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rédacteur
Jean-Marie Mollo Olinga
publié le
31/12/2008
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J.-M. Mollo Olinga

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Donzy, d'Isidore Modjo
À malin, malin et demi
Isidore Modjo a commis son deuxième long métrage, Donzy (après Emeraudes, en 2006), qui a été programmé au cinéma Abbia.

C'est l'histoire de Talom, un prospère homme d'affaires d'une cinquantaine d'années, qui mène tranquillement son train. Un jour, il reçoit un masque (baptisé "Donzy") de Rodrigue, le fils de son défunt ami Naossi, revenu d'Espagne. Cet objet d'art sera au centre de multiples convoitises, et constituera le point de départ d'une arnaque à rebondissements, où les arnaqueurs seront souvent arnaqués (d'où d'ailleurs le sous-titre du film, "L'arnaqueur arnaqué"). Ainsi conçu, le film d'Isidore Modjo est porteur d'une très belle histoire. Mais, les belles histoires suffisent-elles pour faire de bons films ?

L'accessibilité de la caméra numérique est en train de booster la production cinématographique africaine. Se situant dans ce sillage, la dernière génération des cinéastes camerounais n'hésite pas à l'empoigner, pour raconter des histoires à la première personne. Des histoires qui colportent la perception qu'ils ont de leur environnement et de leur vécu.
Cependant, et nous ne le dirons jamais assez, il est à craindre, qu'à cause de cet accès facile à la caméra, de la quantité des films tournés, la qualité ne tarde à jaillir, surtout quand les jeunes réalisateurs font preuve d'impatience, en se lançant directement dans les longs métrages, sans avoir au préalable maîtrisé les contours de la réalisation d'un film à travers les courts métrages.

Pendant deux heures et quatorze minutes, Modjo déroule l'histoire de la "feymania", un phénomène de banditisme né au Cameroun à la fin du XXème siècle, et dont la caractéristique consistait à se servir de la naïveté ou de la cupidité de certains individus, pour les dépouiller de leurs avoirs.
Hormis la plastique de ses comédiens et le jeu convaincant de ses actrices (surtout celle qui tient le rôle de Nina), ce film laisse bon nombre de spectateurs sur leur faim. Premièrement, le film est long, inutilement long. Le réalisateur ayant tenu à n'omettre aucun détail de son histoire, négligeant par conséquent, au passage, l'usage des ellipses, et oubliant que le cinéma doit d'abord suggérer, avant de montrer, et que à moins d'être un film à thème, son souci n'est pas de démontrer. Conséquemment à cet aspect des choses, Isidore Modjo ne semble pas avoir compris, tout au moins au travers de Donzy, que dans un film de cinéma digne de ce nom, il n'y a ni image, ni scène gratuites ; ni image, ni scène isolées. Or, dans Donzy, il est pourtant des images et des scènes dont la présence est sujette à caution.
Exemples, parmi tant d'autres : cette fille aux seins énormes qui tiennent difficilement dans son soutien-gorge, et qui est filmée en courant sur la plage ; ou bien cette scène précédant la commande d'un nouvel ordinateur à écran plat, après le cambriolage du bureau de Talom. Ou encore celle des retrouvailles de Yves et de l'une de ses nombreuses conquêtes à la plage, etc.
Faisant fi de la longueur inexplicable de la plupart des scènes, nous ne pouvons pas ne pas nous interroger quant à la maîtrise du langage et de la grammaire cinématographiques par le réalisateur. Sinon, comment comprendre que le Prince des Océans, qui vient de réussir un coup de 150 millions, soit filmé en plongée ; ou que Yves qui, alors qu'il vient d'être dévalisé et qu'il en rougit, on ait de lui une vue frontale ?

Concernant le jeu des acteurs, hormis la prestation de Nina, des deux rivales amoureuses de Yves, de la "Dada" du Prince des Océans, et, relativement, de Rodrigue ou du Prince des Océans, manifestement, il y a eu erreur de casting, à moins que ce ne soit là les limites de la direction d'acteurs. L'un des premiers rôles, Talom, est mauvais, très mauvais. Non seulement il joue avec des airs empruntés, mais en plus, son texte est récité, avec malheureusement des problèmes de diction. Sur son lit d'hôpital, il n'arrive pas à dire correctement "arnaque" (il prononce "anarque"). À la séquence d'ouverture déjà, il se reprend sur "il est". Yves est par trop théâtral, et parle parfois comme dans un spot publicitaire, à l'exemple de sa toute première rencontre avec Talom dans son bureau. Au cinéma, les acteurs, entre autres, se doivent de distiller leurs émotions de façon différente, et selon les moments et la grosseur des plans.

Et la musique alors ? Isidore Modjo l'utilise comme un simple fond sonore. Dans Donzy, elle occupe l'oreille, tout au long du film, plus qu'elle ne libère l'œil. Par conséquent, elle ne fait pas "écouter le cinéma", car ne jouant presque aucun rôle dans la perception des images.
À la fin, Donzy apparaît comme un film moralisateur : "Nous vivons dans une jungle, que Dieu nous vienne en aide". Le réalisateur serait-il fataliste ? En tout cas, avec Donzy, il a démontré qu'il ne suffit pas d'avoir une belle histoire pour faire un bon film.

Jean-Marie Mollo Olinga

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