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rédacteur
Michel Amarger
publié le
07/06/2017
films, artistes, structures ou événements liés à cette critique
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Michel Amarger (magazine Africiné)


Sherif El Bendary, réalisateur égyptien


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film Le terroriste de Nader Galal, 1994


Le Paradis des anges déchus, 1997






Africiné Magazine, the World Leader (Africa & Diaspora Films)

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Ali, la chèvre et Ibrahim
Se libérer de la frénésie du Caire
LM Fiction de Sherif El Bendary, Egypte / France, 2016
Sortie France : 7 juin 2017


La capitale égyptienne exacerbe les pulsions, et le cinéma absorbe l'écho de ses changements sociaux. Le Nouveau réalisme des années 80, insiste sur l'oppression et la misère qui pèsent sur la population, poussant à la révolte. Puis pendant que l'intégrisme monte en inspirant des fictions commerciales (Le terroriste de Nader Galal, 1994), la production se standardise mais l'imaginaire et la fantaisie percent (Le Paradis des anges déchus de Ossama Fawzi, 1997). La révolution de 2011 ouvre de nouvelles perspectives, vite refermées.
Le Caire est une ville de plus en plus tendue, où l'espace entre la radicalisation religieuse et l'armée laisse peu de place à l'expression des rêves. Sherif El Bendary, qui y est né en 1978, est sensible à cette atmosphère. Il a appris à filmer à l'Académie des Arts et du Cinéma dont il est diplômé à 30 ans, et où il enseigne tout en réalisant quatre courtes fictions et deux documentaires, remarqués en festivals. Après avoir signé un chapitre du film collectif 18 days, 2011, juste après la révolution, son premier long-métrage, Ali, la chèvre et Ibrahim, 2016, signale son implication au Caire mais aussi le rejet de sa tension qu'il met en scène.






L'action est d'abord concentrée dans un quartier populaire où vivent deux hommes. Ali, entraînant et rêveur, est amoureux fou de Nada, une chèvre, qui suscite la rage de sa mère et l'ironie de ses amis. Ils secourent une prostituée en mauvaise posture avec des loubards du coin. Elle fait craquer l'ami d'Ali qui veut la marier tandis que les malfrats les cherchent. Ibrahim, le voisin, est un musicien inspiré qui souffre d'acouphènes. Cette affection qui a poussé sa mère au suicide et son grand-père à se rendre sourd, le marginalise du milieu de la musique. Ibrahim consulte un guérisseur qui lui prescrit de jeter trois pierres dans les eaux pour conjurer le sort. Ali, poussé par sa mère chez le même praticien à cause de la chèvre, reçoit la même ordonnance.
Ali et Ibrahim se rapprochent et entreprennent un voyage vers Alexandrie puis le Sinaï, pour trouver trois eaux différentes où jeter les pierres. L'échappée est l'occasion de voir du pays, se découvrir, s'accepter. Ali essaie de calmer les angoisses d'Ibrahim et ce dernier consent à reconnaître Nada, la chèvre, comme une âme sensible. Chacun apprend à l'autre son histoire intime, le vrai père d'Ibrahim comme l'amour d'Ali pour Nada. Après quelques péripéties, ils regagnent le Caire pour enterrer le passé d'Ibrahim, tandis que les malfrats encerclent Ali et Nada. L'intervention sonore d'Ibrahim transforme leurs destins.

"Les personnages de mon film sont assez hors norme et décalés pour exprimer l'irréalité et l'absurdité de la vie qu'ils mènent", déclare Sherif El Bendary. "Ce sont des personnages solitaires qui sont le produit de la folie de cette ville. Ils sont en train de suffoquer à cause d'elle." Le voyage vers Alexandrie, le Sinaï, prend des allures de fuite burlesque, vraie révélation des traumatismes des héros. "Je vois Ali, la chèvre et Ibrahim comme un film qui devrait refléter le cœur battant du Caire. Je vois même ce film comme le début d'un moment qui reflète honnêtement la ville, mais également toute sa complexité", ajoute le réalisateur.
Le récit prend sens en s'ouvrant aux accidents extérieurs, qui rapprochent Ibrahim, Ali et Nada. "C'est en premier lieu, la découverte de soi, une sorte de guérison partagée en plus de la vraie liberté, et de la possibilité de rencontrer des gens, de se connaître vraiment et d'échapper à la réalité", commente Sherif El Bendary, orientant son histoire vers le conte initiatique. "C'est également un film sur la découverte de soi. Et le rejet de la société qui pousse les personnages à entreprendre ce voyage." Les sursauts émotionnels des héros ressemblent alors à l'affirmation de la profondeur des marginaux.

La caméra mobile est au service d'un jeu d'acteurs vigoureux. Aly Sobhy, rompu au théâtre de rue, joue l'amoureux de Nada. Ahmed Magdy incarne le ténébreux Ibrahim, perturbé par sa perception des bruits. En compagnie de plusieurs chèvres, utiles pour figurer Nada, ils rebondissent sur le jeu expressif des autres comédiens. En cultivant un style burlesque, rehaussé par des scènes d'émotion palpable, Shérif El Bendary use d'une liberté de ton qui profite à ses orientations fantasques.
Son vagabondage est favorisé par une coproduction avec la France, soulignant les fractures et frustrations qui minent les Egyptiens. Accordant une grande place aux bruits, ceux qui perturbent Ibrahim comme les musiques, la rumeur des quartiers populaires, le désert, Ali, la chèvre et Ibrahim souffle des élans rafraîchissants dans la production actuelle. "Le son du Caire emplit le film exactement comme je l'entends et comme je le ressens", revendique Sherif El Bendary. Sa fiction participe à une nouvelle forme de révolution du cinéma égyptien, sans réalisme strict, mais avec fantaisie et jubilation certaine.

Vu par Michel AMARGER
(Afrimages / Médias France)
pour Africiné Magazine

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