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rédacteur
Bassirou Niang
publié le
17/12/2016
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Bassirou Niang (Africiné Magazine)


Africiné Magazine, the World Leader (African & Diaspora Films)

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Clash, de Mohamed Diab
Le tremblement du sens


On ne devinera certainement jamais le sentiment voilé caché par le réalisateur derrière la caméra plantée dans le fourgon de police. Mais on peut se soulager à l'idée que vient de naître dans le cinéma maghrébin un nouveau regard - fou ou timidement serein ? - dont l'allongement du temps de l'applaudimètre se justifie à la lumière de cette consécration obtenue par Clash, une fiction de 97 minutes réalisé en 2016, aux JCC 2016 à travers le Tanit d'argent dans la compétition longs-métrages et le Prix "Néjiba Hamrouni" de la critique africaine 2016. Signalons aussi qu'il a été choisi pour représenter l'Égypte à l'Oscar du Meilleur film en langue étrangère (finalement pas retenu pour la 2ème phase).






Pour un critique qui a assez de nez, il commencerait certainement son texte par des pointillés, locomotive tirant derrière elle d'innombrables points d'interrogation, suivis de ceux d'exclamation. Paradoxe cinématographique ? Scénario néantisé ?
Clash ratatine l'histoire née douloureusement des sillons d'une révolte et contre-révolte fendant le temps des causes antagonistes d'une Egypte ; une histoire qui virevolte avec une camera - sorte de personnage principal - dans un fourgon de police cristallisant toute la démarche esthétique d'un réalisateur.
Une démarche qui semble, à bien des égards, prendre les formes d'une filouterie, raillant les classiques options de plans habituellement faites dans le cinéma maghrébin et africain. Le fourgon nous raconte ; il est le livre d'histoire qui se laisse lire en images ; le lieu d'entassement de tout ce qui bruisse dans le cœur exsangue de l'Egypte.

Les classes sociales, les peurs, les haines, les espoirs, les révoltes, l'amour ont comme besace ce lieu mouvant dans l'immobilité garant de l'ordre ; et pourtant lieu de violence froide, d'évasion, d'âmes piétinées. Les zooms et gros plans sur les visages dénotent de l'intensité des sentiments pas naturellement conciliables qui se heurtent à travers des discours des prisonniers d'un lieu commun arrêté dans le temps. La parole se relaie tout en prenant des directions différentes. En un moment donné, tout est prisonnier de ce fourgon sauf les mots qui en traversent les grilles à l'aide d'un téléphone portable servant de canal de diffusion à chacun de ses angoisses à ses proches.
Tout n'est que tension vers la frayeur dans un climat de révolte que fixe dangereusement la caméra. Le bruit même n'autorisa l'entrée d'une musique dans les scènes, si ce n'est que cette dernière est devinée à travers le chant d'amour d'un des compagnons d'infortune intrigué par le rapprochement sentimental d'un couple. Chant d'amour interrompu par le bruit du moteur, symbole d'un espoir déçu.
Mais ce qui est fort frappant dans Clash, c'est le retentissant jeu d'acteurs. Des acteurs comme cloonés à leurs personnages respectifs, oublieux même de leur vie, de leur réalité de scène pour se croire dans l'accomplissement concret d'un acte citoyen ou dans la défense d'une idéologie. Comme si le réalisateur lui-même avait triché avec la réalité pour intercaler un reportage journalistique entre les images d'une fiction.

Au fond, à user de loupe critique, la frontière entre la réalité et la fiction semble être un mince et invisible fil tendu entre ces dernières. Et le brouillage apparaît mieux dans cette prouesse esthétique de la caméra, ‘'cause immobile qui fait mouvoir toutes choses'', et qui est à la fois entonnoir et cheminée, représentant d'un réalisateur narquois, brouilleur d'illusions référentielles, créateurs de faux métaphores du déplacement, empêcheur d'accéder à la compréhension. Bref, c'est le tremblement du sens qui a comme corps une caméra dont les membres ressemblent à ces grilles de ce fourgon, à ses rideaux de tristesse, aux visages éprouvés, aux prières dites en silence, aux regards vagues. Les destinées semblent se lire dans les ténèbres et l'incertitude demeure la grande équation finale.
La caméra fait l'Eloge de la Folie* dans ce film. Tout ressemble à une dépossession du monde, à un décalage de la lucidité dans un mouvement d'hystérie collective où la déraison constitue la ligne directive du récit. Ce film, à n'en point douter, est l'exutoire d'une douleur sociétale enfermée dans l'incertitude du lendemain d'un pays foncièrement divisé. Mais de quel côté se trouve le regard de Mohamed Diab qui nous nargue ? Ce cœur est-il passionné ou simplement fou ?

Bassirou NIANG

* Eloge de la Folie, ouvrage d'Erasme de Rotterdam, surnommé Prince des humanistes (XVIe siècle)

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