actuellement 16367 films recensés, 2759 textes recherche | » english  
films réalisateurs acteurs producteurs distributeurs festivals agenda pays espace personnel  
  critiques»
  dossiers»
  analyses»
  entretiens»
  comptes rendus de festivals»
  reportages»
  documents»
  ateliers»
  Zooms»
  rédacteurs»
  écrans d'afrique»
  Asaru»
  lettre d'info
  inscription»
  desinscription»
  archives »
  liens»
  dépêches »
  nouvelles de
la fédération»
  la fédération»
  contacts»
  partenaires»
  accueil»




 
    
rédacteur
Michel Amarger
publié le
29/02/2008
» films, artistes, structures ou événements liés à cette critique
» les commentaires liés à cette critique
retour
 
Un homme en éclats de vie
Andalucia, de Alain Gomis (France / Sénégal)

Courses suspendues, reprises haletantes, questions qui poursuivent, rencontres marquent les films de Alain Gomis. Après trois courts métrages brouillons, il s'impose avec son premier long métrage, L'Afrance, 2001, récompensé dans plusieurs festivals et prix du Meilleur premier film au Fespaco 2003. Le réalisateur franco-sénégalais qui vit à Paris, secoue avec énergie, les problèmes d'actualité qui traversent l'identité noire. Le héros de L'Afrance, ébranlé par un problème de papiers, réajuste ses certitudes sur la place de son engagement pour finir par faire le point au Sénégal où il est né. Ce retour aux sources est prolongé par le court métrage de Gomis, Petite Lumière, 2003, sur les émotions d'une fillette sénégalaise qui s'ouvre au monde. Il confirme un style en demi-teinte et le désir de transgresser les frontières pour nourrir un cinéma personnel. Andalucia signale que Gomis échappe aux catégorisations qui enferment le cinéma dans des productions nationales ou des genres trop fermés.
Ce long métrage, coproduit par la France et l'Espagne, est avant tout le portrait éclaté d'un homme, Yacine, originaire du Maghreb, grandi dans une cité en France, lâché dans un Paris cosmopolite pour essayer d'y vivre en indépendance. Instable, en mouvements incessants de peur d'être fixé, Yacine vit dans une caravane, en bordure d'un cirque. Il cumule les petits boulots : éducateur d'enfants, employé à la soupe populaire, bientôt figurant pour le cinéma lorsqu'il retrouve deux copains noirs qui veulent le brancher. Mais Yacine s'échappe de sa famille qui voudrait le retenir dans la cité ou le voir réussir en ville, de ses copains qui l'amusent et le fatiguent, des femmes qu'il croise, qu'il regarde, désire et avec qui il s'arrête parfois. Sa course en avant le pousse à partir vers le sud, l'Andalousie dont les musiques et les chants hypnotisent. Là en plein soleil, en pleine nature, Yacine peut enfin sentir que sa vie est à construire et qu'il peut aller encore plus loin.

Cet élan est à l'image du film de Alain Gomis qui pousse les scènes les unes sur les autres, au rythme des émotions de Yacine. Le rythme s'emballe quand il s'enflamme pour son travail, pour un morceau de musique découvert dans un parc, une discussion entre copains de couleur, une partie dans les milieux branchés de Paris. L'agitation retombe quand Yacine se heurte au quotidien, l'organisation du travail, la réprobation familiale, la violence latente de la société française où la couleur de peau est un facteur d'exclusion enrobé. "C'est quand même très bizarre quand tu vis dans un pays où tu as la gueule de l'étranger. Tu es dans un travail constant, en train de regarder ce que l'autre pense de toi", confie Alain Gomis qui a projeté ses émotions dans les blessures de ses personnages. "On se trimbale des choses en France qui sont lourdes. La situation ici n'est vraiment pas claire. Tu grandis dans un pays où tout le monde fait comme si rien ne s'était passé. On ne va pas continuer pendant des siècles à faire comme si la relation au Sud, notamment l'Afrique, était anecdotique !" Les tête-à-tête de Yacine avec ceux qu'il croise, confirment ces observations.
Gomis joue le contraste des scènes, avec des situations qui surprennent, amusent, dans un mélange de gravité et de légèreté qui tire le film vers le haut. L'atout majeur est le jeu de Samir Guesmi pour qui Gomis a écrit le scénario. Le comédien remarqué dans de nombreux rôles au cinéma depuis Malik le maudit de Youcef Hamidi, Prix Michel Simon 1996, confirme ses prestations pour Claude Miller, Guillaume Canet, Nicole Garcia, en assurant avec brio un rôle de premier plan. Autour de lui, Gomis dispose d'acteurs complices dont Delphine Zingg, Djolof Mbengue, déjà à l'affiche de son premier film. L'emploi de la Haute Définition lui permet de soigner les images en explorant divers styles. Et Andalucia entraîne les spectateurs vers la lumière. La lumière intérieure d'un homme ouvert aux autres, en quête de lui-même.

Vu par Michel AMARGER
(Afrimages / RFI / Médias France)

Andalucia
LM Fiction de Alain Gomis, France / Sénégal, 2007
Sortie France : 5 mars 2008

haut de page


   liens films

Andalucia 2007
Alain Gomis


   liens artistes

Chamaillard Benoît


Dhem Bass


Gomis Alain


Guesmi Samir


Loustau Olivier


Mbengue Djolof


Rouaud Fabrice


Wels Marc


Zingg Delphine


   liens structures

Colifilms
France | PARIS

Mallerich Films Paco Poch
Espagne | BARCELONE

Mille et Une Productions
France | PARIS

MLK Producciones
Espagne | MÁLAGA

haut de page



   vos commentaires
vos commentaires sur cette critique :
   
 
  ajouter un commentaire
   

haut de page