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rédacteur
Falila Gbadamassi
publié le
17/05/2018
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Falila Gbadamassi est rédactrice à Africiné Magazine


Etienne Kallos, réalisateur sud-africain




L'équipe du film, Cannes 2018


Standing ovation pour Die Stropers, Cannes 2018


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film


L'équipe du film, sur la croisette


Accolade au réalisateur


Première du film


Standing ovation pour Die Stropers, Cannes 2018




Africiné Magazine, the World Leader (Africa & Diaspora Films)

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Etienne Kallos : Die Stropers est "un film sur le sentiment d'appartenance"
Le cinéaste sud-africain Etienne Kallos revient sur les enjeux de son premier long métrage, Die Stropers (Les Moissonneurs) présenté à Un Certain Regard. Le film raconte l'histoire d'une famille afrikaner qui adopte un adolescent à problèmes dans l'optique de préserver le précieux héritage familial. Entretien.


Africiné Magazine : Votre film nous emmène au cœur d'une famille qui semble prête à tout pour préserver sa terre. Maria, la mère, a mis toute une stratégie en place dans cette optique. Peut-on dire que c'est une fiction qui parle de survie ?
Etienne Kallos : C'est plutôt un film sur le sentiment d'appartenance. La question de la survie renvoie, d'un côté, à Janno (jusque-là, l'unique héritier mâle de la famille) qui ne veut pas survivre dans un monde où il n'y a pas d'amour. Et de l'autre à Pieter (nouveau venu) qui, lui, veut survivre à tout prix. C'est là que se fait le débat autour de la survie. Et à ce niveau, survie et sentiment appartenance renvoient alors à la même notion.






Votre film donne l'impression que la terre est tout ce qu'il reste aux Afrikaners et ils ne sont même pas certains de la garder…
Encore aujourd'hui. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa veut faire une réforme agraire pour rendre les terres dont les Noirs ont été dépossédées par les colons blancs dans le cadre l'Apartheid et cela sans aucune forme de compensation. C'est du moins l'idée. Dans cette nouvelle ère, la problématique de l'appartenance est plus que jamais d'actualité. Les Afrikaners, du fait de leurs origines européennes, de l'Apartheid, appartiennent-ils à cette terre alors qu'ils y vivent depuis trois siècles ? Peut-être que oui, peut-être que non ! Le film ne fournit aucune réponse. Il présente un point de vue et ses limites. Les spectateurs restent dans l'ambiguïté, parce je souhaite qu'ils explorent ces problématiques et arrivent à leurs propres conclusions.

Maria vit dans un monde d'hommes qui détiennent en apparence le pouvoir alors qu'il est plutôt entre ses mains à elle. Ces terres qu'elle veut léguer à ses fils lui ont été transmises par son père. Pourquoi cette figure féminine était nécessaire à votre récit ?
Je suis grec. Les Grecs et leurs mères ont une relation spéciale et intense (rire). Je trouve intéressant de montrer une femme qui perpétue la structure patriarcale auquel le système a donné le pouvoir. Pour sa part, elle ne le donne pas à son mari, encore moins à ses garçons. Son personnage est intéressant parce qu'il est tiraillé entre le monde auquel elle croit et la façon dont elle pense agir et aller de l'avant. Maria est une femme puissante qui veut maintenir une culture patriarcale. Ce qui est en soit un oxymore.

Les héros de Die Stropers sont afrikaners et vivent dans une région particulière en Afrique du Sud, le Free State (Etat libre, l'une des neuf provinces du pays). C'est le bastion de la communauté blanche en Afrique du Sud. Que peut-on en dire aujourd'hui ?
Le Free State a une histoire sanglante parce que la région a connu de nombreuses guerres et est le lieu de beaucoup de souffrance, aussi bien pour les autochtones à qui les colons européens ont arraché leurs terres que pour les Européens qui s'y sont battus entre eux. C'est une région constituée de grandes fermes et de nombreuses églises. A ce titre, elle incarne l'identité afrikaner. Mais le Free State est en train de changer. C'est pour cela qu'il y a cette scène en boîte de nuit où on voit des Chinois (Janno et Pieter font une petite virée nocturne, NDLR). J'avais remarqué ces petits "chinatowns" dans chacune des fermes que je voyais dans la région. Les Chinois s'installent et prennent leurs marques. Nous avons également filmé dans le KwazuluNatal, la province voisine qui a pris part au financement du film. J'ai voulu faire un film qui traite d'un site, pas seulement de son paysage, mais de sa culture, des rites et traditions qui en émanent et qui résultent de son Histoire.

Pieter discute avec les Noirs, danse avec les Chinois et cela pose problème à sa nouvelle famille. Ne pas se mélanger, rester entre soi, c'est le leitmotiv de cette communauté afrikaner...
La peur est palpable. Les maisons dans cette région de l'Afrique du Sud sont magnifiques mais il y a des barres aux fenêtres, comme pour tenir le monde extérieur à distance. Cette peur est parfois justifiée parce qu'il y a des meurtres de fermiers blancs. Mais ce sentiment doit être dissipé afin que la nouvelle Afrique du Sud prenne forme avec cette jeune génération née après l'Apartheid. Cette dernière va créer quelque chose qu'aucun de nous ne peut encore imaginer et c'est très excitant.

La lumière sur ces plantations qui s'étendent à perte de vue est magnifique. Comment vous est venue l'idée de cette superbe scène où Maria est baignée de soleil dans les champs alors qu'elle prie pour ses fils ?
Je ne savais pas si cette scène allait fonctionner. L'idée me semblait un peu folle. Je l'ai écrite et quand Juliana (Venter) l'a tournée, elle était si sincère que j'y ai crue. Mais c'est en voyant la scène que j'ai compris combien elle était réussie. Juliana (Venter) a été formidable. Le directeur photo, Michal Englert, avec lequel j'ai travaillé, est celui qui a contribué à donner une nouvelle dimension à ces terres.

Falila Gbadamassi

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