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rédacteur
Samir Ardjoum
publié le
21/07/2006
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L'Algérie des Chimères
Bent Keltoum (La fille de Keltoum), de Mehdi CHAREF (Algérie)

Les œuvres de Mehdi Charef, le premier cinéaste à avoir filmé la génération beur avec finesse, droiture et absence de démagogie, sont noires car la vie n'est pas rose. Fils du peuple, ses propos sont ouvertement de gauche. Sa caméra enveloppe les personnages car les visages le fascinent. Ses histoires sont touchantes et dramatiques car il est amoureux du néo-réalisme. Ses acteurs sont beaux car c'est un homme de goût. L'acuité de son regard est féroce car il est revenu de loin. Mehdi Charef réalise des films sans concession et proclame haut et fort : "Il n'y a pas de bizarrerie, seulement des opprimés, des marginaux et des oubliés".

Elle se prénomme Rallia. Elle est jeune, énergique et gracieuse. Elle arrive d'un autre monde, d'un endroit civilisé, moderne où la foule s'est imposée, où la nature a disparu pour laisser place à des architectures démesurées. Rallia a quitté son pays d'adoption pour les paysages montagneux du sud algérien, son pays d'origine. Ses racines crient leur soif. Rallia souffre car sa véritable mère, qu'elle n'a jamais connue, se terre quelque part dans ce bled perdu. Les traits de son visage sont crispés. Sa tourmente est totale. Elle est secrète mais obstinée, charismatique mais discrète, belle mais sombre. Elle est la fille de Keltoum.

Charef a élargi sa palette de couleurs pour créer une image chatoyante, lumineuse et incroyablement scintillante. Sa caméra se déplace dans des contrées arides. La sécheresse y est symbole de sanction divine. La rigidité des cimes répond à la froideur des autochtones. Le vent, traître et malicieux, recouvre la tristesse de femmes esseulées. Celles-ci, fières même dans leurs maladresses, subissent la négligence des hommes. Maîtres à penser mais bons à rien, leur statut de sages leur permet de régner sur ce monde, bien que leurs faits et gestes ne fassent qu'empirer les choses. C'est dans ce contexte que Keltoum a donné naissance à un espoir brisé. Dans ce milieu hostile et incompréhensible, elle s'est abaissée à procréer pour perpétuer une tradition. Elle a donc préféré fuir pour ne pas se retrouver avec de nouvelles responsabilités.

La fille de Keltoum est certainement l'un des films les plus mystiques de la courte carrière de Mehdi Charef. Après le succès d'estime de Marie-Line (plébiscité notamment pour la composition de Muriel Robin), l'auteur du très beau Thé au harem d'Archimède nous plonge cette fois dans ses souvenirs et origines. Bent Keltoum n'est pas seulement un film contemplatif, c'est aussi une œuvre poétique, étrange et teintée de frémissantes odeurs sahariennes. Grave, elle sait éviter le gouffre du mélodrame.

Samir ARDJOUM (France)

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Fille de Keltoum (La) 2001
Mehdi Charef


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