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rédacteur
Emmanuel Sama
publié le
02/12/2007
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1ères Rencontres Cinématographiques de Guinée (RECIG)
(Conakry, 28 novembre - 03 décembre 2007)
Les Rencontres cinématographiques de Guinée (RECIG) sont nées de l'initiative de jeunes cinéastes, cinéphiles et réunis dans un ciné-club des amis du cinéma de Conakry, capitale de la Guinée, du même nom. Cette manifestation est essentiellement dédiée aux jeunes créateurs du cinéma, de l'audiovisuel et de clips africains. À son programme, des projections de films principalement guinéens et africains, une compétition de courts métrages amateurs, une grande table-ronde sur le cinéma en Guinée, des expositions de matériels, d'affiches, de photos.
Un hommage inédit sera rendu à Costa Diagne, l'un des pionniers du cinéma guinéen (martyr du régime Sékou Touré), décédé en 1996.

Le Cinéma guinéen vit le même marasme que les autres cinématographies africaines. Les jeunes cinéastes ont décidé de faire bouger l'establishment, de porter l'image, les problèmes de sa production et de sa circulation au cœur de l'actualité. Les membres du ciné-club "RECIG" sonnent le tocsin du rassemblement avec l'ensemble des professionnels pour un meilleur devenir des métiers de l'image.
Cinquante quatre (54) ans de cinéma guinéen seront exhumés à travers une grande rétrospective en salles et dans les quartiers populaires. Un hommage particulier sera rendu à l'un des plus grands cinéastes guinéens, Costa Diagne, en présence de son ami Souleymane Cissé.

L'Envol brisé

Le prix jeune talent du meilleur film documentaire portera désormais le nom de cette icône qui rêvait de faire de la Guinée un grand pays de cinéma. Formé en URSS dans les années 1960, le portrait géant de "Costadès" comme on l'appelle communément, trône parmi d'autres grandes figures passées par le prestigieux institut VGIK de Moscou, qui a forgé des cinéastes comme Sembène ou encore Souleymane Cissé.
Costadès a été victime de la grande purge des intellectuels opérée par le régime guinéen à partir de novembre 1970, de même qu'un autre pionnier, Mohamed Lamine Akin, réalisateur du 1er long métrage national, Sergent Bakary Oulèn, en 1968. Déjà en 1966 son documentaire artistique Les Hommes de la Danse inspiré d'un poème de Senghor, qui a remporté le 1er prix de la catégorie au 1er Festival des arts des Nègres à Dakar, alors que les deux chefs d'État étaient en brouille, lui avait coûté une mise à pied de huit mois !
Rescapé du tristement célèbre Camp Boiro, les mains broyées, presque aveugle, Costadés dictait ses scénarios à El Oumar Camara, Konaté Alama et bien jeunes autres disciples.
Conscients de la puissance du cinéma, la 1ère République n'a cessé de le doter et d'utiliser l'élite pour la valorisation de l'identité africaine et à l'embrigader pour sa propagande. Le carcan idéologique a brisé les ailes une création plurielle des cinéastes et leur forte expression sur la scène africaine.
Le prix du meilleur court métrage fiction est baptisé "Mouramani". Il vient rappeler à la face du monde qu'il y a un tort à réparer, fait au cinéma guinéen.
Il est historiquement établi par Paulin Soumanou Vieyra, (à qui l'on attribue la paternité du premier film réalisé par un Africain francophone au sud du Sahara) que le tout premier film du cinéma d'Afrique noire au Sud du Sahara est Mouramani réalisé par le Guinéen Mamadou Touré et tourné à Paris en 1953, deux ans avant Afrique sur Seine de l'étudiant de l'IDHEC (Institut des hautes études cinématographiques) Paulin Soumanou Vieyra et ses collègues du Groupe cinéma africain en 1955.
La place légitime de pionnier du réalisateur de Mouramani fut occultée par la volonté politique de la France gaulliste humiliée par le "Non" de la Guinée au référendum de 1958. Le "Black out" des médias et des publications spécialisées francophones sur une grande partie de l'élite du cinéma guinéen formée dans les pays de l'Est a longtemps marginalisé ce pays et ses productions.
Syli-cinéma, l'entreprise d'État, créée en 1967, dotée du monopole de la production, de la distribution et de l'exploitation, a produit jusqu'en 2000 environ 100 (cent) films. Un fonds de développement du Cinéma, le FODIG, alimenté en grande partie par les recettes des salles, les a financé de manière endogène et a permis des coproductions internationales surtout avec les pays de l'Est et d'autres pays dont le Maroc avec Amok.
Le régime était conscient de la puissance du Cinéma et a mis en œuvre l'ambitieux projet d'un complexe-laboratoire à Boulbinet, visant à donner aux cinéastes africains leur indépendance pour la finition de leurs films sur le sol africain. En 1983, les héritiers de Sékou Touré veulent parachever ce projet en passant un contrat clé en mains avec des sociétés suisses.
Les bouleversements politiques de 1984 ont changé la configuration du cinéma guinéen qui connaît une crise de croissance.
Depuis les années 90, des œuvres de bonne facture sont produites ou coproduites par l'État ou sur financements extérieurs. Elles ont fait entrer la Guinée de plein pied dans le concert des images africaines : Blanc d'ébène (1991) et Ballon d'or (1995) de Cheick Doukouré ; Denko (1992), Minka (1994), Dakan (1995) de Mohamed Camara ; Paris selon Moussa (2000) de Cheick Doukouré ; Be Kunko de Cheick Fantamady Camara, poulain d'argent au FESPACO 2005 annonce la densité créatrice d'un talent qui se révèle avec Il va pleuvoir sur Conakry au FESPACO 2007.
Il existe un jeune cinéma guinéen qui se bat pour produire.
Fantamady et sa directrice de production, Mariama Camara, sont les initiateurs des RECIG. Ils entendent avec d'autres jeunes déterminés à réussir ce pari malgré, disent-ils, très peu de moyen.

Substance des 1ères RECIG

Le point focal de ces 1ères RECIG est la table-ronde qui mettra à plat les problèmes du cinéma et de l'audiovisuel. Le thème retenu est "l'audiovisuel et le cinéma en Guinée où en sommes-nous ? Quelles perspectives ?". D'importantes communications sont attendues sur :
- "État des lieux, quel avenir" par l'ONACIG (l'Office National du Cinéma Guinéen).
- les relations diffuseur national (RTG : Radio Télévision Guinéenne) et producteurs privés, par la Télévision Nationale
- Les droits d'auteur au cinéma, par le Bureau guinéen du droit d'auteur (BGDA).
Des sociétés de production de pays africains seront présentes à Conakry pour partager leurs expériences avec les jeunes producteurs guinéens qui désirent nouer des partenariats avec des collègues plus outillés.
Rasmané Ouédraogo, jeune réalisateur burkinabè de dessins animés et Monica Blanc Gomez, la directrice artistique de "Veenem productions" (une société de production spécialisée dans le cinéma d'animation), sont les principaux animateurs d'un atelier à l'intention des jeunes dénommé "L'Ecole du spectateur critique". Ce volet des RECIG a pour objectif d'initier des collégiens et des lycéens à la lecture et à l'analyse critique de films d'animation.
Le côté festif des RECIG est garni par la grande rétrospective des films guinéens depuis les origines. Des "vagabondages cinématographiques" à travers des projections en salles, en plein air dans les quartiers populaires et à l'Université Gamal Nasser. La clôture officielle des RECIG se fera sur une plage. Mieux qu'à Cannes !
Bien de grands festivals sont nés de ciné-clubs. La consolidation des ciné-clubs RECIG qui se créent à Conakry est le socle du renforcement des capacités mobilisatrices de cette manifestation qui se veut annuelle.
L'idée d'une compétition officielle a fini par être retenue en vue de créer une plus grande émulation chez les jeunes créateurs, réalisateurs de courts métrages et de clips. Quant on connaît la grandeur de la musique guinéenne, on comprend la place que tient le clip dans la promotion musicale d'où les qualités de réalisation qui doivent l'entourer pour emporter le prix du meilleur clip. Les autres prix sont :
- le prix jeune talent du meilleur court métrage documentaire est baptisé Costadés Diagne.
- le prix du meilleur court métrage fiction est dénommé : Prix Mouramani
- un prix du public sera décerné par les spectateurs sur la base de sondages.

L'avènement des RECIG poussera certainement les décideurs et les partenaires potentiels du privé à s'engager davantage dans le développement du cinéma et de l'audiovisuel guinéens en ce millénaire où les enjeux de l'image sont stratégiques.

Emmanuel SAMA
Journaliste-critique de cinéma
CNC-BF

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