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rédacteur
Michel Amarger
publié le
09/11/2019
films, artistes, structures ou événements liés à cette critique
les commentaires liés à cette critique

Hinde Boujemaa, réalisatrice et scénariste tunisienne.


Michel Amarger est rédacteur à Africiné Magazine




Scène du film, avec Hind Sabry


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Rencontre avec Hinde Boujemaa, réalisatrice tunisienne de Noura rêve
sortie en France le 13 novembre 2019


Après des diffusions remarquées dans les festivals internationaux, Noura rêve de Hinde Boujemaa remporte le Tanit d'or et le Prix de la meilleure interprétation féminine aux Journées Cinématographiques de Carthage 2019. Un triomphe pour une fiction qui bouscule les préjugés en exposant la question de l'adultère en Tunisie.
Noura (Hend Sabri, star du Monde arabe) travaille dans la blanchisserie d'un hôpital à Tunis, en s'occupant de ses trois enfants. Son mari, Jamel (Lotfi Abdelli), est en prison. Mais Noura qui cultive une relation amoureuse avec Lassad (Hakim Boumsaoudi), est en instance de divorce. Lorsque Jamel sort de prison inopinément, la révélation de l'adultère plombe les relations.
En filmant les émotions et les engagements de Noura, Hinde Boujemaa signe une fiction intimiste. Révélée par son documentaire sur la Révolution, C'était mieux demain, 2012, la réalisatrice belgo-tunisienne mène sa carrière au diapason de sa double nationalité. Elle nous révèle les enjeux de Noura rêve.






Vivre ses aspirations





- Où trouve-t-on le meilleur climat pour faire du cinéma : en Belgique ou en Tunisie ?
Je pense qu'il y a un terrain différent. Aujourd'hui, la Tunisie est un vivier pour le cinéma parce qu'après tant d'années où l'on s'est tu, la liberté d'expression a permis du vrai changement dans les propos des films post révolutionnaires. Comme elle existe maintenant, on peut raconter ces histoires qui ont été cachées à l'Europe. D'ailleurs, elle est restée à fantasmer les pays du Maghreb par rapport à ce qu'on lui offrait il y a 20 ans. Maintenant avec tous ces films, on redécouvre le fonctionnement d'une société qui finalement n'était pas comme ce qu'on croyait. Pour la Belgique, là on n'est pas en opposition politique avec un régime oppressif et c'est une chance. Donc ce qui fait du cinéma, ce sont des histoires humaines, c'est l'être humain. Il est intéressant partout.

- Le film s'appelle Noura rêve en français, quel est son titre originel ?
C'est la même chose en arabe. Ça part d'une envie toute bête comme on dit, qui est celle d'avoir une vie pépère. En fait Noura ne l'a pas cette vie que tout le monde a, et dont tout le monde est las. Elle la veut, la désire parce qu'elle ne l'a pas. Sa vie est trop intense et trop difficile donc elle aspire à une vie normale.

- Comment résumez-vous le film ?
C'est l'histoire d'une femme qui ne pouvait plus vivre dans son malheur et qui a choisi le bonheur à n'importe quel prix.

- A partir de là, comment avez-vous développé votre sujet ?
Mon documentaire C'était mieux demain m'a aidée parce que j'ai fait beaucoup de terrain au moment de la Révolution. Et puis il y a ma curiosité naturelle. Je pense que chacun est attiré par des choses qui le bouleversent profondément et moi, je suis assez bouleversée parfois, par les personnes qui acceptent de vivre la violence, le négatif. Je ne sais pas au nom de quoi, c'est une grande question pour moi. Au nom de quoi reste-t-on dans une vie si elle est négative ? On peut nous dire, il y a les enfants, ou les sempiternelles excuses qu'on nous sort, mais on voit bien que les gens qui ont décidé d'aller vers le bonheur n'ont pas détruit forcément les enfants lors d'un divorce... La grande question c'est : qu'est-ce qui fait qu'on reste dans des vies qui ne nous plaisent pas ?

- Votre héroïne, Noura, est-elle amoureuse ?
Oui. Mais en tous cas, elle ne l'est plus de son mari, c'est certain. Son amant lui offre quelque chose de frais, de la visibilité parce que c'est une femme qui a trois enfants. Il est amoureux d'elle. On peut se dire que si elle est divorcée, personne ne va l'épouser... Mais cette vision qu'on peut avoir sur les hommes est fausse. Les hommes aiment aussi et quand ils aiment, ils sont prêts à tout, ou à beaucoup en tous cas. Il lui donne ce regard qu'il pose sur elle, ce regard tendre, amoureux. Elle est belle, c'est une mère de famille. Elle s'en délecte. Alors est-ce qu'elle aime l'amour ou est-ce qu'elle aime l'homme ? C'est une question.

- Mais son mari semble aussi avoir sur Noura, un regard attentif…
Absolument, il l'aime avec toute la manière tordue dont on peut aimer. Il l'aime parce que même sa manière pulsionnelle de se venger de son rival, qu'on ne dévoilera pas ici, raconte que quelque part, il la protège. Il la possède aussi, parce que c'est sa chose. C'est aussi ce qui se passe dans les couples, à un moment donné : ce n'est plus de l'amour mais il y a quelque chose de l'ordre du "tu m'appartiens". Reste-t-on même si on n'aime pas parce que ce sentiment d'appartenance est très fort ? Est-ce que l'amour est supérieur à ce sentiment d'appartenance ? Alors cela veut-il dire accepter que l'ego soit un peu blessé ? C'est toute la complexité du rapport amoureux. Lui, il a les deux, il a un ego qui est très blessé. Peut-être qu'il reste avec elle justement parce qu'elle a mis en péril ce qu'il était en tant qu'homme et que finalement elle en devient plus attirante... Ça peut être assez complexe.

- Pourquoi le mari de Noura est-il en prison ?
C'est un petit voleur à la tire, qui commet des larcins et qui n'a fait que ça toute sa vie. Il a passé sa vie à aller en prison et à en sortir. Ce type de personnes que j'ai pu rencontrer dans la vie, ont un mécanisme de dépendance par rapport à la prison. Ils développent un mécanisme où la prison devient la maison. Quand il étouffe en prison, il a besoin de ressortir mais quand il étouffe chez lui à la maison, et qu'il ne supporte pas cette responsabilité familiale, il fait presque des actes manqués et va presque se faire prendre pour retourner en prison et avoir la paix. Il y a ça dans ce personnage.




Se focaliser sur des personnes





- Vos personnages semblent souvent très enfermés dans le cadre…
Oui, je me concentre. J'avais l'impression que si je sortais de mon image, de leurs vies, j'allais faire du tourisme. Et je n'avais pas envie de faire ça en dehors de ce qui se passait dans leurs vies.

- C'est pour ça que vous vous recentrez sur le trio de personnages principaux ?
Oui, pour établir cette complexité et d'essayer d'établir leurs liens. Il fallait se concentre sinon on prenait le risque de diluer l'intensité de leurs sentiments en allant filmer autre chose, en allant faire du tourisme par rapport à mon histoire.

- Du coup, le décor de la banlieue tunisienne de Djebel Jelloud où se situe le film, est presque secondaire…
Absolument parce que je pense qu'elle est dans l'inconscient collectif. A force d'avoir toutes ces images dans les télés, les journaux, les gens connaissent et ont une vision spatio-temporelle des endroits. Donc ce n'était pas nécessaire pour moi, d'aller appuyer et de leur dire : regardez, ça se passe là. On sait où ça se passe et je l'ai beaucoup travaillé au niveau du son off. J'ai créé tout l'univers sonore de la rue et de l'extérieur.

- Vous l'avez recréé ?
Oui, complètement recréé et fabriqué dans tous les décors. Dans la buanderie, on a recréé tous les bruits des machines, quand ils sont dans la maison, il y a des vies, des maçons qui travaillent et on les entend.

- Donc le son suggèrerait le social, l'environnement social ?
Exactement. L'objectif c'était de ne pas le montrer mais de l'entendre parce que c'est comme ça que eux sont intégrés dans l'histoire. C'était vraiment un gros travail de son.

- Aviez-vous des dialogues très précis ou vos comédiens ont-ils pu apporter des choses personnelles ?
Les dialogues étaient travaillés de manière très précise. C'est nécessaire pour moi en tant que réalisatrice, pour connaître mes personnages. J'ai besoin d'aller jusqu'au bout de ce qu'ils peuvent dire ou penser. Par contre, quand on arrive sur le tournage, je suis presque prête à jeter mon scénario et recommencer à zéro. J'ai besoin d'aller jusqu'au bout des choses dans l'écriture, ensuite non parce que quand on travaille avec des gens, on travaille avec des dons et il faut savoir les prendre, les intégrer aux personnages, à l'histoire qu'on fabrique. Donc forcément ils ont apporté des dialogues. Tout n'était pas écrit à la lettre, tel quel. Pour la scène de la dispute, par exemple, ils sont partis tous seuls en vrille, et puis il y a beaucoup de leurs réactions dans le film. Nous travaillons la scène en se disant : d'où il vient, voilà ce qui se passe, ce qu'il ressent, ce qu'il est. On papote sur tout sauf de la scène mais sur ce que sont intrinsèquement ces personnages. Comme mes acteurs sont de grands professionnels, ils arrivent à la scène, chargés de l'histoire des personnages. Donc là, ils donnent.




Orchestrer les comédiens





- Avez-vous pensé à vos acteurs principaux avant d'écrire l'histoire, ou après ?
Après. Moi, je ne peux pas écrire une histoire pour un acteur. Elle me paraitrait tellement faussée qu'à ce moment là, je pourrais plutôt choisir de faire un biopic sur l'acteur et c'est tout. J'ai besoin d'aller dans mes personnages et de les inventer de fond en comble, de les créer dans tout ce qu'ils sont. J'ai besoin de ramener l'acteur vers cet imaginaire ou cette personne que j'ai créée.

- Comment avez-vous travaillé avec les enfants qui sont très présents dans le film ?
Au début, les enfants étaient un peu intimidés par Hend Sabri. Il faut dire que je n'ai pas beaucoup répété avec tous mes comédiens. J'ai eu une semaine mais on a beaucoup parlé des personnages. On les a créés mais on ne répétait pas les scènes. Les enfants ne connaissaient pas toutes les scènes. A part Hend Sabri, l'actrice principale, qui avait le scénario, personne ne l'avait. Chacun avait juste son propre rôle. C'était un choix de ma part : que chacun ignore ce qui se passe en face pour garder un coté pulsionnel et sincère, où ils peuvent se surprendre aussi. Les enfants, je crois qu'il a fallu l'intelligence de Hend Sabri et de Lotfi Abdelli, ma manière de gérer ça et de le rendre presque comme un jeu... Et puis on a dansé ensemble. On s'est rendus compte qu'on était tous des êtres humains et à partir de là, quand ils ont compris qu'il ne fallait pas être paralysés par une star, ils ont été eux-mêmes. Ils ont été d'une grande intelligence. Ils comprenaient quand je disais au garçon : ta mère te demande d'aider ta sœur à ranger même si toi, tu en as marre. Je leur demandais d'être ce qu'ils étaient, surtout de ne pas jouer… Ils ont été comme ils sont dans la vie et d'ailleurs, il y en a deux qui sont vraiment frère et sœur. Ils m'ont beaucoup aidée parce que leurs disputes à la maison, sont comme ça. Leur dispute n‘était pas prévue dans le scénario et c'est au moment du casting que je me suis dit : il y a quelque chose à aller chercher entre ces deux là. Ils se disputent comme des frères et sœur et on peut avoir quelque chose de vrai. C'est comme ça que j'ai ajoutée cette scène avant le tournage.

- Pourquoi avoir choisi Hend Sabri pour jouer Noura ?
Je pense que c'est une des plus grandes actrices au monde. Elle a un don, elle est douée. Et puis parce que à l'intérieur, on a dû ressentir toutes les deux la même chose. Elle a 40 ans et à partir de là, il y a quelque chose qui switche dans nos vies de mamans. Elle à tout de suite compris cette révolte intérieure que moi j'avais, car après 40 ans, on est à ranger au placard et on ne peut rien vivre d'autre que faire la maman. Je crois qu'elle était en plein questionnement sur sa vie et c'est ça qui l'a attirée. Et son questionnement m'a attirée. Je ressentais qu'elle se posait les bonnes questions, les mêmes que moi. Donc ce n'était pas parce que c'est Hend Sabri que je l'ai choisie. D'ailleurs au début, j'ai vraiment pensé à un casting sauvage pour que l'actrice principale reste très crue, très vraie. Mais là, ça s'est fait parce que Hend Sabri possédait en elle, ce que moi je voyais chez Noura.

- Mais n'apporte-t-elle pas aussi quelque chose qui est de l'ordre de son bagage de star égyptienne, et de sa présence dans l'éclosion du cinéma tunisien des années 90 ?
Oui mais ce n'est pas ce que j'ai regardé. C'est son chemin personnel, elle l'apporte à tout le monde, pas qu'à moi. Chaque fois, sa valise grandit et elle va amener au réalisateur suivant ce qu'elle est, ce qu'elle a créé, ce qu'elle s'est créé. Elle va apporter ce qu'elle a créé avec moi entre autres. Moi, je ne regarde pas ça chez les acteurs et d'ailleurs, j'ai mélangé des enfants qui n'étaient pas des acteurs avec des stars... A partir du moment où l'on a le même langage humain entre nous, on peut s'aider et coopérer pour obtenir des choses sincères. C'est la personne de Hend Sabri dont j'avais besoin, pas du tout de son image.

- Est-ce pour cela que vous ne la maquillez pas, que vous la mettez en jeans ?
Oui parce qu‘elle devait quand même être crédible dans le milieu dont je parle. C'était important et elle l'a accepté. Parois Hend Sabri ne trouvait pas Noura jolie mais au fond, je crois qu'après, elle a commencé à aimer Noura et à la trouver jolie, en l'intégrant sans artifices.

- Cette femme que vous dépeignez, Noura, est-ce une femme exemplaire pour les Tunisiennes qui verraient le film et qui auraient envie de pouvoir s'émanciper un peu plus ?
Personne n'est un exemple, personne n'a de leçons à donner. Par contre, sa vie peut être un sujet de réflexion et de remise en question pour chacune des femmes, et des hommes. C'est ça qui est aussi ma raison de faire du cinéma : voici un objet, regardons le, qu'est-ce qu'il provoque chez nous et en quoi peut il faire bouger des choses, ou pas.




Réaliser pour faire évoluer les consciences





- Cherchez-vous à faire réfléchir ou à émouvoir en réalisant ?
Je ne cherche pas à émouvoir, je n'écris pas en me disant : maintenant je vais les faire pleurer ou les faire rire. C'est tellement naturel parce que c'est l'être humain et qu'on est tous comme ça. On possède tout à l'intérieur de nous. Je cherche vraiment à raconter une histoire, fondamentalement raconter des histoires humaines. C'est tout.

- Le film aborde cette loi sur l'adultère en Tunisie, qui condamne le conjoint infidèle à la prison et à l'amende. Est-ce quelque chose qui a été au centre de votre préoccupation ou bien est-ce venu après ?
C'est venu après. Ça apporte une tension au film parce que le réel enjeu du film, c'est l'amour. L'amour d'une femme envers un homme, l'amour d'un mari envers sa femme, l'amour d'un homme envers une femme mariée. Evidemment, quand on a une loi comme aux Etats-Unis avec quand même 12 Etats où l'adultère relève encore du pénal... Pensez que cela n'a été dépénalisé en France qu'en 1975, en Espagne il y a 40 ans... C'est encore pris en charge dans le divorce aujourd'hui en France, arbitrairement. Si le juge décide que c'est une faute, ça en sera une parce que ça demeure une faute civile. En prenant l'exemple de cette loi tunisienne, je me suis rendue compte que sur la planète, il y avait encore des tas de pays où c'était encore soit pénal, soit civil, ou que dans l'inconscient collectif, il y avait une faute. Je pense qu'on ne peut pas être puni de quelque chose de si personnel. C'est la liberté personnelle, on n'est pas en train de tuer, de voler ou de nuire à son prochain. C'est privé, on n'a pas à aller en prison pour quelque chose de très privé. C'est une ineptie.

- Pensez-vous que ça peut évoluer ?
Si on pouvait faire évoluer les choses à coups de films, ou par un seul film, je dirais : bravo parce que c'est super... Mais je pense par contre, que là où ça peut changer, c'est regarder l'histoire autrement, et regarder l'adultère, l'amour autrement. Quand on imagine l'adultère, c'est tellement horripilant, vexant. C'est un problème d'ego, un problème qui fait mal. On jette l'opprobre sur ça. On ne peut qu'être intolérant et dire non parce que c'est tellement violent, parce que ça fait tellement mal à celui qui est trahi qu'on peut avoir un rejet absolu et dire : tu n'as qu'à aller en prison. Par contre, lorsqu'on regarde un film, qu'on regarde l'histoire affichée, du coup, on concrétise la situation, on la voit directement. Et là, on se dit : oui mais là elle a ressenti ça, là il y a eu ça... Ça peut faire réfléchir sur ce côté rigide qu'on peut avoir contre l'adultère.

- Parce que la situation est incarnée dans un film ?
Oui, il y a identification de la personne qui regarde le film. Ce n'est pas l'adultère à quoi on s'identifie, c'est à l'humain. Ce sont des êtres humains qui parlent comme moi et qui ont des pulsions que je connais, même si ce n'est pas de la même manière, et donc je peux m'identifier. J'ai été très juste avec mes personnages, équitable dans le traitement parce que je ne voulais pas qu'on en condamne l'un plus que l'autre. C'était tout l'enjeu de l'écriture.

- Pourtant Noura n'est-elle pas celle qui va le plus jusqu'au bout ?
C'est son histoire, c'est sa passion. C'est parce que c'est elle qui donne un coup de pied à sa vie.

- Pourquoi les hommes ne suivent-ils pas ?
Peut-être par manque de courage, par culpabilité, ou parce qu'ils ne sont pas habitués à être seuls. Ils n'aiment pas être seuls.

- Qui vous a aidée à produire le film ?
Mon producteur est Imed Marzouk qui représente la société Propaganda en Tunisie. Il a été fantastique parce que l‘écriture, c'est une période très difficile. Bizarrement, pour obtenir des aides à l'écriture, on nous demande d'avoir déjà un scénario. Or pour en avoir un, il faut déjà avoir travaillé des mois et des mois. C'est un creux viscéral chez nous dans la réalisation, ce moment où on doit commencer à écrire et à faire les dossiers pour pouvoir développer ce scénario. Il n'y a pas d'argent. Donc lui, il a cru au projet et il m'a soutenue financièrement pendant toute cette période alors que peu de producteurs le font. Il s'est battu pour ce film et c'est lui qui a fait tout le travail de recherche des coproducteurs français et belges qui sont arrivés dans l'aventure et ont été fantastiques. Tout le monde était très impliqué. On a vraiment une belle équipe pour Noura rêve.

- Faut-il un gros budget pour faire un film comme ça ?
C'est de l'ordre du budget classique d'un film tunisien. Pour nous en Tunisie, pays de l'Afrique, c'est énorme vu les levées de fonds, et encore en Tunisie, nous avons la chance d'avoir une aide étatique du Ministre de la Culture. C'est une aide de base qui nous permet d'aller chercher d'autres fonds dédiés à notre région parce qu'on fonctionne avec les fonds africains et méditerranéens. La Tunisie fait partie de ces pays avec le Maroc où il y a encore plus d'agent que chez nous, et l'Algérie où il y a de l'argent pour certaines fictions. Les films du Maghreb coutent un peu plus chers par rapport à l'Afrique sub-saharienne parce que les Etats donnent. C'est un point de départ et l'argent apporte l'argent. Mais si on se positionne par rapport au cinéma international, nous n'avons rien, nous n'avons pas assez pour faire des films. Et pourtant l'Afrique et le Monde arabe ont des histoires à raconter...

- Et vous aussi ?
Oui, bien sûr, beaucoup d'autres. L'humanité est un vivier d'histoires !

Vu par Michel AMARGER
(Afrimages / Médias France)
pour Africiné Magazine

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