actuellement 16539 films recensés, 2790 textes recherche | » english  
films réalisateurs acteurs producteurs distributeurs festivals agenda pays espace personnel  
  critiques»
  dossiers»
  analyses»
  entretiens»
  comptes rendus de festivals»
  reportages»
  documents»
  ateliers»
  Zooms»
  rédacteurs»
  écrans d'afrique»
  Asaru»
  lettre d'info
  inscription»
  desinscription»
  archives »
  liens»
  dépêches »
  nouvelles de
la fédération»
  la fédération»
  contacts»
  partenaires»
  accueil»




 
    
rédacteur
Télesphore Mba Bizo
publié le
15/05/2008
» films, artistes, structures ou événements liés à ce compte rendu de festival
» les commentaires liés à ce compte rendu de festival

Chinua Achebe


Jean-Pierre Békolo Obama


Mongo Beti


Calixthe Beyala


Gaston Effa


Cyprian Ekwensi


Gaston Kelman


Patrice Nganang


Ken Saro-Wiwa


Wole Soyinka


Banderole du Festival dans la rue (Buéa)


Interview de Louis Eyeya Zanga, Gouverneur de la province du Sud-Ouest camerounais.


Télesphore MBA BIZO (Africiné)

retour
 
Accouchement sans douleur du Festival du film du Fako
Du 13 au 17 mai (Alliance Franco-Camerounaise de Buéa, Cameroun)
Le tout premier festival camerounais dédié à la cinématographie anglophone a débuté le 13 mai 2008 dans les locaux de l'Alliance franco-camerounaise de Buéa dans la province du Sud-Ouest. La présence personnelle du gouverneur à la cérémonie de lancement du Fako Film Festival est la meilleure marque d'adhésion des pouvoirs publics à l'accompagnement de l'activité cinématographique locale.

"I declare open the first ever Fako Film Festival!" (1). Comme une bombe, à l'immédiat, un standing ovation a suivi ces propos sont du gouverneur de la province du Sud-Ouest camerounais. Historiques qu'elles sont et resteront, les paroles de Louis Eyeya Zanga sont venues signer l'acte de naissance du Festival du film du Fako. Il faudra surtout y voir une nouvelle force de proposition en termes d'idées indispensables à l'affirmation des mille et une identités de la nation camerounaise. Le représentant du Chef d'État a souligné la singularité l'espace géographique d'expression anglaise : un désert cinématographique. Pas de Dikonguè Pipa, ni de Daniel Kamwa, encore moins de Jean-Pierre Bekolo Obama. Seul le film Do You Know Roosevelt du dernier cité était destiné à ladite audience dans l'histoire de la production cinématographique nationale de 1960 à nos jours.

Ce traitement de parent pauvre doit prendre fin. Pour y parvenir, chaque réalisateur local a le devoir de se tuer à la tâche pour obtenir le financement de l'État camerounais. En effet, le pouvoir en place a mis sur pied un compte spécial d'affectation pour redynamiser la culture. C'est une enveloppe annuelle d'un milliard de F CFA. Malheureusement, aucun natif du Sud-Ouest n'en a jamais bénéficié jusqu'à présent. Le Délégué provincial de la Culture pour le Sud-Ouest s'étonne d'ailleurs de l'absence du moindre dossier de demande d'aide à la production dans ses services. Pourtant, précise Roger Lita, chanteurs, artistes plasticiens,… ont plus d'une fois déjà émargé entre trois et cinq millions de F CFA par individu.

Les risques de dérive

L'absence de la tutelle étatique, fautive de n'avoir pris les "cinéastes" locaux par la main, guide la production en question, s'il en est, vers le tout-venant. D'abord, ce sont tous des films vidéo. Ensuite, ils sont des répliques sans génie de la vidéo domestique nigériane. Ce cinéma des pâles copies est porteur de nombreux risques de bavure : fétichisation, occultisme, enrichissement illicite, escroquerie, etc.

Il est urgent de trouver une perle rare capable de servir de modèle et de repère aux réalisateurs en herbe. C'est la raison pour laquelle le meilleur film du festival va bénéficier d'une large diffusion dans le réseau des Alliances franco-camerounaises du pays, en l'occurrence Bamenda, Dschang, Garoua, et, bien entendu, Buéa. La délégation provinciale de la Culture promet également d'accompagner ledit film dans le processus d'obtention d'un financement à partir des caisses du Compte spécial d'affectation.

Il y a espoir

Le destin du cinéma camerounais est lié à celui de la littérature de manière intime. Les décennies pré- et post-indépendance n'avaient connu que l'explosion des romanciers francophones. Quand la meute des écrivains "enragés" avec Mongo Beti comme locomotive donnait des insomnies au sommet de l'État, la sous-littérature anglophone était un ensemble vide. Comme dans le cinéma actuel, les œuvres nigérianes étaient des produits de grande consommation ici. Wolé Soyinka, Chinua Achebe, Cyprian Ekwensi… avaient érigé Buéa et Bamenda en état de siège. "They had the knife and the yam" (2).

Des décennies plus tard, il y a eu revirement. La littérature anglophone actuelle est un venin. Les textes de Bate Bisong ou autres sont virulents. Beast of No Nation (3) ou encore The Disgrace (4) fustigent la succession des gouvernants francophones. Nul ne s'embarrasse plus à lire le Nigérian Ken Saro-Wiwa à tout prix comme jadis. Ces auteurs nationaux d'expression anglaise sont les seuls à s'en prendre à l'État de front en ce moment. Ils en paient le juste prix au Cameroun, cela crève les sens. Or, leurs homologues d'expression française sont soit aphones soit alignés à la logique gouvernementale. Elle est plus encline à la préservation du bol alimentaire. Les rares "culottés" ne vivent pas ici. Les autres Gaston Paul Effa, Gaston Kelman, Calixte Beyala et Patrice Nganang du giron francophone gueulent de l'étranger. Il y a différence : les pamphlets locaux ont plus d'écho, donc d'effet. La voix de l'extérieur est vite assimilée à celle d'un dessouché aux abois.

Les mêmes causes produiront les mêmes effets. Il viendra un temps où le cinéma des auteurs anglophones fera écran à celui des autres malgré la pointe d'avance actuelle. Les jeunes talents locaux demandent seulement à se faire la main au niveau des métiers du cinéma. Le monde est anglophone. Il est donc le leur. Cette remarque est venue de l'abondant public présent à la cérémonie. Certes, elle soulève une rivalité vaine entre les deux communautés linguistiques nationales, mais, elle va dynamiser la production. C'est une note d'espoir pour le cinéma camerounais tout court.

Conférence de presse

Une conférence de presse a précédé le kick-off du festival. Son initiateur y a révélé les tenants et les aboutissants de l'événement. En cinq jours, il faut mettre les jeunes réalisateurs locaux à l'école du cinéma. Ils sont seize. Leur sélection est intervenue suite au travail préalable d'un comité restreint. Il a abandonné huit films pour défaut de qualité. Les postulants retenus vont prendre part à des ateliers de formation en réalisation, en prise de vue et éclairage et en prise de son.

Abondante expertise

Heureusement, l'expertise abonde grâce à la présence de l'Université de Buéa. Acheri Kilo, chargé de cours, anime la séance du jeu d'acteur et de scénarisation dès le 14 mai 2008. Elle entretient les réalisateurs en devenir en matière d'entrée en scène. Leurs acteurs doivent se montrer relaxes dans un premier temps. Ensuite, il leur est exigé de se concentrer sur le thème du film. Cette attitude leur donne de débiter la vérité antérieurement assimilée. À cet égard, un recours émotionnel est indispensable. En termes plus simples, celui qui campe un rôle dans une séquence de deuil doit ramener dans ses souvenirs l'image du décès d'un être cher afin que les larmes coulent de manière naturelle.

Ces réalisateurs en puissance ont eu une longue journée. Komè Mathias, triple vainqueur successif des "provinciades " à la Cameroon Radio Television, leur parle de la réalisation cinématographique. Cependant, il met l'accent sur le film documentaire.

Des conférences sont également au menu. Elles vont édifier les participants et les publics au sujet de l'actualité de la sociologie du cinéma. Les différences et similitudes entre le cinéma négro-africain et la vidéo domestique nigériane feront l'objet d'un échange profond entre les séminaristes et une équipé composée d'un membre de la Fédération internationale de la presse cinématographique, FIPRESCI, et deux délégués locaux de la Fédération africaine de la critique cinématographique, FACC.

En matière de fréquence, le Directeur de l'Alliance franco-camerounaise de Buéa exclut tout concept de biennale. Marc Trillard tient à une organisation annuelle. Heureusement, il sera encore en poste à Buéa l'an prochain à la même période. Il promet de s'investir davantage pour une meilleure visibilité du nouveau concept. Dès le samedi, le 17 mai 2008, il sera possible d'affirmer ou d'infirmer que le coup d'essai a été un coup de maître ou alors un coup de massue.

Télesphore MBA BIZO à Buéa

(1) "Je déclare ouvert le tout premier Festival du film du Fako !"
(2) Ils détenaient le beurre et l'argent du beurre.
(3) Les apatrides
(4) La honte
(4) Compétition mensuelle de production des documentaires entre les 10 stations provinciales de la Cameroon Radio Television.

haut de page


   liens films

Avez-vous vu Franklin Roosevelt ? (Have you seen Franklin Roosevelt?) 2008
Jean-Pierre Bekolo Obama


   liens artistes

Achebe Chinua


Bekolo Obama Jean-Pierre


Beti Mongo


Beyala Calixthe


Dikongué Pipa Jean-Pierre


Effa Gaston-Paul


Ekwensi Cyprian


Kamwa Daniel


Kelman Gaston


Nganang Alain-Patrice


Saro-Wiwa Ken


Soyinka Wole


Wiwa Ken Saro


   liens structures

Alliance française de Paris
France | Paris

Cinépress
Cameroun | Yaoundé

haut de page



   vos commentaires
vos commentaires sur ce compte rendu de festival :
   
 
  ajouter un commentaire
   

haut de page