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rédacteur
Général Valsero , Alain-Patrice Nganang, Alain Ngono, Salomon Omaande, Joseph Desiré Som 1
publié le
03/04/2013
Ľ films, artistes, structures ou √©v√©nements li√©s √† cette critique
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Richard Djif, réalisateur porté disparu



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Nous exigeons la libération de Richard Djif, en même temps que celle de la pensée et de la créativité artistique !
Tribune libre par plusieurs artistes, intellectuels camerounais
Africiné a reçu cette CONTRIBUTION signée par plusieurs artistes, intellectuels camerounais, face à la disparition à Yaoundé du réalisateur Richard Djif après la sortie de son film sur les dictateurs africains qui s'éternisent au pouvoir.

Mise √† jour de l'article : moins de deux heures apr√®s avoir re√ßu et aussit√īt publi√© cette CONTRIBUTION, nous avons appris de Cin√©press (Critiques de cin√©ma camerounais, association membre d'Africin√©) que le jeune cin√©aste avait √©t√© retrouv√© t√īt le matin du mercredi 03 avril 2013, dans la broussaille du quartier Mendong dans l'arrondissement de Yaound√© 6, apparemment s√©v√®rement tortur√© et amput√© d'un doigt). - Le Facilitateur, Africin√©


Il y a quelques jours, l'opinion publique camerounaise apprenait avec émoi et désarroi la disparition de Richard Djif, cinéaste et artiste polyvalent, manifestement enlevé dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 mars 2013, à son lieu de résidence au quartier dit Bonamoussadi, à Yaoundé.

A l'origine de cet acte ignoble et l√Ęche, la sortie et la diffusion de son film intitul√© : 139‚Ķ LES DERNIERS PR√ČDATEURS, qui met en sc√®ne les d√©rives d'un pouvoir totalitaire vieux de 139 ans, dans un pays imaginaire nomm√© le Chimpanz. Le jeune r√©alisateur Djif et les principaux acteurs du film recevaient, depuis quelques semaines, des messages de menaces leur intimant l'ordre d'arr√™ter imm√©diatement la diffusion du film.

Cet enlèvement survient dans un contexte de crispation autoritaire du pouvoir camerounais, observable depuis quelques années déjà, par des entraves à la libre diffusion des oeuvres de l'esprit - et tout particulièrement des productions cinématographiques - au moyen de la censure pure et simple et de l'interdiction des séances de projection des films et documentaires qui "dérangent". Ce qui est en effet mis en cause dans ces oeuvres, au-delà de l'alibi autoritariste du "trouble à l'ordre public", c'est leur charge critique (réelle ou supposée) à l'égard du régime Biya, au pouvoir depuis 1982, ou de quelques multinationales installées au Cameroun et qui sont des alliés objectifs du régime.

Quelques exemples :

Avril 2011 : un festival du film sur les droits de l'Homme organisé à Yaoundé et qui avait reçu toutes les autorisations requises est finalement interdit quelques heures avant la cérémonie d'ouverture. Motif invoqué : "Absence du visa de Madame le ministre de la Culture sur l'ensemble des films à projeter".

Toujours en avril 2011, le documentaire La Banane est interdit de diffusion. Réalisé par Franck Bieleu, le documentaire décrit la véritable condition de forçats à laquelle sont réduits les ouvriers camerounais des bananeraies de Penja, appartenant à l'entreprise française PHP, mais aussi la subordination et la complicité passive ou active des autorités politiques et administratives camerounaises à l'égard de la PHP.

La Banane Annonce from Franck on Vimeo.



Ao√Ľt 2011 : Ama Tutu Muna, ministre de la Culture et pr√©sidente de la "Commission nationale de contr√īle des oeuvres cin√©matographiques et des enregistrements sonores", aussi appel√©e (sans honte ni pudeur), "Commission de censure" interdit formellement "l'exploitation ou/et l'importation du film Le Correspondant sur l'ensemble du territoire camerounais". Le film mis en cause est un long m√©trage de fiction r√©alis√© par Henri Fotso. Il met en sc√®ne un jeune journaliste africain envoy√© en mission sur une √ģle pour couvrir des √©lections g√©n√©rales devant aboutir √† la mise sur pied d'un nouveau parlement et √† la d√©signation d'un nouveau Premier ministre. Est-ce le th√®me de "l'alternance politique" qui avait suffi √† effaroucher les membres de la "commission de Censure" ? Toujours est-il que quelques cadres du minist√®re de la Culture souffl√®rent au r√©alisateur qu'il valait mieux introduire une requ√™te aupr√®s de la commission de censure et "attendre que les √©lections [pr√©sidentielles d'octobre 2011] passent"[Note 1]...

Ce mois de mars 2013, c'est un film récent du réalisateur Jean-Pierre Bekolo intitulé Le Président. Comment sait-on qu'il est temps de partir ?" qui est frappé de censure. L'interdiction n'a pas encore été formellement signifiée au réalisateur ; mais l'Institut français de Yaoundé, dans un geste d'une stupéfiante complaisance avec la répression des libertés individuelles et collectives, a déjà annoncé la couleur en refusant de projeter le film au prétexte que le réalisateur n'a pas "obtenu les droits de diffusion au Cameroun". Ce qui veut dire, en plus clair, que le film n'aurait pas reçu le quitus de la "commission de censure".

La dérive autoritaire

Mais loin de se limiter au domaine du cinéma, la persécution de la pensée critique continue de gagner tout l'espace publique, sous diverses formes. Dans le domaine des lettres, le cas de l'écrivain et essayiste ENOH MEYOMESSE est l'exemple le plus éloquent de la dérive autoritaire du pouvoir camerounais pour lequel le droit n'a plus rien à voir avec la justice mais sert surtout à déguiser le délit d'opinion en délit de droit commun et à couvrir l'infamie. ENOH MEYOMESSE a ainsi été arrêté le 22 novembre 2011, puis torturé et emprisonné au prétexte qu'il se serait trouvé à la tête d'un gang de malfrat… La parodie de justice qui s'en est suivie a abouti à la condamnation de l'écrivain à sept ans de prison ferme, malgré les protestations indignées de l'opinion publique nationale et internationale.

Dans les universit√©s, l'on m√®ne une r√©pression brutale contre les rares mouvements √©tudiants qui se veulent autonomes. En ao√Ľt 2012, quatre √©tudiants, membres de l'Association pour la D√©fense des Droits des Etudiants du Cameroun (Addec) ont √©t√© condamn√©s √† un an de prison avec sursis pendant trois ans, pour avoir projet√© d'organiser une manifestation au sein du campus de l'Universit√© de Yaound√© II. Ils r√©clamaient le d√©part du recteur v√©reux qui dirigeait alors cette institution.

Depuis février 2013, ce sont des leaders et membres de la University of Buea Students Union (UBSU) qui ont cette fois été arrêtés, torturés et incarcérés à la prison centrale de la ville, avant d'être traduits devant les tribunaux. Ils sont coupables de s'être opposés au choix des plus surréalistes de la Vice Chancellor de faire élire les représentants des étudiants par un collège d'enseignants. Minang Roger, le président de l'UBSU lui-même, kidnappé le 14 février 2013 et détenu par la suite à la prison centrale de Buea pendant plusieurs semaines, n'a pu recouvrer la liberté qu'après avoir payé une amande de 500 000 Fcfa, comme l'avait ordonné des juges manifestement aux ordres. Quelques-uns des procès contre ces étudiants sont actuellement en cours. Ils comparaitront de nouveau le 4 avril prochain, les plaignants étant la Vice Chancellor et le gouverneur de la région du Sud-Ouest.

L'on pourrait aisément allonger cette triste chronique des entraves aux libertés individuelles et collectives qui n'épargne pas les organisations politiques, comme on l'a vu avec l'incarcération et l'inculpation récente de deux leaders politiques upécistes, à douala, pour avoir voulu tenir une manifestation publique pourtant régulièrement déclarée.

Ce n'est donc pas uniquement la cr√©ativit√© intellectuelle et artistique qui est en p√©ril mais la libert√©, la d√©mocratie et la justice. Et c'est dans ce contexte g√©n√©ral o√Ļ le z√®le autoritaire le dispute au grotesque et √† la bouffonnerie que la censure des oeuvres cin√©matographiques jug√©es politiquement "incorrectes" s'est syst√©matis√©e. C'est dans cette lanc√©e d'excision de la cr√©ativit√© artistique qu'il convient d'inscrire les menaces re√ßues par Richard Djif apr√®s la sortie de son film et le kidnapping qui s'en est suivi.

Une brutalité aveugle et injustifiable.

Richard Djif et certains membres de l'équipe de tournage du film avaient reçu plusieurs messages de menaces entre le 16 et le 23 mars sur leurs téléphones portables. Quelques extraits :

"M. Fofié Djimeli ; vous n'avez plus de temps pour courir. Renoncez à la déstabilisation. Votre film est fait pour ça. Deuil signalé" ; "que vos manipulateurs osent se dévoiler. Votre film est belliqueux, il devient dangereux pour la paix sociale. Gardez le dans vos vidéos clubs….si vous le passez dans les ménages vous payerez cher ou alors vous êtes aussi immortels." ; "Monsieur FOUOFIE DJIMELI et compagnie, votre longévité nous pose aussi un problème. Creusez notre tombe, vous y arriverez avant." ; "M. FOUOFIE DJIMELI, journalistes et politologues n'y pourront rien. Vous serez écrasés. Retirez cette merde de la circulation. Attention ! Attention ! Attention !" ; "M. FOUOFIE DJIMELI, vous n'avez pas plus assez de temps pour courir, renoncez à la déstabilisation. Votre film est fait pour ca. Deuil signalé" ; ou encore "M. FOUOFIE DJIMELI, ton cercueil ne sera pas de trop. Les amis de NJAWE et autres ADDEC feront le déplacement du cimetière. Le film du complot s'arrêtera et notre longévité survivra."

Le 26 mars, soit deux jours apr√®s la disparition du cin√©aste, les acteurs du film recevaient cet autre sms : "Nous d√©tenons les pi√®ces du complot contre la paix √† E12 [le num√©ro de chambre de R. Djif]. L√Ęcher prise ? Bastos ne payera pas. Ni Njawe ni l'ADDEC, ni les √©trangers ne sauveront le Bamil√©k√© Fouofi√© Djimeli, le sale Bangam. Patientons, les vagues vont et reviennent".
Ces messages ne laissent aucun doute sur le fait que c'est la diffusion du film 139… Les derniers prédateurs qui est en cause. Dès lors, on est légitimement fondé à demander des comptes au gouvernement camerounais et à le tenir comptable de l'intégrité physique et de la vie de Richard Djif, introuvable depuis la nuit du 23 au 24 mars dernier.

Le recours au proc√©d√© de l'enl√®vement peut para√ģtre d√©routant, in√©dit et surprenant au premier abord. Il convient cependant de le replacer, lui aussi, dans le registre auquel il appartient - l'action semi-clandestine - et de rappeler que ce type de proc√©d√© n'est, en fait, pas nouveau. En mati√®re de r√©pression politique au Cameroun, l'action clandestine a souvent compl√©t√© la r√©pression officielle, lui donnant un prolongement dans la perp√©tration du crime et la diffusion d'une forme de terreur impossible √† justifier et √† assumer l√©galement.

C'est ici qu'il convient de souligner que le jeune cinéaste Richard Djif est aussi étudiant en Master 2 en "Arts du spectacle" à l'Université de Yaoundé I et proche de l'Addec. Lors de la grève étudiante d'avril-mai 2005 qui avait paralysé plusieurs universités d'Etat du pays, il s'était fait remarquer par une abondante production de poèmes sur les thèmes de la liberté, de la résistance et de l'espérance qui avait frappé l'imaginaire de la communauté étudiante et ajouté à la dimension éthique et esthétique du mouvement.

Or l'on sait que depuis les ann√©es 1990 dites "de braise", l'Universit√© camerounaise n'a cess√© d'√™tre infest√©e de milices √† la solde d'un bon nombre de caciques du r√©gime en place. Le quotidien Le Messager, n¬į1999 du mercredi 02 novembre 2005, avait consacr√© un important dossier √† cette "milicisation" des campus universitaires par des pontes du r√©gime Biya. Le Messager avait notamment publi√© une s√©rie de correspondances de Jean Messi, ancien recteur des Universit√©s de Yaound√© I et de Ngaound√©r√©, adress√©es √† de hauts responsables de l'Etat (au ministre de l'Enseignement sup√©rieur, au ministre de la Culture, au Premier Ministre et au Pr√©sident de la R√©publique, entre autres) et membres du RDPC, le parti au pouvoir. Jean Messi y affirmait avoir "cr√©√© et anim√© des milices [tribales] √† l'Universit√©" entre 1993 et 1998, pour briser la contestation √©tudiante et prot√©ger le r√©gime en place, aid√© en cela par son ancien secr√©taire particulier.

Ces groupuscules clandestins fascisants sont r√©guli√®rement activ√©s, en cas de besoin, pour d√©fendre le "pouvoir ethnique", pr√©tendument menac√©s par des contestataires "venus d'ailleurs". C'est ainsi qu'en avril et mai 2009, l'Addec avait √©t√© inond√©e de lettres d'intimidations et de menaces sign√©es d'un groupe jusque-l√† inconnu : "Action Directe R√©publicaine". Quelques jours plus tard, lors d'une marche silencieuse organis√©e au sein du campus de l'Universit√© de Yaound√© I par le syndicat √©tudiant, les auteurs de ces menaces n'avaient pas h√©sit√© √† appara√ģtre publiquement, un de leurs responsables ayant multipli√© les actes de provocation et abreuv√© les manifestants d'insultes et de menaces de mort, promettant que la prochaine action de cette nature leur serait "fatale". Tout ceci sans √™tre inqui√©t√© par les autorit√©s universitaires.

Le quotidien Mutations, dans sa livraison n¬į 2401 du 12 mai 2009 avait rendu compte de ces faits, en publiant en page 4 une photographie de cet individu dont on apprit plus tard qu'il n'√©tait autre que‚Ķ l'ancien secr√©taire particulier du recteur Jean Messi [Note 2] dont ce dernier, dans ses fameuses lettres d√©j√† √©voqu√©es, loue l'engagement actif dans l'activation r√©guli√®re des milices tribales en milieu universitaire.

Il ne serait donc pas surprenant que la disparition de Richard Djif soit l'oeuvre de groupuscules occultes, agissant dans l'ombre de quelques barons du pouvoir camerounais. Du reste, leur rayon d'action privil√©gi√© a toujours √©t√© la zone de r√©sidence universitaire de Ngoa Ekelle o√Ļ vit Richard Djif.

Nous engageons la responsabilité du gouvernement camerounais

Dans un tel contexte de brimade, o√Ļ les libert√©s fondamentales, la libert√© de penser et celle de cr√©er des artistes sont mises en p√©ril par le recours √† des moyens aussi extr√™mes que l'enl√®vement, et o√Ļ la violence r√©pressive est d√©sormais aussi aveugle que disproportionn√©e, nous, les citoyens camerounais signataires de cette d√©claration, engageons directement la responsabilit√© des autorit√©s camerounaises dans la disparition du cin√©aste Richard Djif.
Il s'agit d'un fait d'une extrême gravité dont l'horreur et l'insoutenable barbarie sont accentuées par le fait qu'il intervient en période d'accalmie; en l'absence de tout mouvement d'humeur, de toute effervescence sociale et de toute volonté de l'artiste d'en fomenter. Si l'intégrité physique et la vie du cinéaste Djif venaient à être mises en péril - ce que nous n'osons encore imaginer -, cet épisode marquerait alors le franchissement d'une nouvelle ligne rouge, la dernière sans doute, dans cette forme de guerre que le régime Biya semble mener contre l'intelligence et les ressources de l'esprit des Camerounais.
Les Camerounais(es) ne l'accepteront pas ! L'humanité dans son ensemble, attachée au respect de la dignité humaine et des libertés fondamentales, à la liberté de penser et de créer ne le tolèrera pas.
Nous exigeons et attendons du gouvernement camerounais qu'il réponde impérativement de la disparition de Richard Djif. Qu'il mette tout en oeuvre pour qu'il soit retrouvé et la lumière faite sur cet acte ignoble. Que les responsables de cet acte qui vise à faire peur aux créateurs d'oeuvres artistiques et à briser toute velléité de production d'un art critique soient arrêtés et sévèrement punis. Que la protection des artistes et des intellectuels soient assurée et leur liberté garantie.
Nous exigeons que la "Commission de censure" des oeuvres cinématographiques et des enregistrements sonores du ministère de la Culture, structure honteuse et scandaleusement rétrograde, soit abolie sans délai, ainsi que le régime d'autorisation préalable auquel les productions cinématographiques sont soumises au Cameroun. Car il s'agit bien là d'un vestige de l'époque des tristement célèbres "ordonnances contre la subversion".
Le Cameroun n'est pas un "hors-monde". Ici comme ailleurs, ce ne sont pas le Droit, la Libert√© et la Justice qui reculeront devant la crapulerie, l'imposture et l'ignominie. Les Camerounais d'aujourd'hui, comme ceux d'hier, savent combien leur histoire se fa√ßonne dans la rencontre, le m√©tissage et l'ouverture. Fiers d'h√©riter et de b√Ętir une nation plurielle et cosmopolite, ils ne c√©deront pas aux abjectes √©ructations des avortons de la haine et aux soutiers du divisionnisme - de quelque bord qu'ils soient.

Nous exigeons la libération de Richard Djif, en même temps que celle de la pensée et de la créativité artistique !

1er avril 2013

Les premiers signataires :
Valsero, Patrice Nganang, Ngono Alain, Som 1 Joseph Desiré, Yves Mintoogue, Bergeline Domou, Okala Ebode, Omaande Solomon, Batogna Gnitchogna, Linjuom Mbowou, Paul Armand Menye, Djontu Mouafo, Bara Mark B, Thierry Batum, Herve Nzouabet, Appolinaire Tchoupou, ACP-DH (Action citoyenne pour la promotion des Droits humains), Hector Kamdem, Ndi Gilbert Shang, Romuald Hervé Momeya, Benang André, Angelbert Nde.

www.facebook.com/EnsembleLiberonsLeCineasteRichardDjiff ; vous pouvez aussi nous suivre sur [twitter] #EnsembleLibéronsLeCinéasteRichardDjiff

[Note 1] Quotidien Le Jour du 3 ao√Ľt 2011.
[Note 2] Voir : Addec, Rapport sur l'état des droits de l'Homme dans les universités Camerounaises, juin 2009, p. 9.

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