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rédacteur
M'barek Housni
publié le
30/06/2008
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Le désir du documentaire

Voilà venu le temps du film documentaire. Le film documentaire de cinéma et non pas le documentaire instauré par la routine de la programmation télévisuelle. C'est une affaire d'époque mais aussi de récupération. Une époque qui veut entendre la voix du réel immédiat, et qui veut récupérer ce réel après le déclin des idéologies collectives, et la relativisation des idéalismes.

La fiction, toujours demandée et forte présente, et qui a bien de beaux jours puisque faisant partie du domaine de la représentation, n'a pu satisfaire ou camoufler cet instinct ressenti du savoir vrai, cru et palpable sans fard ni maquillage, qu'est la réalité du monde vécu. On en parle, et on célèbre le film documentaire partout, en France et aux USA.

Forcément on en subit l'influence, ici, chez nous. Mais qu'en est-il du documentaire au Maroc ? Bizarrement le Maroc a produit du documentaire avant de faire le cinéma de fiction. C'était à la veille de l'indépendance et durant toute la décennie des années soixante. Pas en tant que choix délibéré mais parce qu'il le fallait, du fait que le pays devait de commencer à produire ses propres images, nationales et authentiques, du fait qu'il y avait des gens formés aux métiers de l'image en France et ailleurs. Et du fait qu'il y avait une demande "étatique" faite par différents ministères, l'agriculture, l'enseignement et bien sur celui de l'information parmi tant d'autres.

C'était l'époque des films d'actualités, des films didactiques et des films informatifs sur la richesse et la diversité du pays. Certes des films qui sont plus des captations de la réalité, plutôt naïves et plus au moins ayant trait au reportage mais où germait le cinéma de demain. Ce sont les films de pionniers tels Ahmed Mesnaoui (qui a commencé à en faire en 1949), Mohammed Aafifi, Larbi Benchekroun, Abelaaziz Remadani, Omar Ghannam, Abdallah Rmili ; d'ailleurs nombre d'eux sont diplômés de la prestigieuse IDHEC de Paris.

Ces premiers réalisateurs marocains ont eu pour mission de jeter un œil marocain sur le réel marocain. De le libérer inconsciemment de l'impact de la vision des colons français qui ont apporté leur cinéma depuis le début du siècle dernier, un cinéma dominé par la recherche de l'exotisme. Ils ont donc collé leur œil aux caméras sans les a priori d'avant, même si leur culture cinématographique est acquise en Europe. Il y avait donc le documentaire et ils en ont fait longuement et largement. Et si on y ôte le caractère utilitaire, ils sont bien des documents d'époque qu'il faut récupérer.

On dirait même que c'est dans le documentaire qu'ils ont appris le métier de la réalisation, ce contact avec un univers qu'il faut porter à l'écran avec pour but d'influencer le regard. Tels les réalisateurs Latif Lahlou, Mohammed Lotfi et Mohammed Abderahmane Tazi qui ont réalisé des dizaines et des dizaines de documentaires surtout durant les années soixante.
Ce trait distinctif serait prédominant par ailleurs dans la vision qui sera donné au film marocain après. C'est comme si le documentaire a façonné le cinéma marocain. Tout réalisateur marocain se considérant comme un auteur de cinéma à part entière même si certains ne l'avouent pas. Et de ce fait il y a dans notre cinéma une forte présence du témoignage sur la réalité, un aspect documentaire qui prédomine. Les exemples abondent à ce sujet. Chaque film marocain met en parallèle à la fiction en action un atout documentaire, il plonge dans les lieux de l'action pour en donner l'image qu'il a. Car il ne faut pas oublier que le film marocain n'a jamais été film de commande, du fait qu'il est une entreprise créative de son auteur au départ, puis elle est subventionnée par l'État si elle répond aux critères de l'octroi des aides. Il est en fait de son réalisateur et il est très rare de trouver un film commandé par un producteur donné. Prenons l'exemple de certaines villes et lieux qui ont été des lieux de fiction, mais qui on été montrés aussi comme des lieux de vie et d'hommes, les réalisateurs cédant ainsi à la tentation du documentaire. C'est le cas de Casablanca de Mustapha Derkaoui et Abdelkader Lagtaa, Tanger de Moumen Smihi, Fès de Mohammed Abederhman Tazi, la région de l'Atlas de Mohammed Abbazi….).

Mais à côté de ces réalisateurs confirmés, le paysage cinématographique marocain a produit des auteurs de films documentaires et qui ont pu ériger le genre au même niveau que le film de fiction. Il y a bien sûr l'incontournable Ahmed Maanouni, avec ses films Alyam, alyam et Transes dont on connaît toute la réputation internationale qu'il a eue, la grande Izza Génini et son travail en dix documentaires sur la richesse musicale marocaine (Maroc, corps et âme), Les voix du Maroc et sur la mémoire juive du pays.

Ces deux noms, à une certaine époque, étaient les dignes représentants de l'image marocaine. Avec eux et à travers les documentaires qu'ils ont réalisés notre pays s'est fait connaître largement avant que le cinéma de fiction ne prenne le relais à partir de la moitié des années quatre vingt dix.

Mais il est notable de constater que la réalisation du documentaire n'a pas diminué pour autant, surtout avec la présence de la demande TV. La nouvelle génération des Yassmine Kessari, Ali Safi et qui ont pu réaliser des documentaires dignes d'intérêt et qui ont donné, comme nouveaux instigateurs, une forte présence au documentaire dans le paysage de cinéma marocain. Car il faut le dire, ce dont il s'agit c'est de pouvoir instaurer le film documentaire de cinéma. C'est ce qui manque chez nous. Le souvenir de Al hal dans les salles de cinéma casablancais durant le début des années quatre-vingt devrait être réitéré. Il faut œuvrer dans ce sens, et pouvoir chercher à confectionner de vrais projets de documentaires et pouvoir être subventionné. Il est un genre à part entière.

M'barek HOUSNI

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