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rédacteur
Espéra Donouvossi
publié le
06/09/2007
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Vaincre la résistance au changement social
Dodji (Le tabouret sacré), de Claude BALOGOUN (Bénin)

Malédiction, humiliation, mauvais sort et diable : c'est le champ lexical autour d'un homme qui accepte de faire le travail d'une femme comme la cuisine par exemple. Adultère, insolence et autres pressions sociales sont les injures à une femme qui fait ce que les hommes font : conductrice de véhicule administratif par exemple. Et voilà la vie des femmes vue par les hommes et la vie des hommes vue les femmes. Un couple de juristes est au chômage jusqu'à ce que la femme accepte de travailler comme conductrice pour porter un coup de main à la famille. Mais ce travail l'obligera à ne jamais être régulière à la maison et de ne plus remplir son rôle de femme africaine. Une inadmissibilité dans la société africaine qui a toujours considéré la femme comme l'être du foyer et de la maison. Mais les temps changent et l'Afrique sent aussi la nécessité d'un changement. Les bastions de la tradition ne lâcheront pas prise. Tous les moyens sont mis à profit pour redéfinir la nouvelle donne d'une société africaine qui se veut moderne et civilisée. Les productions télévisuelles s'y mettent. La communication et sensibilisations empruntent toutes les bonnes voies pour y parvenir. Mais la société africaine n'est vraiment pas prête à épouser ce changement social qui remet en cause beaucoup d'habitudes qui sont chères aux Africains. Ceci traduit le caractère extraordinaire des nouvelles et bonnes manières. Personne n'est prêt à les accepter et à les pratiquer et ceux qui les acceptent sont exposés à des pressions sociales et des railleries fusant de toutes parts. Et comme le dit le personnage principal de ce court métrage de sensibilisation, Dodji (interprétée par Jemima Catrayè) : "la vie est une bicyclette et il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre", si l'Afrique refuse sa propre évolution, elle perdra l'équilibre de son développement et restera derrière. Jemima Catrayè en écrivant ce scénario participe à sa manière à opérer et à faire opérer ce changement. N'est ce pas pour ça qu'elle s'autorise à jouer le rôle phare de son script ?

Dans Dodji, le tabouret sacré de Claude BALOGOUN, l'importance du sujet se remarque dans le jeu des acteurs qui sont les plus en vue en matière de réalisation télévision et cinéma au Bénin. Le casting d'acteurs ayant une certaine audience et une notoriété artistique montre bien combien de fois ce sujet est préoccupant. Même le directeur de la cinématographie au Bénin Akambi Akala y tient un rôle de main de maître pour dénoncer des pratiques rétrogrades. Claude Balogoun n'est pas justement en train de dire que toutes les pratiques africaines sont mauvaises. Mieux, il fait intervenir l'efficacité de la géomancie africaine qui témoigne de ce que les spectateurs ont vu. Dodji va affronter crânement les certitudes de ses voisins conservateurs qui marmonnent et lient les femmes au ménage et à la maison. C'est le tabouret sacré et le géomancien qui guideront les esprits et replaceront le sujet dans son vrai contexte de sensibilisation. La télévision se rapproche du cinéma pour traiter des sujets graves tel l'adultère. Le tabouret sacré autorise la femme à faire tout travail.

Ce film sur la thématique Genre et développement est l'un des cinq productions soutenues par la direction du développement et de la coopération au niveau de la Coopération Suisse au Bénin. Dans cette collection on peut voir Fanta de Ignace YETCHENOU, Agniké de Claude BALOGOUN, Lani de Modeste HOUNGBEDJI et Ayaéwé de Jemima CATRAYE.
Projeté dans les villages et dans les quartiers populaires du Bénin, ce film réalisé en 2004 et qui dure 26 minutes, interpelle nombre de familles qui n'ont jamais compris ce problème dans cet aspect. La télévision et le cinéma ont toujours cette force de persuasion et d'incitation du débat. Allez voir pour comprendre donc !!!!

Espéra G. DONOUVOSSI

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Dodji (Le tabouret sacré) 2007
Claude Balogoun


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