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rédacteur
Nadège Siélinou
publié le
20/09/2006
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Cameroun colonial
Chocolat, de Claire Denis
Claire Denis revient dans l'Afrique en miniature sur les traces de son enfance.

Le film s'ouvre sur les berges de Limbe. Le plan d'ensemble nous laisse entrevoir une baie ceinturée de hauts palmiers verts avec à leurs pieds, une grande étendue de sable blanc.
C'est l'endroit idéal pour se recréer, c'est un endroit qui donne à rêver. Au loin, on aperçoit un homme noir et son fils profitant des bienfaits de la mer. À côté de ceux-ci, il y a une jeune femme blanche dont le plan serré laisse paraître un air plutôt nostalgique. Elle rêvasse puis s'en va. Elle sera bientôt rattrapée par le véhicule transportant ses compagnons de la mer. Le père lui propose gentiment de la transporter à Limbe ville puis après, à Douala. C'est lors du dernier trajet que la jeune femme va se laisser entraîner par ses souvenirs à travers lesquels son vécu familial et celui de ses parents seront racontés.

Habituellement, on se préoccupe des séquelles de la colonisation sur la culture en Afrique. Claire Denis nous prouve que la colonisation a aussi créé une race intermédiaire : des Noirs à la peau blanche ou plutôt des " Camerounais Toubabs Français". C'est cette mixture qui donne : Chocolat. Chocolat est l'histoire de France qui, lorsqu'elle n'était pas avec ses parents qui lui enseignaient une culture blanche, passait son temps avec les domestiques Camerounais qui à leur tour lui enseignaient une culture camerounaise.

Ce film pose la problématique de ces enfants d'anciens colons qui, malgré eux et leurs parents, se retrouvaient partagés entre deux cultures au point de préférer parfois la culture d'emprunt à la leur. Trop souvent, d'autres fruits de ce mélange ne sont pas revenus sur leurs pas. On a alors eu une culture occidentale à l'africaine qui est née.

Chocolat pose aussi la problématique de l'égalité entre les races. C'est ainsi que nous pouvons observer à travers le personnage de Protais, de l'autorité, de la détermination de la colère et même de l'amour ; amour malheureusement interdit à cette époque pour l'avoir éprouvé pour sa patronne.

Le problème de la supériorité des Blancs par rapport aux Noirs est également posé. A l'époque et même aujourd'hui d'ailleurs, certains Blancs renient encore la capacité d'un Noir à être compétent dans un domaine ou dans un autre. Pourtant il a été prouvé par des scientifiques que le Noir dispose du même cerveau que le Blanc.

Les couleurs retrouvées dans ce texte sont expressives. C'est ainsi que pour plonger dans les souvenirs de France, les images de végétation qui défilent sont vives, par contre les images qui suivront seront jaunâtres, moins vives, signe du temps passé, d'un temps lointain. Les cadrages sont assez bien structurés et les plans serrés ne sont pas faits au hasard.
Au début du rêve de France, on voit son père et Protais le Camerounais arrosant un sol qui leur est alors commun. le film se termine sur la même image mais avec des personnages différents, avec une note d'espoir marquée par des couleurs gaies, un ciel bleu .Tout présage que la vie de France est désormais au Cameroun, le Cameroun de ses première années, son Cameroun aussi.

Nadège SIÉLINOU

Article écrit dans le cadre de l'Atelier de Critiques de Yaoundé - 10ème FENCAF (Festival Écrans Noirs).

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