actuellement 17433 films recens√©s, 2916 textes recherche | » english  
films r√©alisateurs acteurs producteurs distributeurs festivals agenda pays espace personnel  
  critiques»
  dossiers»
  analyses»
  entretiens»
  comptes rendus de festivals»
  reportages»
  documents»
  ateliers»
  Zooms»
  r√©dacteurs»
  √©crans d'afrique»
  Asaru»
  lettre d'info
  inscription»
  desinscription»
  archives »
  liens»
  d√©p√™ches »
  nouvelles de
la f√©d√©ration»
  la f√©d√©ration»
  contacts»
  partenaires»
  accueil»




 
    
rédacteur
Moussa Bolly
publié le
22/03/2009
Ľ films, artistes, structures ou √©v√©nements li√©s √† cette critique
Ľ les commentaires li√©s √† cette critique

Moussa Bolly




Adama Drabo


Adama Drabo et Ladji Diakité


Adama Drabo

retour
 
Fantan Fanga, d'Adama Drabo et de Ladji Diakité
Quand la démocratie se nourrit de crimes rituels
21ème Fespaco, Ouagadougou 28 février-07 mars 2009
C'est dans une salle "Burkina" de Ouagadougou pleine √† craquer que Fanta Fanga, unique long m√©trage malien en comp√©tition au 21 Fespaco, a √©t√© projet√© le lundi 2 mars 2009. Cette Ňďuvre, la seconde d'une trilogie ax√©e sur le pouvoir, ne convainc pas autant que Ta dona ou Taaf√© Fanga, mais elle suscite beaucoup de commentaires en sa faveur.

"Le pauvre a tort", a-t-on l'habitude d'entendre ici et là. Une sentence qui traduit l'impuissance du pauvre face à l'oppression, à l'injustice, à l'humiliation et à la spoliation de ses biens et droits. Pourtant, Fantan Fanga (Pouvoir des pauvres) d'Adama Drabo et Ladji Diakité nous démontre tout le contraire.

Seul long m√©trage malien en comp√©tition √† la 21e √©dition du Festival panafricain du cin√©ma et de la t√©l√©vision de Ouagadougou (Fespaco, du 28 f√©vrier au 7 mars 2009), la trame de cette Ňďuvre porte sur une v√©ritable et antique trag√©die de la soci√©t√© malienne ainsi qu'une tare de l'√®re d√©mocratique : les crimes rituels. Ils se multiplient √† la veille des √©lections. En effet, c'est la p√©riode √† laquelle les disparitions d'enfants albinos sont les plus nombreuses. C'est aussi le moment o√Ļ sourds-muets, non-voyants et autres nains sont les plus en danger.

Malheureusement, Lassy (Ousmane Wélé Diallo) n'échappera aux chasseurs d'albinos. Le film commence avec la troupe des "Sans Voix", un groupe que l'un des protagonistes a mis en place en souvenir de sa mère, une handicapée. Ce dernier se rend chez un journaliste pour lui faire des propositions d'affichage sur la campagne électorale qui pointe à l'horizon.
Au retour de cette visite, son ami albinos est agressé et tué. On lui prélève la tête. Toute l'histoire part de là. C'est ainsi que le promoteur de la troupe et une policière stagiaire ouvrent une enquête. Une étrange enquête, qui leur permet de voir toutes les facettes cachées de la société moderne malienne.

Ce second volet est inspir√© du v√©cu quotidien. "Ce sc√©nario a √©t√© motiv√© par les sacrifices rituels d'une fillette vers Kangaba et d'un petit gar√ßon sur I'√ģle de la Cit√© du Niger √† Bamako", a d√©clar√© Adama Drabo. Pour lui, le Mali, en tant que pays d√©mocratique ne doit pas composer avec des tares comme le sacrifice humain.

En cette période de mégalomanie et d'injustice, que reste-t-il aux pauvres pour obtenir justice ? Les pauvres ont-ils un pouvoir ? Oui, répondent Adama et Ladji. Et le pouvoir du pauvre réside dans sa croyance aux traditions. Un thème cher à Adama Drabo. D'ailleurs, le film est un conte. Comme autour de grand-mère ou grand-père au coin du feu, le scénario prend la forme d'un conte narré par Tanti (Madina Ndiaye), la non voyante virtuose de la kora.
Tout un symbole. Comme ce poste téléviseur (modernisme) qu'on éteint pour mieux se concentrer sur le conte, pan important de l'éduction traditionnelle, que les jeunes auditeurs promettent de transmettre aux futures générations. Le décor est bien planté dans l'Afrique de la tradition orale !

Des symboles pour une cause

Quand la morale est √©branl√©e, les vertus foul√©es au pied et les valeurs bafou√©es ; quand la m√©galomanie transforme l'homme en crocodile pour ses semblables afin de mieux assouvir ses ambitions sordides, quand des flics pourris et leurs acolytes veulent √©touffer la v√©rit√© sur leurs crimes, que reste-t-il aux pauvres victimes ? Le courage ! La t√©m√©rit√© d'un jeune artiste (Souleymane Diakit√© dans le r√īle de Fafa), d'une journaliste (Kadidia Kansaye, Louise dans le film) et d'une jeune polici√®re (Doussou, Dj√©n√©bou Kon√©) autant d√©termin√©e √† se faire respecter de la hi√©rarchie que de donner une meilleure image √† sa profession.
D√©cid√©ment, nos deux r√©alisateurs aiment les symboles. Les journalistes et les artistes sont r√©put√©s pour √™tre des avocats des "Sans voix", le nom de la troupe th√©√Ętrale de Fafa, l'ami de l'albinos d√©capit√© pour maintenir la supr√©matie du parti au pouvoir. C'est donc au prix du courage et de la pers√©v√©rance d'un artiste, du journal "La Patrie" et d'une jeune polici√®re que justice est rendue √† Lassy.

Le sera-t-il √† tous les "Sans Voix". Rien n'est moins s√Ľr, surtout dans un pays comme le Mali o√Ļ les d√©nonciations de la presse et des artistes tombent dans des oreilles sourdes et ne sont suivies d'aucun effet. Dans Fanta Fanga, il a fallu la fermet√© du pr√©sident (Assane Kouyat√©), qui a d√©cid√© de respecter la constitution en quittant le pouvoir au bout de son mandat (un autre d√©bat d'actualit√© au Mali o√Ļ on se demande quelles sont les ambitions r√©elles du pr√©sident Amadou Toumani Tour√©, trois ans avant la fin de son second et dernier mandat), pour que l'enqu√™te sur l'assassinat du jeune Lassy soit relanc√©e, les coupables arr√™t√©s et punis. Nos d√©cideurs ont-ils ce courage ? Si tel √©tait le cas, la justice malienne serait assainie et les forces de s√©curit√© d√©barrass√©es de leur gangr√®ne apr√®s dix huit ans de d√©mocratie.

M√™me si √† la fin de Taaf√© Fanga (Pouvoir du pagne) les femmes reviennent √† de meilleurs sentiments et c√®de la "culotte" de chef de famille √† leurs √©poux, elles ont toujours les premiers r√īles dans les Ňďuvres d'Adama Drabo √† l'image de Doussou, Louise‚Ķ Et, visiblement, ce n'est pas par hasard si la troupe des "Sans Voix" est majoritairement constitu√©e de femmes. En effet, elles sont les premi√®res victimes directes et collat√©rales de ces crimes rituels.
Le pouvoir du pauvre, comme nous le démontrent Ladji Diakité et Adama Drabo, est réel : C'est son énergie vitale ! C'est aussi le Gnama (malédiction) qui résulte de son oppression, de l'injustice et des humiliations dont il est victime.

Une mal√©diction qui, au finish, n'√©pargne aucun criminel. Fantan Fanga sera-t-il autant puissant pour offrir au Mali son 4e Etalon du Yennenga au Fespaco. Ce qui est s√Ľr, la concurrence sera rude, m√™me si l'Ňďuvre est d√©j√† bien accueillie par les festivaliers !

Moussa Bolly

haut de page


   liens films

Doni Fanga (Le pouvoir du savoir) [inachevé]
Adama Drabo

Fantan Fanga (Le pouvoir des pauvres) 2008
Adama Drabo, Ladji Diakité


   liens artistes

Budin Laure


Diakité Ladji


Diakité Souleymane


Drabo Adama


Ouane Moussa


Togo Léopold


   ťvŤnements

28/02/2009 > 07/03/2009
festival |Burkina Faso |
FESPACO 2009 (Festival Panafricain du Cinéma et de la télévision de Ouagadougou)
La 21e édition se tiendra du 28 février au 07 mars 2009. 40ème anniversaire

   liens structures

AMACRI (Association Malienne des Critiques du Cinéma)
Mali | BAMAKO

FAR (Films Afrique Réseau)
Sénégal | DAKAR

FESPACO
Burkina Faso | Ouagadougou 01

haut de page



   vos commentaires
vos commentaires sur cette critique :
   
 
  ajouter un commentaire
   

haut de page

 

 

 

 

?>