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rédacteur
Zouhour Harbaoui
publié le
14/09/2005
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AHMED HAFIANE : "L'acteur est un marchand de rêve"
El Koutbia, de Naoufel Saheb-Ettabaâ (AKA Nawfel SAHEB-ETTABAÂ), Tunisie
Ahmed Hafiane est une "belle gueule" du cinéma tunisien puisqu'on l'a vu dans Le chant de la Noria de Abdelatif Ben Ammar, Fatma de Khaled Ghorbal, Poupées d'argile de Nouri Bouzid, et El Koutbia de Naoufel Saheb-Ettabaâ.
Mais la carrière d'Ahmed Hafiane n'a pas commencé récemment, même si lui avoue qu'il a été en début de parcours "parce que jouer dans six films tunisiens n'est pas grand chose pour l'acteur".

Du théâtre scolaire puis amateur dans sa ville natale de Ksour Essef, Ahmed Hafiane a gravi les échelons peu à peu afin d'"exprimer son amour pour la comédie" .
Après un passage à l'Institut Supérieur d'Art Dramatique (ISAD), il entre de plain-pied dans le théâtre professionnel pour la pièce Caligula avec Hichem Rostom, puis c'est la rencontre avec un des plus grands metteur en scène, bien de chez nous, le défunt Rached Manaï sur les planches de Dans la solitude des champs de coton.

Le cinéma lui fait de l'œil. Il se retrouve dans Keswa, le long-métrage de Kalthoum Bornaz.

Pour Ahmed Hafiane "le théâtre et le cinéma ont un aspect communautaire, le sens du partage". Mais laissons-le relater son "parcours initiatique", laissons-le tout simplement parler, afin de découvrir quelqu'un qui ne cherche pas la gloire, mais désire donner du rêve…

Zouhour HARBAOUI : Pourquoi as-tu disparu après avoir joué dans Keswa ? <

Ahmed Hafiane : Il y a eu une grande lassitude qui m'a laissé m'éloigner de tout durant près de deux ans. J'ai vécu une sorte de crise. D'autre part, je n'ai pas eu de propositions.

Z.H. : Comment es-tu revenu dans le "circuit" cinématographique ?

A.H. : C'était dans un film anglais, Three kings, puis avec Moufida Tlatli dans La saison des hommes. Ensuite, petit à petit, on m'a fait des propositions.
Abdelatif Ben Ammar m'a offert un rôle dans Le chant de la Noria, qui reste dans ma mémoire comme l'un des meilleurs souvenirs, même si tous les tournages auxquels j'ai pris part m'ont laissé de bons souvenirs.

Z.H. : Pourquoi Le chant de la Noria est-il jamais gravé dans ta mémoire ?

A.H. : Lorsque j'ai rencontré Abdelatif et l'équipe, dont Hichem Rostom, Ahmed Snoussi, Jamila Chihi et Houyem Rassaâ, le réalisateur a su faire en sorte que les acteurs aient, entre eux, de bonnes relations. Cela a abouti à un "amour" mutuel et à des amitiés. Nous étions tous passionnés par le film, par nos personnages par l'idée du film : le propos de l'amour.

Z.H. : Tu as, aussi, joué dans un film sud-africain…

A.H. : Oui, The desert and the wildness, une coproduction sud-africaine, polonaise, anglaise et tunisienne. J'ai eu cette chance grâce à la CTV (NDLR : société de production) qui nous a présentés, avec d'autres acteurs, au réalisateur. Ce dernier m'a choisi pour un des rôles principaux, celui d'Idriss, un des militants contre les débuts de la colonisation anglaise, au XIXe siècle, dans sud de l'Egypte.

Z.H. : Quelle est la technique de tournage qui t'a le plus plu parmi tous ces films, tunisiens et étrangers ?

A.H. : Tourner sur différents films, c'est avoir la chance de voir le monde autrement, car chaque long-métrage est une vision du monde. Faire l'échange avec le réalisateur dans la construction du personnage, le mettre dans les situations, cela m'a permis de voir le monde. La vision qu'a, par exemple, Moufida Tlatli n'est pas la même que celle de Nouri Bouzid, Khaled Ghorbal, Nadia Fani ou encore Abdelatif Ben Ammar.

Z.H. : Comment te situes-tu par rapport à ces visions ?

A.H. : Dans chacune d'entre-elles, il y a une part de moi en tant qu'acteur, qui me laisse, à travers le personnage, découvrir un côté en moi. Le cinéma est un rêve. L'acteur, quelque part, est un marchand de rêve, qui porte, dans ses entrailles, son personnage.

Z.H. : Et ton expérience dans Fatma de Khaled Ghorbal ?

A.H. : La base de cette expérience a été l'écoute, d'autant plus que le personnage que j'interprète est quelqu'un qui sait écouter l'autre et ses douleurs. A travers le petit laps de temps durant lequel j'ai côtoyé Khaled Ghorbal, il y a eu le sens de l'écoute dans la logique cinématographique. Et juste après j'ai rencontré Abdelatif. Et là dans les rapports amoureux des personnages, il y a aussi le sens de l'écoute.

Z.H. : Donc tu apprends beaucoup de tes personnages …

A.H. : Absolument ! L'acteur doit observer son personnage attentivement, aller vers lui, l'épouser. La démarche est à base d'humilité avec soi-même sinon il n'y aurait pas de mariage entre l'acteur et son personnage.

Z.H. : Est-ce que les personnages influencent ta vie ?

A.H. : S'ils influencent ma vie, c'est quelque part les risques du métier. Cependant, ils m'apportent pour ma personnalité, pour ma maturité. Il y a toujours une remise en question, mais aussi une "certaine fraîcheur" de reprendre le quotidien.

Z.H. : Tu a obtenu le rôle principal dans le film de Nouri Bouzid, Poupées d'argile. Alors ?

A.H. : Le personnage de Omran m'a beaucoup appris à travers l'écriture de Nouri Bouzid, sa façon de tourner avec les personnages : parvenir à conserver l'enfant qui est en toi pour ne pas être le commun des mortels. Une autre façon, aussi, de voir l'amour, qui est la seule chose qui nous laisse vivre sur cette terre. J'ai eu la chance d'interpréter un rôle très complexe.

Z.H. : Tu parles toujours d'amour. Quel est-il pour toi ?

A.H. (rires) : Toute œuvre artistique est, essentiellement, un acte d'amour, parce que tu donnes tout ce qui est en toi, de tes entrailles à ta douleur. Je ne peux pas imaginer un acteur ou un réalisateur qui ne soit pas porteur d'amour.

Z.H. : Tu as interprété Jamil l'un des personnages du premier long-métrage de Naoufel Saheb-Ettabaâ, El Koutbia. N'as-tu pas eu peur de rencontrer des difficultés avec ce jeune réalisateur ?

A.H. : Alors là, pas du tout ! Au contraire, c'était plus rassurant ! Nous n'avons pas une grande différence d'âge, nous sommes presque de la même génération. Pour moi cela a été un honneur. J'aurais bien voulu jouer dans les premiers films d'Abdelatif Ben Ammar, Nouri Bouzid ou encore Moufida Tlatli.

Z.H. : As-tu déjà interprété l'équivalent du personnage que t'a proposé Naoufel ?

A.H. : A chaque fois que j'aborde un nouveau personnage, il faut que j'évacue la manière avec laquelle j'ai travaillé avant. Cela m'arrange en tant que performance et cela arrange aussi le réalisateur afin qu'il voit en moi plus de disponibilité à sa façon de regarder le monde.

Zouhour HARBAOUI

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El Kotbia (La Librairie) 2002
Nawfel Saheb-Ettabaa


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