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rédacteur
Michel Amarger
publié le
19/09/2017
» films, artistes, structures ou événements liés à cette critique
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Michel Amarger (Africiné Magazine)


Mourad Boucif, réalisateur belgo-marocain






Magaly Solier (Khadija)


Miloud Nasiri (Sulayman, le mari de Khadija)


Scène du film


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Les Hommes d'argile
La terre marocaine en empreinte
LM Fiction de Mourad Boucif, Belgique / Maroc / France, 2015
Sortie France : 20 septembre 2017


L'apport des soldats d'Afrique, recrutés dans les colonies françaises pour prendre part aux combats de la Seconde Guerre mondiale, reste encore peu traité au cinéma, y compris par des réalisateurs aux origines africaines. Rachid Bouchareb évoque la débâcle de 1943, dans Indigènes, 2006, après Ousmane Sembène et Thierno Faty Sow qui dénoncent la condition des tirailleurs sénégalais en 1944, dans Camp de Thiaroye, 1988, mais les fictions sont rares. La dernière vient de Belgique en évoquant la transformation de Marocains en combattants, sacrifiés sur le front français de 1940. Né en Algérie (de parents marocains) et élevé en Belgique (où il arrive à l'âge de cinq ans), Mourad Boucif signe Les Hommes d'argile, 2015, pour marquer leur participation. Il a déjà abordé la question de l'engagement de 330 000 soldats marocains, dès 1939, dans un documentaire, La Couleur du Sacrifice, 2006, après une fiction sur les traditions maghrébines en Belgique, vécues par la seconde génération de l'immigration, Au delà de Gibraltar, 2003, coréalisée avec Taylan Barman. Cette fois, il écrit le scénario avec Luc Jabon, explorant la condition d'âmes immergées dans la guerre pour Les Hommes d'argile.







Le jeune Sulayman, berger dans les falaises marocaines, travaille volontiers l'argile en écoutant la nature. Le vieil ermite qui l'a éduqué, observe ses gestes en silence. Lorsque Sulayman s'éprend de Khadija, la fille du chef local, il suscite l'hostilité de ses proches. Leur union, arrachée à la différence de rang, est interrompue par la guerre. Les occupants français qui recrutent de force des combattants dans leurs colonies, enrôlent Sulayman et ses camarades. Propulsé sur le front du nord-est, en mai 1940, Sulayman traverse des forêts sombres et assure des assauts meurtriers. Le commandant Blanchard emploie froidement les recrues marocaines pour freiner les Allemands, mieux armés. Le lieutenant Laurent, en charge de la section, est plus sensible au sort de ses hommes. Ils gagnent un peu de terrain, subissent de lourdes pertes. Les Marocains du front sont décimés, les esprits s'égarent, les corps s'enlisent. La mort est au travail. Le lieutenant Laurent devient le dernier lien avec Khadija, restée dans les terres du Maroc.

En rappelant des faits historiques, liés à l'accord entre Belges, Français et Anglais, pour stopper l'offensive allemande, en mai 1940, Les Hommes d'argile souligne aussi l'arrachement des tirailleurs à leur milieu. Devenus matière à combats pour l'armée française, ils sont plongés dans la dévastation. "Plus de 940 000 hommes ont contribué admirablement à la libération du monde, du joug et de la barbarie nazie durant la Seconde Guerre mondiale", rappelle Mourad Boucif, soucieux de réévaluer leur action à travers les trajectoires des soldats marocains. En accompagnant son héros, Sulayman, il valorise le rapport à la nature et aux éléments que le Marocain entretient constamment. Et l'esprit du berger, ouvert aux vents, à la lumière, aux animaux, comme à la terre qu'il pétrit, s'oppose à l'environnement hostile où les militaires occidentaux cultivent la violence et la férocité. Entouré de ses camarades qui s'égarent, se figent dans la peur, la boue, ou le plaisir de la destruction, Sulayman résiste au chaos sans pouvoir s'y opposer.

Mourad Boucif valorise la force de la spiritualité en dénonçant la barbarie des hommes, la domination coloniale, l'absurdité de la guerre où des soldats ennemis peuvent baisser les armes en se rapprochant. Il reconstitue, en les épurant parfois, des combats rudes où sont impliqués de force, des hommes d'autres cultures. "Ce film est une fable métaphysique sur la condition humaine, dont le personnage principal décrypte et suit les signes de la nature", souligne le réalisateur. À ses côtés, le lieutenant qui dirige la section, " découvre progressivement un autre monde, un univers secret et mystérieux qui le fascine et l'envoûte à jamais… " Les deux hommes sont alors connectés à Khadija, l'épouse restée au Maroc, et au vieil ermite, protecteur du foyer de Sulayman. Un quatuor de personnages, interprétés par des acteurs d'horizons différents, unis par le montage volontaire de Mourad Boucif.

Le cinéaste porte un soin particulier à l'image, assurée par le chef opérateur Michel Baudour. Chaude et vive au Maroc, la lumière devient froide, monochrome, au diapason des combats. La musique aux mélodies universalistes qui brasse sans complexe Nabucco, l'opéra de Giuseppe Verdi, aux rythmes orientaux, donne de l'amplitude au film. Car Mourad Boucif recherche un certain lyrisme comme pour élever son propos. Il coordonne une production laborieuse entre la Belgique, le Maroc et la France, tournée par étapes, pour composer une fiction ambitieuse. Portée à bouts de bras par son auteur qui cultive le désir de mémoire et de conscience, Les Hommes d'argile est parfois inspiré, parfois emphatique ou figé dans l'imagerie de la guerre. Mais il vise à dépasser la violence pour écouter l'humanité du monde. Méditation sur l'homme issu de la terre, déraciné mais debout jusqu'au bout, la fable de Mourad Boucif nous invite comme il le déclare justement, " à voyager à travers nos profondeurs sacrées… "

Vu par Michel AMARGER
(Afrimages / Médias France)
pour Africiné Magazine

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Hommes d'argile (Les) 2015
Mourad Boucif


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