actuellement 18200 films recensés, 3176 textes recherche | » english  
films réalisateurs acteurs producteurs distributeurs festivals agenda pays espace personnel  
  critiques»
  dossiers»
  analyses»
  entretiens»
  comptes rendus de festivals»
  reportages»
  documents»
  ateliers»
  Zooms»
  rédacteurs»
  écrans d'afrique»
  Asaru»
  lettre d'info
  inscription»
  desinscription»
  archives »
  liens»
  dépêches »
  nouvelles de
la fédération»
  la fédération»
  contacts»
  partenaires»
  accueil»




 
    
rédacteur
Seltana Hamadouche
publié le
21/07/2013
films, artistes, structures ou événements liés à cette critique
les commentaires liés à cette critique



La réalisatrice, Lorraine Lévy


Orith (Emmanuelle Devos) et son mari Alon (Pascal Elbé), Le fils de l'autre


Le fils de l'autre


Le fils de l'autre


Le fils de l'autre


Leïla (Areen Omari) et son mari Saïd (Khalifa Natour), Le fils de l'autre


Le fils de l'autre


Mehdi Dehbi (Yassin, devant, en noir) et Jules Sitruk (Joseph, en blanc), Le fils de l'autre


Le fils de l'autre


Emmanuelle Devos (Orith), Le fils de l'autre


Tournage du film Le fils de l'autre



retour
 
Le fils de l'autre, de Lorraine Lévy
Devenir Musulman / Juif

Le fils de l'autre est une petite histoire dans une grande, celle du conflit israélo-palestinien.
S'agissant de la petite histoire : alors que Joseph, fils d'un militaire, s'apprête à intégrer l'armée israélienne pour effectuer son service militaire, il découvre qu'il n'est pas le fils biologique de ses parents. Il apprendra, après une enquête menée par sa mère, qu'il a été échangé à la naissance avec Yacine, l'enfant d'une famille palestinienne de Cisjordanie. À l'annonce de la nouvelle, la vie des deux familles, désormais liées, est brutalement bouleversée.



Dans l'ensemble, c'est un film moyen. On ressort avec un sentiment de frustration : nos attentes sont restées insatisfaites. La raison principale de cette frustration tient sans doute au fait que le film aborde diverses thématiques (religieuse, historique, politique, linguistique, communautaire), en les effleurant, sans jamais les analyser en profondeur.

Le film se focalise sur la petite histoire de ces deux familles. Or, la vie, les valeurs, les convictions, les attitudes, le comportement et les réactions des individus sont nécessairement influencés, façonnés, déterminés par leur histoire, ainsi que par le contexte socio-politique qui les entoure.
Par ailleurs, toute œuvre se rattache, d'une certaine façon, au milieu social, culturel et politique qui l'a vu naître. Souvent inspirée par des milieux réels, l'œuvre en donne une certaine image.

En apprenant qu'il est musulman, Joseph ne dit-il pas : "je vais devoir troquer ma kipa contre une ceinture d'explosifs" ? et de confesser à Yacine : "Je suis cet autre que je déteste". Le père de Yacine est encore plus virulent dans son discours. Il lance, en direction du père de Joseph : "vous êtes l'Occupant…".

Après avoir fait connaissance, Yacine apprendra à Joseph que son père est ingénieur. Malgré cela, s'il exerce le métier de mécanicien, c'est parce qu'il n'a pas le droit de travailler hors de son village, car il est Palestinien.
En outre, citons un événement révélé par la réalisatrice : pendant le casting des femmes, une bombe a explosé à Jérusalem, à l'arrêt d'un bus. Tous les check-points ont fermé et beaucoup d'actrices arabes n'ont pas pu venir. Celles qui sont venues passer le casting ont dû contourner les check-points à pieds. Areen Omari a marché 4 heures et demi et ne savait même pas comment rentrer chez elle, à Ramallah. Comment peut-on, dès lors, ignorer cette réalité ? Comment peut-on, dès lors, occulter le vécu et le quotidien des personnages ?

D'autre part et malheureusement, les quelques phrases incisives sont toujours suivies par des propos orientant la discussion vers des sujets plus légers tels que le cinéma (Joseph : "je ne sais plus qui je suis, juif ? musulman ? et toi Yacine qui aimerais-tu être" ? Yassine : "James Bond")

C'est ainsi que l'impression que certains sujets "tabous", que nous aimerions tant que les médias en général et le cinéma en particulier abordent, semblent encore plus opaques, insaisissables, avec ce film. Étant donné que celui-ci, sans doute dans un souci d'impartialité, tentera par divers procédés, dont l'humour, les raccourcis voire les clichés, d'éluder le conflit israélo-palestinien. De ce fait, le spectateur, s'attendant à être éclairé sur cette question, on ressort forcément déçu.

Nous considérons que l'originalité et la force de ce film auraient pu tenir dans cette dualité culturelle, religieuse, historique, politique, linguistique, communautaire des deux personnages, en laissant, à titre d'exemple, planer l'ambiguïté sur les deux personnages principaux. En s'exprimant sur l'actualité du pays, l'un et l'autre le font-ils en tant que nouveau / ancien juif ? nouveau / ancien musulman ? D'autant plus que cela aurait évidemment préservé l'impartialité des propos de chacun.

En somme, le film aurait gagné à être plus incisif, moins axé sur les bons sentiments qui l'éloignent de la réalité vécue par les personnages. Par ailleurs, nous déplorons que ce conflit, cette grande histoire qui fait toute la différence avec d'autres histoires similaires - d'échanges d'enfants à la naissance - n'ait pas été exploitée afin de donner cette grande force qui le distinguerait. Cela en aurait fait un film engagé.
Pour finir, saluons la performance des acteurs, notamment celles d'Emmanuelle Devos, Jules Sitruk et Mehdi Dehbi, ainsi que la mise en scène.

Seltana Hamadouche

haut de page


   liens films

Fils de l'autre (Le) 2012
Lorraine Lévy


   liens artistes

Dehbi Mehdi


Devos Emmanuelle


Dhafer Youssef


Elbé Pascal


Lévy Lorraine


Natour Khalifa


Omari Areen


Sitruk Jules


   liens structures

Cinéart-Cinélibre
Belgique | Bruxelles

Haut et court
France | Paris

haut de page



   vos commentaires
vos commentaires sur cette critique :
   
 
  ajouter un commentaire
   

haut de page

 

 

 

 

?>