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rédacteur
Yohanès Akoli
publié le
09/03/2007
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"Une stratégie bien élaborée"
entretien de Yohanès Akoli avec François Belorgey
à Ouidah, janvier 2007
Le ministère français des Affaires étrangères est un maillon important du soutien aux cinémas du Sud. Rencontre avec François Belorgey, chef du Bureau de la Coopération cinématographique.

Yohanès Akoli : Que fait concrètement le ministère français des Affaires étrangères pour soutenir les cinémas du Sud ?
François Belorgey : Nous avons une politique et une stratégie bien élaborée qui s'appuie essentiellement sur le "Fond Images Afrique". Il s'agit d'un fond d'appui aux productions cinématographiques avec une commission se réunissant trois fois par an. Cette commission est composée de professionnels africains et français qui étudient les projets, les scénarios, les montages de production pour aider les projets retenus. Nous avons aussi un plan de formation pour les jeunes dans les instituts de formation en Afrique pour la formation initiale. Des plans de formation professionnels permettent de se perfectionner, toujours en appui sur les structures de formation africaines. Nos domaines d'intervention sont dont la formation, l'aide à la production et la distribution, ainsi qu'aux festivals en Afrique qui valorisent la cinématographie africaine comme Quintessence à Ouidah ou le Fespaco à Ouagadougo…
Faut-il passer par votre ministère pour accéder aux formations ?
Il suffit de s'adresser directement aux instituts de formation pour des études audiovisuelles. Certains instituts de formations relèvent du ministère de l'Enseignement supérieur de différents pays et les jeunes peuvent s'inscrire pour suivre des cours sur deux années. L'ISIS de Ouagadougou est un institut supérieur habilité à délivrer un BTS en audiovisuel à des étudiants de la sous-région. Mais la vraie formation au départ n'est-elle pas de s'initier avec les petites caméras qui ne sont pas trop chères et à commencer par faire de petits films de proximité, de petits films de fiction ? Et puis, petit à petit, se professionnaliser ? Si on veut réellement se consacrer à ce métier, il faut rentrer dans un institut supérieur. Bref, c'est en forgeant qu'on devient forgeron.
Quelles sont les conditions à remplir pour bénéficier des "mannes" du ministère français des Affaires étrangères ?
D'abord avoir un scénario bien écrit, ensuite avoir une structure de production africaine. Le réalisateur doit être accompagné par une structure de production, et monter un projet avec un plan de financement. Un plan de financement, cela implique de savoir comment équilibrer toutes les dépenses liées à la réalisation du film. C'est le travail du producteur. Ce plan de financement implique de demander des sommes précises au ministère des Affaires étrangères, à la Francophonie, au ministère de la Culture. En général, un bon producteur sait où trouver le financement : auprès des institutions internationales, des opérateurs de téléphonie ou autres opérateurs économiques locaux.
Certains répètent volontiers qu'il y a plus de public pour regarder les images africaines. Quel est votre avis ?
Je pense que vous vous trompez. J'ai constaté sur place au Burkina, au Mali et partout qu'il y a un public pour ce type d'images. Les Africains veulent voir leurs images comme les Européens veulent aussi voir les images qui correspondent à leur culture. On voit au Burkina les salles de cinéma projeter avec un grand succès de petites séries de fictions tournées en vidéo, pour le plus grand bonheur des exploitants de salle de cinéma qui en redemandent ! Regardez le succès de Nollywood, les productions d'origine nigériane dans les salles de quartier, ça marche. Il y a un public pour les films africains.
Pourquoi soulève-t-on alors ce problème de désaffection du public par rapport aux films projetés dans les salles en Afrique ?
C'est un phénomène mondial. On est confronté aux mêmes problèmes en France. La place prise par le cinéma américain est plus importante que le cinéma français. Je pense que ça relève des politiques nationales. A un moment donné, il faut imposer des quotas de programmation dans les salles de cinéma. Il est vrai que c'est le cinéma américain qui rentabilise une salle, mais je reste convaincu qu'une salle de cinéma en Afrique peut être viable avec les films africains. Il faudrait que les cinéastes africains abordent des thématiques qui concernent directement le public africain.
Très souvent, on insiste sur le manque de culture cinématographique en Afrique…
C'est une question importante. Il y a déjà des initiatives dans certains pays d'Afrique pour instaurer dans le système scolaire des cours d'éducation à l'image. Je sais qu'en Mauritanie, au Sénégal, il y a des cours dans les écoles, où on fait des projections de cinéma, ce qu'on appelle des ciné-clubs en milieu scolaire. Cela peut susciter des vocations et aider les jeunes à aimer le cinéma et à vouloir en faire un jour.
Votre position sur l'état actuel du cinéma africain ?
C'est une question compliquée, parce que tout le monde considère que le cinéma africain va mal. Il va mal parce que les coûts de production cinématographiques sont élevés. Il va mal parce que l'exploitation et la distribution du cinéma en Afrique sont dans un état catastrophique. Les salles de cinéma ferment parce qu'il y a moins en moins de films africains que le public veut voir. L'arrivée de productions numériques tournées en vidéo ou en caméra digitale à faible coût sont une opportunité pour les jeunes de se positionner pour pouvoir réaliser leur œuvre artistique. Car la culture ce n'est pas forcément du business. Elle a besoin de l'appui de toutes les volontés politiques, privées, institutionnelles, parce qu'elle est la vraie richesse qui fait la force d'une nation.

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