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rédacteur
Jean-Marie Mollo Olinga
publié le
17/12/2008
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Jean-Marie Mollo Olinga


François L. Woukoache


François Woukoache


Asientos, 1995


Asientos, 1995


Asientos, 1995


Logo du producteur délégué belge


Awa Sène Sarr


Sidiki (ou Sidjiri) Bakaba

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Asientos, de François Woukoache
Devoir de mémoire
La série du jour: les dix succès du cinéma camerounais. 7/10
Peu connue du public local, cette œuvre fait pourtant partie des films camerounais les plus primés.

Asientos a remporté le Prix Acct - Mention spéciale du jury documentaire au Festival international du film d'Amiens ; le Prix Agip et le Prix Premio Dioceso di Milano au Cinema Africano, en 1996, à Milan, en Italie ; la Mention spéciale du film documentaire aux 12èmes Rencontres Médias Nord-Sud, en 1996, en Suisse ; et le Prix du meilleur film documentaire au Fespaco, en 1997, à Ouagadougou, au Burkina Faso.

L'asiento est un contrat de droit public entre le roi et un contractant. Au XVIè siècle, l'Espagne confie des licences aux compagnies financières et commerciales afin d'organiser la Traite des Noirs. Celle-ci se déroule sous la forme d'asiento, autrement dit, de la chose convenue.

François Woukoache s'en inspire, et réalise ce film qui relate l'histoire d'un jeune Africain traumatisé par la violence qu'il perçoit dans le monde. Pour y échapper, il se réfugie dans son imaginaire et se retrouve confronté à un pan de l'histoire du peuple noir : la Traite. Au sortir de la projection de ce film dans une salle d'art et essai de Paris, en 1996, une spectatrice en parlera comme d'une "merveille esthétique, un chef-d'oeuvre qui m'a bouleversée". Le réalisateur lui-même dira, dans une interview au critique français Olivier Barlet : "C'est un film sur la mémoire, une recherche de traces, une réaction à ce qui se passe aujourd'hui : une interrogation sur la question de savoir qui nous sommes dans le monde actuel".

Plus qu'une seule interrogation, le film se décline en une série d'autres, auxquelles, aux travers des images, il sera difficile de trouver des réponses. Comment rapporter une souffrance d'il y a un siècle ? Comment montrer que ce sont les hommes qui ont ordonné tant de souffrances ? Comment remonter à la surface les souvenirs de cette mémoire ayant subi les assauts impitoyables du temps? Répondant à la question d'Olivier Barlet qui lui demandait ce qu'évoque pour lui la Traite, François Woukoache dira : "C'est le début de la mondialisation. Des gens ont pensé et mis en œuvre ce commerce à l'échelle de la planète et cela a fonctionné durant plusieurs siècles. Mais le sujet du film n'est pas la Traite en soi, c'est la mémoire : comment parler de quelque chose qui n'intéresse personne aujourd'hui ? C'est ce qu'on m'a rétorqué, alors que je pense que c'est le noeud de l'Afrique actuelle. Je suis convaincu que tant que nous n'aurons pas fait le travail du deuil, moment collectif fondamental dans toute société qui permet de redéfinir son rapport au mort et les rapports des vivants entre eux, nous ne trouverons pas de nouveaux repères. Aucune réaction des intellectuels aux morts du Rwanda ! Des gens en ont découvert les images en voyant mon film !".

Les choses n'ont cependant pas été faciles, surtout quand il s'est agi de trouver des financements. Woukoache révèle : "Pendant qu'on cherchait des financements, beaucoup de gens voulaient qu'on fasse un cours d'histoire. Je ne suis ni historien ni ethnologue, et ça ne m'intéressait pas. J'ai trente ans en écrivant ce film, et me situe aujourd'hui : par quel bout prendre cette histoire si je la racontais à un enfant ? Je suis obligé de tout inventer, puisqu'il n'y a plus de traces : c'est de la fiction, c'est du cinéma. Ce n'est pas de la reconstitution, c'est du réel imaginé". Toutes choses rendues avec art, force et poésie.

Jean-Marie Mollo Olinga

Fiche technique et artistique
Réalisateur : François L. Woukoache
Scénario : François L. Woukoache
Images : Rémon Fromont
Montage : Jean Thomé
Musique : Toninho Ramos
Production : Indigo Filmproduktion, etc.
Interprétation :
Samba Sow
Awa Sène Sarr
Babacar Diène
Fabienne Loriaux (voix off)
Sidiki Bakaba (voix off)
N'goné Fall (voix off)

Support : 35mm (Couleur)
Durée : 52 min.
Année : 1995

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