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rédacteur
Alain Roland Biozy
publié le
10/09/2006
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L'Europe, l'Europe à tout prix
Les oiseaux du ciel, de Eliane de LATOUR

Le film de Latour s'ouvre sur une immense étendue d'eau, puis un dessin animé qui nous désoriente. On se croirait dans Kirikou et les animaux sauvages lorsque intervient ce galop de chevaux qui traversent un paysage pittoresque de montagnes. Et pourquoi pas un western ? C'est que les jeunes Otho, Libérien et Shad, ivoirien, vont à la conquête de l'Europe, ce paradis.

Mais Otho, rapidement rattrapé par la police espagnole, est rapatrié dans sa Côte-d'Ivoire natale. Ici s'arrête son parcours, mais pas son rêve et l'espoir de remettre ça, comme tous les jeunes africains d'aujourd'hui.

Shad quant à lui réussit à conquérir l'Europe de ses rêves. D'abord l'Espagne, ensuite l'Angleterre, puis la France. Un vrai oiseau migrant, mais aussi un conquérant intrépide qui ne recule ni devant la drogue, moins encore devant le vol. et c'est là que se pose tout le problème de ce film : pourquoi faire gagner le méchant ? Latour a décidé de casser les codes. On nous a habitués pendant longtemps à un héros toujours bon, qui gagne toujours, ou même qui doit gagner. Pourtant la vie n'est pas aussi simple. D'ailleurs, lorsque les cow-boys exterminaient les Indiens, et gagnaient toujours leur combat, était-ce vraiment bon ? Non, il n'y a pas de morale dans ce film. C'est tout simplement une illustration de la vie, où le méchant peut aussi gagner. Eliane de Latour n'a pas voulu d'un film politiquement correct. Il n'y a pas de morale dans ce film, il décrit une vie, simplement.

Et du coup, Otho pose le problème des moyens. Je repartirai en Europe, mais je ne voudrais pas la drogue, je ne volerais pas. Honnêtement, je gagnerais ma vie, et alors je reviendrais partager avec mes frères, ce que j'aurais gagné là-bas.

Les oiseaux du ciel, c'est vraiment une histoire d'Africains, et les musiques de ce film nous y ramènent. Nos émotions sont alors rythmées par de belles mélodies de griots mandingues, du "coupé-décalé" ivoirien aussi. Mais c'est une histoire d'Africains par une Française, et du coup elle imprime au quotidien de ces Africains un rythme rapide qui s'éloigne de la lourdeur du rythme des films réalisés par les Africains.

Curieusement, Eliane Latour s'éloigne des codes traditionnellement utilisés par les réalisateurs occidentaux qui traitent de la déchéance des Nègres. Elle les regarde d'en face et place la caméra à leur niveau. Elle ne les regarde plus d'en haut.

Pour nous faire vivre intégralement le parcours des deux personnages principaux de ce film, elle alterne les points de vue de sa caméra. En même temps, nous sommes en Europe et en Afrique. Pourtant son histoire reste linéaire. Et les belles images que nous propose la réalisatrice, qui sait circonscrire agréablement son monde à travers les constructions agréables de sa caméra, nous fait parfois oublier cet inventaire de la dérive des africains en Europe : crime, drogue , sexe et vol rythment leur quotidien . au finish subsiste tout de même une question : la conquête africaine de l'Europe se fait-elle seulement à ce prix ?

Film agréable, Eliane de Latour aurait enrichi son histoire en assumant mieux ses choix. En gardant sa caméra à égale distance de Otho et Shad, elle nous oblige à porter le poids de notre choix.

Alain Roland Biozy

Article écrit dans le cadre de l'Atelier de Critiques de Yaoundé - 10ème FENCAF (Festival Ecrans Noirs).

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