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rédacteur
Michel Amarger
publié le
16/07/2014
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Michel Amarger (Africiné)


Thomas Ngijol, réalisateur et acteur principal de Fastlife



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Fastlife
Un Noir grisé par les lumières blanches
LM Fiction de Thomas Ngijol, France, 2014
Sortie France : 16 juillet 2014

L'impact des humoristes de couleur allume le show business français. Dans la foulée de Omar, détaché de son compère Fred pour amorcer une carrière de vedette aux Etats-Unis, Thomas Ngijol se démarque de son complice Fabrice Eboué avec qui il a signé Case départ, 2011, et interprété Le Crocodile du Bostwanga de Eboué et Lionel Steketee, 2014, pour réaliser en solo, Fastlife, 2014. "C'est une expression abstraite, un mode de vie qui consiste à vivre toujours plus vite, à briller", explique Ngijol qui a conquis le grand public en participant au Jamel Comedy Club, en 2006, en décoinçant les invités du Grand Journal de Canal+, avant d'assurer son one man show, Thomas Ngijol à block !, 2008, et des seconds rôles dans des films français comme La chance de ma vie de Nicolas Cuche, 2011. Une ascension rapide qui le conduit à écrire Fastlife.
Franklin est un Français, originaire du Cameroun, devenu par un concours de circonstances, champion de course à pied. Étirant les bénéfices de son heure de gloire, il court les plateaux télé et vend son image à des sponsors. Mais quelques années après son exploit, la côte de Franklin vole bas et son moral est en péril. À force de vouloir briller à tout prix, il lasse sa compagne qui assure le quotidien, exaspère son agent qui n'arrive plus à le placer sinon pour un éleveur de poulets qui exploite et enfonce son image. Comme Franklin va devenir père, que sa femme apprend qu'il aurait mis une voisine mineure enceinte, son couple explose. Alors Franklin décide de se rapatrier dans son pays natal. Les réalités du Cameroun lui remettent les pieds sur terre et la visite de sa compagne lui donne envie de reprendre une course en orientant autrement la flamme sportive.

Fastlife from Africiné www.africine.org on Vimeo.



Cette comédie douce-amère sur les mirages de ceux qui brillent est centrée sur le héros qui oscille entre frime et vulnérabilité. "Franklin croit qu'il se suffit à lui même. En réalité, il a besoin d'être couvé. C'est un type qui a un bon fond mais se trompe de direction. Pour lui, être à la bonne soirée, avec la tenue adaptée, c'est primordial", commente Ngijol. "Cet état d'esprit, quand on a 20 ou 25 ans, ça va. À 30, ça commence à être chaud." Et sur la trame d'une rédemption en demi-teinte, le réalisateur cultive le style d'humour efficace qui l'a aidé à s'imposer. "Comme Franklin, j'étais parfois mégalo", reconnaît-il. "Mais la mégalomanie complique les rapports. On finit par se sentir seul."
Pour mieux évacuer les bases d'autobiographie qui ont pu motiver le scénario, Thomas Ngijol s'entoure d'acteurs énergiques. Karole Rocher est la compagne qui confronte Franklin à sa réalité, Julien Boisselier joue son agent bienveillant et rusé, Yazid Ait Hamoudi, metteur en scène des spectacles de Ngijol, incarne son ami fidèle comme dans la vie, et Fabrice Eboué jette un bref regard en guest impromptu. Le concours de Olivier Marchal en sponsor grossier et décalé, pimente le casting, comme la présence du rappeur Kaaris. "Un miroir violent pour mon personnage qui va réaliser que même un type du show-biz peut être construit dans la vraie vie", ajoute le cinéaste qui a choisi les musiques de rap et de soul qui font balancer l'action.

Le désir de spectacle et de réalisme a poussé Ngijol à se projeter dans le Stade de France pour y tourner l'une des courses pendant un meeting réunissant 40 000 spectateurs. Mais Fastlife est aussi un retour sur les racines du réalisateur, grandi entre Maisons-Alfort et le Val-de-Marne, qui a découvert le Cameroun à 5 ans et y passe ses vacances. "Je connais suffisamment le pays pour ne pas le fantasmer", souligne Ngijol qui y conduit son héros pour une respiration salutaire auprès des siens. "La famille reste le socle. En y allant, Franklin saisit l'occasion de se recentrer. C'est surtout pour lui une piqure de rappel sur ce qui fonde les vraies valeurs", estime le cinéaste qui a entrainé son équipe filmer sur place, en recrutant des acteurs camerounais qui fréquentent des ateliers de théâtre et tournent dans les séries.
Fastlife propose donc de se ressourcer pour se dégriser en échappant aux feux éblouissants des spots, sans perdre de vue l'ambition d'amuser le public par des pirouettes et l'autodérision de la Black Attitude. Aidé par une production française confortable, Thomas Ngijol emploie des plans simples qui valorisent les jeux d'acteurs. Il suggère d'assumer ses responsabilités sans renier l'attrait du show-biz. "Le film ne se termine pas sur un happy end, mais ce n'est pas pour autant un film noir", glisse le réalisateur avec malice. "C'est une fin cynique mais positive. Avec ses défauts, ses qualités, Fastlife me ressemble." Aveu confirmant que Thomas Ngijol est bien dans la course.

Vu par Michel AMARGER
(Afrimages / RFI / Médias France),
pour Africiné

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