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rédacteur
Espéra Donouvossi
publié le
03/09/2007
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Espéra Donouvossi




Dani Kouyaté


Keïta ! l'héritage du griot, de Dani Kouyaté, 1995


Sango Malo, de Bassek Ba Kobhio, 1991


Bassek Ba Kobhio (en 2005)


Sotigui Kouyaté

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À l'école d'une identité solide
Keïta, l'héritage du griot, de Dani Kouyaté (Burkina)

L'histoire doit se perpétuer de génération en génération et parmi les moyens les plus indiqués pour y parvenir, le cinéma se taille la part belle à travers l'universalité de son langage que tous connaissent. Combien ont eu la possibilité de lire la révélatrice histoire de l'épopée mandingue, Soundiata Keïta ? Comme le disait Sembène "pour communiquer avec le public africain et l'informer vraiment, il faut le cinéma". Dani Kouyaté à travers cette mise en scène géniale de la troublante histoire de Soundiata Keïta, donne la possibilité à des milliers d'africains de se ressourcer dans l'histoire de leur continent pour une formation solide de leur personnalité.

Sotigui Kouyaté dans l'œuvre de son fils porte la lourde responsabilité de raconter l'histoire qui a commencé quelque part en Afrique. Se cachant sous le nom de Djéliba, le vieux Kouyaté quitte le village pour la ville dans la seule optique d'initier Mabo Keïta à la tradition et à l'histoire de son origine. Quel bonheur de connaître l'histoire de son origine ! Tous les personnages de ce film s'accordent sur ce fait. Mais Djéliba insiste et veut démontrer à tout le monde que ce qui est important c'est d'abord se connaître soi-même avant de connaître l'école des Blancs. Ce film relève le problème du système éducatif africain extraverti qui ne prend pas en compte les réalités historiques et culturelles des peuples noirs. Bassek Bâ Khobio avait déjà dans son long métrage Sango Malo évoqué ce problème sous l'angle théorique des systèmes éducatifs en Afrique.

Pendant 94 minutes, on n'aura droit qu'à des images et des visions qui s'opposent les unes aux autres sans se réfuter systématiquement. Le mariage habile des contraires et la beauté des images témoignent de l'esthétique d'un cinéma porté soigneusement par l'incontournable espoir du cinéma africain, Dani Kouyaté. Djéliba tient à initier Mabo mais n'est pas contre son apprentissage à l'école des Blancs. L'instituteur acquiesce l'évidence de cette initiation mais trouve que les vacances sont mieux indiquées pour cette formation qui pour Djéliba, est la base de toute chose. La maman de Mabo ne pense pas le contraire de l'instituteur de Mabo et pour le père, aucune résistance et que l'histoire suive son cours. Cette histoire oppose tout un environnement sans les faire s'affronter. La manière dont Dani Kouyaté fait étaler à ses personnages leurs arguments, donne l'impression d'un débat hautement intellectuel autour d'un sujet traditionaliste. Dans cette confrontation des idées et du choc des pensés, le bénéficiaire a choisi pour son compte. Sa curiosité à connaître son histoire et sa détermination à comprendre sa vraie origine prirent le pas sur ses études.

Dans cette œuvre filmique réalisée en 1994, Dani Kouyaté réalise son propre film et raconte en même temps l'histoire de Soundiata Keïta. Une véritable séance de conte devant l'écran du cinéma dont la technicité et l'habileté stylistique séduisent le spectateur. La musique du film force l'écoute et annonce très tôt la beauté de l'œuvre.
À travers ce qu'il a écrit et ce qu'il raconte, le spectateur n'a pas le temps de séparer l'un de l'autre. De la témérité des chasseurs à la curiosité du petit Mabo, en passant par les mystères de l'Afrique, l'aspect didactique des contes africains, la curiosité des hommes, l'intolérance sociale, la bataille du trône et la leçon du cinéma bien sue, le film montre de belles images qui replonge le public dans une Afrique conservatrice et qui porte le terreau de l'éclosion de ses enfants. La force de séduction qui réside dans l'histoire de ce film et le style de conte adopté par le réalisateur accrochent et déterminent encore une fois tout le bien thématique des films africains. Tout comme l'histoire de Soundiata peut être bouleversante pour plusieurs esprits de spectateurs, elle n'a pas moins bouleversé les relations des personnages de ce film. Et comme la signification de KONATÉ donnée dès le début du film, "Nul ne hait vraiment ce film" car il s'impose comme œuvre reine de cinéma.

Espéra G. DONOUVOSSI

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