actuellement 18081 films recensés, 3124 textes recherche | » english  
films réalisateurs acteurs producteurs distributeurs festivals agenda pays espace personnel  
  critiques»
  dossiers»
  analyses»
  entretiens»
  comptes rendus de festivals»
  reportages»
  documents»
  ateliers»
  Zooms»
  rédacteurs»
  écrans d'afrique»
  Asaru»
  lettre d'info
  inscription»
  desinscription»
  archives »
  liens»
  dépêches »
  nouvelles de
la fédération»
  la fédération»
  contacts»
  partenaires»
  accueil»




 
    
rédacteur
Baba Diop
publié le
24/06/2014
films, artistes, structures ou événements liés à cette critique
les commentaires liés à cette critique
retour
 
Sotto voce, de Kamal Kamal
Un couple à trois
Festival du cinéma africain de Khouribga 2014

Le film Sotto Voce de Kamal Kamal est arrivé au festival du cinéma africain de Khouribga (Maroc) auréolé déjà de plusieurs prix dont trois au festival national du film à Tanger : le grand prix, le prix de la musique et celui du son. Dans ce film, la musique enveloppe le récit dans un lyrisme qui lui donne force. Au nombre des comédiens figure Rokhaya Niang personnage principal de Madame Brouette de Moussa Sene Absa.

Sotto Voce - Kamal KAMAL from Africiné www.africine.org on Vimeo.



Le titre donne déjà le ton du film. Sotto voce ou "sous voix" ou encore "voix sourde" est un terme d'interprétation indiquant qu'il faut jouer de manière à peine audible. Et pour rendre davantage perceptible la tonalité et le sens du film, Kamal Kamal fait appel au "Je crois entendre encore/ Caché sous les palmiers/ Sa voix tendre et sonore/ Comme un chant de ramier!/..." de Georges Bizet dans la pièce "Les pêcheurs de perles", un opéra en trois actes dont le livret a été écrit en 1863 par Eugène Cormon et Michel Carré.
Kamal Kamal affiche d'emblée son amour pour la musique qu'il pratique depuis l'âge de huit ans et particulièrement son goût prononcé pour la musique classique.

Le livret et la composition musicale de l'opéra incrustés dans Sotto Voce ont été écrits par le réalisateur. L'opéra ici joue le double rôle de musique comme élément dramatique donc réel personnage et comme musique de film pour le spectateur qui ne s'inscrit pas dans ce registre musical. La musique fait ici corps avec le récit.

Le film s'ouvre sur une jeune femme transportant au dos son violoncelle. Au détour d'une rue, elle se fait agresser, violenter. Que nous importe le visage de ses agresseurs puisque la victime porte aussi bien du dedans que du dehors les stigmates de cette lâche agression perpétrée dans l'obscurité d'une rue et que prolonge son instrument fracassé. Moussa, Marocain, et ancien ami des révolutionnaires algériens, sorti récemment de prison, entreprend de restaurer ce violoncelle corps de femme. Tout en raccommodant l'objet brisé, Il lui raconte sa propre histoire de vie faite de violence à travers forêts et montagnes enneigées avec un groupe de sourds muets et d'amnésiques condamnés par contumace qui fuient vers la ligne Maurice, une ceinture de barbelés, le long de la frontière algéro-marocaine longue de sept cents kilomètres et truffée de mines dont ils gardent l'espoir de franchir et de se retrouver en zone libre.

Le film est le récit d'un couple à trois : Moussala violoncelliste - le violoncelle qui tous trois, doivent se reconstruire avec la certitude que "la vie dure plus longtemps que la mort", et que tout corps meurtri peut avec de la patience, de l'écoute atténuer la souffrance et se reconstruire. Entre voix intérieure, vocalise, dialogue et opéra, Kamal Kamal tisse son récit qu'il place dans une sorte de dualité tension/ relâche ; grisaille et éclat de couleurs; espoir et désespoir. Un film dans lequel la mise en scène se déplace de la scène d'opéra à celle de la vie. Le réalisateur jette un pont entre le violoncelle déstructuré et le corps de la femme lacéré.

La musique aide à recoller les morceaux, telle est la conviction du réalisateur Kamel kamel qui joue avec Sotto Voce le rôle du cinéaste thérapeute dans un film cousu de fil d'or et de fil de barbelé.

Baba DIOP

Article précédemment paru sur Sud Quotidien (Dakar), le 19 juin 2014. Avec l'aimable accord de l'auteur.

haut de page


   liens films

Sotto voce - الصوت الخفي 2013
Kamal Kamal


   liens artistes

Ayouch Amal


Bastaoui Mohamed


Benaïssa Ahmed


Benaïssa Khaled


Kamal Jihane


Kamal Kamal


Khouyi Mohamed


Niang Rokhaya


   vnements

14/06/2014 > 21/06/2014
festival |Maroc |
Festival du cinéma Africain de Khouribga (FCAK) 2014
17ème édition

   liens structures

Association Sénégalaise de la Critique Cinématographique (ASCC)
Sénégal | DAKAR

Fondation du festival du cinéma africain de Khouribga
Maroc | KHOURIBGA

JFK Productions
Maroc

haut de page



   vos commentaires
vos commentaires sur cette critique :
   
 
  ajouter un commentaire
   

haut de page

 

 

 

 

?>