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rédacteur
Jean-Marie Mollo Olinga
publié le
16/07/2005
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Retour aux sources
Tenja (Testament), de Hassan LEGZOULI (Maroc)

Quel message un homme venant du fin fond d'un village marocain et immigré en France, veut-il faire comprendre à son fils qui n'y a jamais mis les pieds, lorsqu'il lui demande dans son testament d'aller enterrer son corps dans son village natal ?

Tenja, sous-titré Testament, le premier long métrage de Hassan Legzouli, nous en donne la réponse. En 80 mn, ce road movie très poétique et très pudique entraîne et Nordine (Roschdy Zem) et le spectateur à la découverte d'un pays présenté dans ses contrastes et ses traditions. Comme une parodie de la fable "Le laboureur et ses enfants" de La Fontaine dans laquelle un père voulait donner le goût du travail à ses fils, Tenja apparaît tel un appel du pied d'un père à son fils, pour la découverte de ses racines. "D'où vient cette branche ?" "Elle vient de cet arbre".

A l'image du réalisateur, le père de Nordine est né au Maroc et est allé ensuite s'installer en France. Par contre, Nordine, né en France, en est imprégné de la culture. Comment dès lors avoir conscience de ses origines, sinon par un long processus, un long apprentissage le long des routes ? Réticent au début - d'où son air mauvais à l'ouverture du film -, il va progressivement se laisser séduire et apprivoiser par ce pays ayant lui aussi ses charmes. Pour cela, sa rencontre avec la jeune Nora (Aure Atika) sera déterminante. Celle-ci, bien que pétrie de ses traditions (écouter de la musique à côté d'un mort, "c'est comme si tu dansais sur sa tombe"), est instruite et éprise de liberté. Si sa rencontre avec Nordine sert en fait de démarrage au film - "chacun prend conscience de soi dans sa rencontre avec l'autre", dira le réalisateur - celle-ci ne se révèle-t-elle pas finalement comme la conciliation de deux cultures ? Ce rapprochement étant la possibilité d'en vivre positivement ?

Soutenu entre autres par la musique de Najib Cherradi extraite de l'album au titre évocateur de "Errances", et par le jeu sobre mais très approprié de Roschdy Zem, Tenja ou "la terre est là, la terre est revenue", malgré quelques longueurs sur les paysages lunaires du Haut Atlas marocain, est une contribution tout en finesse sur la question de la nécessité du retour aux sources. Le film de Hassan Legzouli qui est sous-tendu par l'omniprésence insidieuse d'un mort, a le mérite de ne pas l'imposer aux spectateurs. D'où certainement le dialogue sur fond de musique d'élévation entre le père et le fils pendant le délire de ce dernier, juste pour rappeler que le mort demeure… vivant dans le film.

Par Jean-Marie MOLLO OLINGA (Cameroun)
Correspondant permanent de Afrique Magazine au Cameroun.

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