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rédacteur
Rita Diba
publié le
05/08/2007
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Les authenticités d'une comédie
Mon Ayoñ, de Blaise Nomo Zanga (Cameroun)
L'Afrique vierge est revisitée par le réalisateur camerounais Blaise Nomo Zanga

Quarante-cinq minutes au village, avec ses trahisons, ses secrets qui n'en sont pas, ses traditions qui coincent mieux les impénitents que les auxiliaires de justice. Ce milieu rural, dans ses merveilles et sordidités, c'est Mon Ayoñ, un drame social de Blaise Nomo Zanga sorti en septembre 2006. Mon Ayoñ, selon les prononciations, les intonations, signifie "l'enfant crie", ou "notre enfant". Dans le film, c'est aussi bien l'une et l'autre des significations.
Oui, on est dans un village de la forêt équatoriale, sur des airs de mvet, on découvre un couple, l'homme et la femme, le noyau du monde, la source créatrice de toute vie. Un enfant, pas le premier, naîtra au sein de ce couple heureux, mais au lieu d'apporter le bonheur, ce sera le début de la mésaventure. Dans la tradition Béti et autres, un enfant qui refuse le sein de sa mère est la preuve de l'infidélité de celle-ci et d'une attribution fallacieuse de paternité. Ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants, mais pour cette fois, de leurs actes.
Le fils d'Eda, femme infidèle, est le voile qui se déchire pour mettre à poil tous les travers de la société traditionnelle, qui est en tout point conforme à celle des citadins, à commencer par la remise en question de la solidarité africaine qui saccage les intimités des semblables. La trahison des proches. À travers son film, Nomo Zanga suscite une interrogation : doit-on tout pardonner au nom de la tradition, même accepter un enfant qui n'est pas de notre sang, parce qu'il est quand même du terroir ?
On reprochait aux acteurs camerounais d'en faire trop, d'être exubérants dans le geste par rapport au texte qu'ils rendent, à la situation dans laquelle ils se trouvent. Pour cette fois donc, Nomo Zanga a servi un film en langues du terroir, Fang-Béti-Bulu, sous-titré en français, une véritable merveille de naturel. Ce qui a rehaussé la performance des acteurs. Fini le français et ses mots et intonations qui ne correspondent pas toujours à nos réalités locales, bienvenue à des langues bien de chez nous, qui font une œuvre tout en musicalité, en sons arrondis par des voix et des accents imprégnés de toute la tradition linguistique ancestrale. Brisées, les chaînes de la langue étrangère qui s'enchevêtrent dans un substrat qui ne nous quitte pas. Oui, Mon Ayoñ est une fiction, mais qui se joue sans faux-semblants. Les acteurs ont pu aller jusqu'au bout de leur geste. D'ailleurs, les nombreux plans moyens et ceux d'ensemble ont permis de contenir cette globalité traditionnelle.
Même si son rôle de femme infidèle dans la série télévisée Ntaphil lui a valu des insultes et même des coups de femmes outrées par un tel dévergondage, Blanche Bilongo, alias Eda, se plaît décidément dans cette posture. Un visage d'ange, sourire épanoui et ouvert, qui n'a d'égal que sa sociabilité sexuelle. Cette fois-ci, c'est Grégoire Bélibi qui en fait les frais.
Le catéchiste qui est pointé du doigt, à tort ou à raison, on ne sait pas, traduit le manque de confiance qui s'est installé peu à peu entre l'Église et ses ouailles. Le fait que ce soit un membre de l'Église Presbytérienne renforce encore plus cet éloignement.
Même si, à l'issue des débats qui ont suivi le film, s'est posée la question de sa commercialisation, ce qui impose le choix d'une langue accessible à tous, plus universelle, l'œuvre de Nomo Zanga a un plus par rapport à la grande majorité des œuvres, toutes jouées en français, ces derniers temps, la qualité, la vraie, même si certains évènements dans le film traînent en longueur. L'important n'est pas la langue dans laquelle on joue, mais la manière de jouer qui permet de restituer notre identité culturelle.

Rita Diba

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