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rédacteur
Oumy Régina Sambou
publié le
09/07/2013
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Image et Vie affiche 2013


Apolline Traoré, réalisatrice de Moi Zaphira !


Mariam Ouédraogo (Zaphira)


Scène de Moi Zaphira !


Moi Zaphira !


Moi Zaphira !


Apolline Traoré sur le tournage de Moi Zaphira !


Sur le tournage de Moi Zaphira !


La réalisatrice burkinabèe Apolline Traoré, en interview avec le journaliste suédois Kristofer Lundström (SVT, Télévision Nationale de Suède). Photo: Jonas Rudström

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Moi Zaphira !, d'Apolline Traoré
Encore un film pour dénoncer les tares africaines

Le long métrage d'Apolline Traoré a été projeté le vendredi 14 juin 201, en ouverture de la 13e édition du festival Images et vie. C'est un film mélangeant noir & blanc et couleur. Il est léger, avec une fin sans surprise. Les thèmes abordés sont nombreux. Et la réalisatrice semble faire l'apologie de l'individualisme, avec une héroïne qui s'isole volontairement de sa communauté.

Un mannequin qui détonne

Moi Zaphira ! commence sur un gros plan du visage de l'héroïne (incarnée par Mariam Ouédraogo) qui a les yeux fermés. Elle ouvre ses yeux et nous plonge dans son univers : le village de Kalassa. Zaphira est une veuve, avec une fille, et elle veut rester fidèle à la mémoire de son mari Lokré, infirmier mort dans un accident. Sa belle-famille veut qu'elle se marie avec le petit frère ; ce que ce dernier n'accepte pas. Il va offrir à Zaphira un cadeau emballé dans un papier glacé de magazine.
À la vue des mannequins de mode, Zaphira dit qu'elle veut que sa fille en soit une. Une fille qui, en fait, rêve de devenir infirmière comme son père, pour aider son village. Un rêve que sa mère va briser, malgré toute la ténacité de la petite fille qui va essayer de lutter. L'interprète de Katia, petite fille, est convaincante, à l'instar de la grande Katia incarnée par Salimata Traoré. Elle saura transmettre et faire sentir toute la rancœur qu'elle avait pour sa mère, qui a sacrifié ses rêves, pour une vie qu'au fond elle n'aime pas. La grande Katia semble s'isoler de tous, alors que ses collègues font la fête. Le film se referme sur ses yeux, laissant la mémoire se souvenir.

Le personnage de Zaphira, détonne au milieu des habitants de Kalassa. Comme un mannequin, elle semble être parachutée dans ce milieu qui n'est pas le sien. Aucune évolution dans son jeu, aucune émotion. Dix ans après, ses traits sont restés inchangés, alors que logiquement elle aurait dû subir les dégâts causés par les travaux dans les mines, les dures conditions de travail et de vie dans ce fin fond du Burkina Faso. Mais rien de tout ne cela, contrairement à son ami Suzy, la prostituée de Gouri, le village minier, qui, elle, a su faire évoluer son personnage. En tenue traditionnelle, elle est flétrie, en prenant un léger coup de vieux.

Sus à la pauvreté, à la dépendance et aux traditions éculées

Dix ans après, le temps semble n'avoir aucune prise sur les différents acteurs. Kalifa, le beau frère nous apparait comme au début du film, mais en couleur désormais. Si au début, seuls les magazines de mode avaient de la couleur, il n'en est pas de même à la fin où le village de Kalissa s'est développé grâce à la volonté des femmes. Les femmes sont à l'honneur dans ce film. Elles se battent pour leurs enfants, même si elles s'y prennent mal parfois, et font fi de leurs desiderata. Suzy se prostitue pour son fils, Zaphira remue ciel et terre pour faire de sa fille un mannequin, les autres femmes du village décident de cultiver pour pallier à l'absence de l'aide internationale, au grand dam du chef de village, le "Douguitigui". Ce dernier estime que les Blancs ont assez exploité les Africains, à eux de les nourrir maintenant. Des points de vue qui font rire.
La naïveté des personnages de Moi Zaphira ! étonne et inquiète. Même si la fin est plutôt optimiste, on ne peut s'empêcher, de se poser la question d'Axelle Kabou, "Et si l'Afrique refusait le développement ?" avec ses traditions, et croyances qui parfois inhibent et annihilent l'épanouissement personnel, pour la communauté qui préfère stagner.

Oumy Régina SAMBOU

Article paru dans le Bulletin spécial Festival de cinéma image et vie 2013, issu de l'atelier de formation à la critique, initié par l'Association Sénégalaise de la Critique Cinématographique (ASCC), Dakar.

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14/06/2013 > 18/06/2013
festival |Sénégal |
Festival de cinéma image et vie 2013
13e EDITION Un festival de cinéma de référence au Sénégal. Un cachet populaire avec une orientation jeunes publics. Un programme de cinq jours consacré à la diffusion de films africains et aux rencontres entre professionnels.

   liens structures

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Sénégal | DAKAR

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