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rédacteur
Michel Amarger
publié le
03/11/2008
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Michel Amarger




Salif Traoré


Sotigui Kouyaté


Faro, la Reine des Eaux, 2007


Faro, la Reine des Eaux, 2007


Faro, la Reine des Eaux, 2007




Journées Cinématographiques de Carthage JCC 2008 (Tunis)

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Faro, la reine des eaux
Remous dans les esprits maliens
LM Fiction de Salif Traoré, Mali / France, 2007
Sortie France : 29 octobre 2008

Les histoires traditionnelles qui explorent le quotidien des villages africains ont pu dépayser les spectateurs occidentaux des années 80. À tel point que certains critiques se sont insurgés contre ce "cinéma calebasse" qui fait la part belle aux paysages ruraux, aux costumes folkloriques, aux rites ancestraux contrariés par des questions d'évolution. Le tout bercé d'un rythme lent, apte à faire rêver. Cette tendance à déployer des images attendues, a pu trouver sa source dans les financements dispensés par le Nord auxquels certains réalisateurs africains ont plus ou moins consciemment, voulu rendre leur tribut.

À l'heure où l'intérêt pour les cinémas africains s'évapore et se déporte vers d'autres contrées, il est notable de constater que le "cinéma calebasse" n'est guère exploré en Afrique. La sortie de Faro, la reine des eaux, arrive à point pour jeter un pavé dans la mare et donner des signes d'activité de la production malienne. Ce long-métrage, situé dans un village, en bordure d'un lac où les gens vivent difficilement de pêche artisanale, pourrait annoncer une histoire traditionnelle pour des spectateurs submergés par des a priori. Mais en plongeant dans Faro, la reine des eaux, ce sont d'autres nuances qu'on découvre.

Le moteur de l'action, c'est le retour de Zan dans son village. En accompagnant l'arrivée du jeune ingénieur qui débarque avec son 4 x 4 pour revoir sa mère, on comprend vite que Zan est motivé par deux missions. D'abord celle de mettre à profit son savoir pour étudier les plans d'un barrage qui pourrait atténuer les débordements du lac. Mais surtout découvrir qui a pu être son père parmi les hommes du village. La détermination de Zan le pousse à séjourner parmi les pêcheurs malgré l'hostilité d'une partie des notables. Sa présence, matérialisant la faute de sa mère, exacerbe les passions.

En voulant connaître ses racines, Zan dérange. Sa mère se braque, les voisins se divisent. La tension augmente avec les remous du lac qui coïncident avec l'arrivée de Zan. Pour la plupart des villageois, c'est le signe que Faro, le génie des eaux, est en colère. La présence du bâtard rappelle que la mère a irrité le génie protecteur. Les manifestations surnaturelles qui agitent le lac sont relayées par les conflits qui surgissent entre les habitants. Tout en bravant les mauvais esprits, l'ingénieur poursuit son étude de barrage pour la soumettre à l'autorité attentive du chef de village. Fort de sa ténacité, de son savoir d'ingénieur, de sa sagesse qui ne méprise pas les esprits, le héros tente de faire évoluer sa société sans sacrifier sa vie personnelle. Le regard d'une jolie femme éveille en lui de nouveaux espoirs.

En alliant une dimension spirituelle à une histoire réaliste, Salif Traoré s'inscrit dans le meilleur de la tradition du cinéma malien. Formé à la technique à Bamako et à Ouagadougou, le réalisateur a déjà signé deux petites fictions qui annoncent certains thèmes de Faro, son premier long-métrage. Sigida, l'environnement, 1994, traite du retour au village natal d'un polytechnicien qui entreprend un programme de développement communautaire de lutte contre la désertification. La danse du singe, 1998, conte la malédiction subie par un jeune Bambara qui épouse une fille de caste inférieure. Ces courts-métrages illustrent le désir du cinéaste de marier la pédagogie et l'émotion pour toucher ses semblables. Faro, la reine des eaux approfondit cette ambition en investissant les questions de développement qui touchent un village.

Salif Traoré croise le chemin du héros qu'il distingue de la communauté villageoise, et celui des individus qui la composent. Cette manière de détacher des personnages singuliers rompt avec la tradition collective, coutumière des histoires rurales. L'intrusion d'éléments technologiques modernes, le 4 X 4 de Zan, ses outils d'ingénieur, son camescope, rappelle que le sort du village s'inscrit dans l'Afrique moderne. Et le rythme de l'action s'accélère au rythme des sursauts du génie ou des colères des hommes. Cette aptitude à manier les contraires irrigue naturellement Faro, la reine des eaux. On y retrouve des vedettes maliennes, Habib Dembélé, Hélène Diarra, aux cotés du vétéran Sotigui Kouyaté. Mais le charme du film repose sur une mise en scène fluide, perméable à la tolérance et à la lumière malienne.

Vu par Michel AMARGER
(Afrimages / RFI / Médias France)

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