à hauteur d'êtres humains. Moussa Touré valorise la dignité de ses sujets, malmenés par les coups du sort, en renforçant la tension dramatique par des scènes révélatrices qui s'enchaînent sans répit jusqu'au dénouement. Il ne s'agit pas ici de juger ou de mesurer les causes de l'émigration, la violence des sociétés africaines qui poussent à l'exil, ni même de dénoncer l'hostilité des Occidentaux. La Pirogue tente plutôt de saisir la vie d'un groupe rassemblé dans un huis clos, le regardant se dépasser, se déchirer au fil des étapes du voyage.

La construction du film est classique, linéaire, démarquée de la simple évocation d'un phénomène d'actualité. Elle s'appuie sur un roman de Abasse Ndione, Mbëkë mi. A l'assaut des vagues de l'Atlantique, paru chez Gallimard en 2008. Deux Français, Eric Névé et David Bouchet, assurent l'adaptation du scénario centré sur l'espace réduit de la pirogue en mer. La mise en scène de Moussa Touré est vive, enchaînant les scènes sans temps mort, s'écartant parfois de la tension pour caresser des troncs d'arbres, éclairer des séquences perméables aux chants, aux musiques de Prince Ibrahima Ndour. Le rythme soutenu sert à captiver les spectateurs, sans peut-être savoir ménager les moments inertes d'un parcours plombé par les latences, l'ennui du temps subit. Ainsi La Pirogue avance, tendue vers un but ultime : l'évasion.


Extrait Vidéo de LA PIROGUE (wolof, sous-titré français)

La caméra de Moussa Touré répond à son pragmatisme. Ce Sénégalais, formé comme électricien, est remarqué depuis deux fictions axées sur les déplacements : Toubab Bi, 1991, séjour d'un Sénégalais à Paris, et TGV, 1997, trajet d'un car du Sénégal vers la Guinée. Depuis la vulgarisation des caméras numériques, Moussa Touré s'est affranchi des productions lourdes pour filmer des documentaires nomades tels Nous sommes nombreuses, 2003, au Congo Brazzaville, ou Nosaltres, 2006, en Catalogne, sans cesser de questionner les réalités sénégalaises. Il effectue un retour remarqué à la fiction avec La Pirogue, tourné à Djifer, sur la Petite Côte du Sénégal, grâce à une coproduction européenne. Pilotant fermement son embarcation, Moussa Touré tire un bon parti des acteurs sénégalais et lance un cri de douleur sur les dérives des continents. Entre l'Afrique avec ses utopies, et l'Europe avec ses mirages, le destin des Africains semble voguer comme une galère, toujours recommencée.

Vu par Michel AMARGER
(Afrimages / RFI / Médias France)

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