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rédacteur
Baba Diop
publié le
14/08/2013
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Baba Diop (Africiné)


Wasis Diop, réalisateur


Les Figues de barbarie, 2013


Scène du film


Scène du film


Le Plasticien Issa Samb (Joe Ouakam) dans Les Figues de barbarie, 2013


Oumar Ndao, dramaturge et Directeur de la culture et du Tourisme de la ville de Dakar, dans Les Figues de barbarie, 2013


Jérôme André, Gérant de campement, dans Les Figues de barbarie, 2013


Scène du film


Scène du film


Scène du film









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Les Figues de barbarie, de Wasis Diop
Derrière le voile des apparences, se cache une vérité supérieure

Par une approche à petits pas, le musicien compositeur Wasis Diop glisse son pied dans l'étrier du réalisateur. Les figues de barbarie, documentaire de 21 minutes est le second film qu'il réalise dans le genre documentaire. Le premier, Joe Ouakam (2010), réalisé en 2010, était consacré à Issa Samb communément appelé Joe Ouakam, écrivain et artiste plasticien inclassable.

Wasis Diop est plus un artiste de la sensation que de la signification, non pas que l'esthétique qu'il met en place ne fait pas sens, mais il a à cœur d'inscrire sa démarche dans un "mouvement spirituel qui précède toute lecture iconographique" dont parle le philosophe Henri Maldiney. Wasis Diop a le souci de faire plaisir à l'œil; de le contenter. La poésie des images qu'il donne aussi bien à entendre qu'à voir n'est pas un "art d'embaumeur et de décorateur", au sens de Henri Maldiney. Il sait que la magie poétique souligne la puissance de révélation. Il joue avec les transparences et les stries d'ombre que dessine le soleil à travers les parapets d'un pont.

Chez Wasis Diop, il existe une fusion entre l'Homme et la nature. Si l'Homme rompt cette harmonie, la colère de Dieu s'abat sur lui. Cette ligne de pensée traverse Les figues de barbarie de Wasis Diop, un documentaire de vingt et une minutes, dont l'action se déroule sur La langue de barbarie, bande de sable qui sépare l'océan Atlantique et le fleuve Sénégal, sur les berges de Saint louis.
Le film aurait pu, à loisir, porter le titre "La brèche ou La colère des Dieux" que personne ne trouverait à redire, parce que entremêlant le réel et l'irréel ; juxtaposant documentaire et légende. L'essentiel est souvent caché et il faut être plus qu'attentif aux images pour mettre au jour dans ce documentaire la légende qui s'y cache avec, dans le rôle de Zeus, gardien du Temps, Joe Ouakam au milieu de l'Olympe qu'est sa cour.
Dans le rôle du philosophe Diogène, Oumar Ndao, dramaturge, traçant le cercle de notre identité africaine brisée par la linéarité coloniale. Les humains que sont Jérôme André et Ibnou Sow, dans une logique rationnelle, expliquent comment, en 2002, le gouvernement sénégalais est arrivé à ouvrir cette brèche qui permit à l'île de Saint-Louis d'échapper au sort de l'ile Atlantide dont parle Platon dans "Timée" et qui fut engloutie par la mer. À ces explications rationnelles, Wasis accorde peu de place avec une volonté manifeste de se soustraire de l'empire des évidences rationnelles et d'en déchirer le voile.

Le film débute sous forme de conte des temps immémoriaux que tracent les images sur une tonalité de : " Il était une fois", sur un paisible pays bordé par la mer et le fleuve où il faisait bon vivre pour les enfants qui pour se distraire jouaient au foot et faisaient voguer leurs barquettes au fil de l'eau. Mais, un jour, leurs parents éventrèrent ce bout de territoire ce qui ne plut pas à Dieu qui, chevauchant les vagues de l'océan se mit à détruire la ville mythique ; à déraciner les arbres et à rendre troubles les eaux. La libation de pneus sensée calmer son courroux n'y fera rien.

Le film de Wasis est un film novateur qui se sert de l'écriteau du film muet modernisé, pour dérouler le commentaire et du coup s'éloigner de la voix off d'un narrateur. Il y a un rejet de la parole, pour éviter tout enfermement du sujet sur lui-même. Parce que Wasis Diop lui-même est musicien et compositeur de musiques de film, il inverse la donne qui veut que de l'image nait la musique, en lieu et place il fait naitre la musicalité de l'image avant le mouvement que capture la caméra. L'œil devient ici plus musicien qu'appareil enregistreur d'images.
La création cinématographique de Wasis Diop est toute entière à l'image de la musique, art qui ouvre l'âme humaine vers l'infini. Le sentiment de peur et d'étrangeté trouvent sa source dans la bande son dont les bruitages semblables aux cris d'un mammifère préhistorique glacent le spectateur.

Ce travail sur l'image et le son s'accompagne d'une réflexion sur le cinéma parce qu'il y a un travail de conquête de la pensée sur l'impensé avec un ancrage dans le mystère. Wasis cherche à atteindre derrière le voile des apparences, une vérité supérieure. Il y aurait chez lui plusieurs mondes : celui du visible et celui de l'invisible qui ne forment qu'un seul monde et dans lequel, le réel et l'imaginaire composent une seule et même réalité. Si le "but de tout art est de donner un éclairage, pour soi -même et pour les autres, sur le sens de l'existence, d'expliquer aux hommes la raison de leur présence sur cette planète, ou, sinon d'expliquer, du moins d'en poser la question" (selon Henri Maldiney), le film de Wasis Les figues de barbarie réalisé en 2013 est à inscrire dans cette vision de l'art.

Baba Diop

Article paru dans Sud Quotidien du 02 Août 2013.

Ce film a été projeté en marge de la 21ème édition du Festival international de Jazz de Saint-Louis 2013, en Première Mondiale.

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   liens films

Figues de barbarie (Les) 2013
Wasis Diop


   liens artistes

Diop Wasis


Lablanchy Aleth


Ndao Oumar


Samb Issa (Joe Ouakam)


   évènements

15/05/2013 > 19/05/2013
festival |Sénégal |
Festival international de Jazz de Saint-Louis 2013
21ème édition du Festival international de Jazz dans la capitale du Nord. Ray Lema, Baba Maal ou Youssef Oussef, vont dominer l'édition de cette année marquée par le retour de l'entrée payante.

   liens structures

Association Sénégalaise de la Critique Cinématographique (ASCC)
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Sud Quotidien
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