actuellement 18087 films recensés, 3138 textes recherche | » english  
films réalisateurs acteurs producteurs distributeurs festivals agenda pays espace personnel  
  critiques»
  dossiers»
  analyses»
  entretiens»
  comptes rendus de festivals»
  reportages»
  documents»
  ateliers»
  Zooms»
  rédacteurs»
  écrans d'afrique»
  Asaru»
  lettre d'info
  inscription»
  desinscription»
  archives »
  liens»
  dépêches »
  nouvelles de
la fédération»
  la fédération»
  contacts»
  partenaires»
  accueil»




 
    
rédacteur
Baholy Andriamoratsiresy
publié le
08/10/2009
films, artistes, structures ou événements liés à cette critique
les commentaires liés à cette critique

Baholy Andriamoratsiresy




Idrissa Ouedraogo, Yaoundé, 2009


Afriques, mes Afriques, 2008, coffret 5 DVD : courts métrages d'Idrissa Ouédraogo - Yam Daabo (Le choix) - Samba Traoré - Le cri du coeur - Kini et Adams, paru le 20 octobre 2008, POM Films


Bakary Sangaré: "Samba Traoré"


Mariam Kaba (Saratou)

retour
 
Samba Traoré d'Idrissa Ouédraogo, 1992
La morale est sauve

Sorti gagnant d'un braquage auquel il a participé, Samba (Bakari Sangaré) fuit la loi, mais il fuit aussi sa propre pensée. Suivi par ces deux lièvres, Samba essaie d'être l'homme le plus paisible possible.

Idrissa Ouédraogo nous plonge dans une course poursuite du personnage avec sa propre conscience. En délaissant l'enquête policière, le réalisateur nous livre les inquiétudes de l'entourage de Samba, une enquête plus humaine, plus sociale. Le dénouement de l'intrigue repose sur les hypothèses des villageois. Ces derniers s'interrogent sur la trop rapide richesse de Samba.
Idrissa Ouédraogo permet aux spectateurs d'avoir une avance par rapport aux personnages. Ainsi, le réalisateur, Samba et les spectateurs sont les seuls qui connaissent la cause de la brutalité de Samba quand il perd son sang froid, mais surtout la source de sa fortune soudaine. Les voisins sont eux dans l'ignorance. Par contre, seul le réalisateur connaît comment se termine l'aventure de Samba qui est dans la même situation que les spectateurs. Quand le temps et l'action rentrent en jeu, l'attente devient passionnante.

Le passé de Saratou (Mariam Kaba), l'Orphée de Samba Traoré, la rattrape avec l'irruption d'Ismaël (Hippolyte Wangrawa) dans le récit. "Qui est Ismaël par rapport à toi ?" demande Samba (intrigué) à Saratou. La question qui se pose est : qui est Ismaël par rapport à Samba ?
D'ailleurs, chaque personnage a son propre lien au personnage principal qu'est Samba Traoré. Ces liens se construisent dans la structure de la narration, ainsi que dans le symbolisme de l'image.
Dans la belle séquence qui réunit beau-père et beau-fils, Samba entretient un lien fort avec Ali, le premier enfant de Saratou. Ali purifie la souillure morale de Samba et cette innocence incarnée par l'enfant nu lave la honte de Samba.

Ombre et lumière dans Samba Traoré, contraste ou fusion ?

Dépourvus d'artifices, les décors naturels extérieurs de la campagne accroissent le réalisme du drame social d'Ouédraogo. Ceci dit, la maison de Samba construite par d'autres "matériaux" que celles des autres villageois n'a pas sa place dans ce monde encore pur.

Deux natures d'images sont mises en relief. L'ombre et la lumière, la nuit et le jour. Samba Traoré commence en extérieur nuit et se termine en extérieur jour. En effet, l'intérieur du drame qui est la profondeur du film se situe entre deux points en contraste : la route goudronnée et la route secondaire, les voitures diesel 4x4 et les charrettes tirées par l'âne, la pureté de là où tout est encore brut et l'aspect lisse de la ville., et enfin la terre aride et les répétitions des formes géométriques.

Samba Traoré, l'homme ambitieux et arrogant.

Idrissa Ouédraogo joue sur l'échelle de plan pour représenter l'être humain et son ambition de dominer l'espace. L'image de l'homme change entre l'espace urbain et celui rural. Les personnages gagnent en grandeur dans les images urbaines. Ils sont traités d'égal à égal avec l'espace qui l'entoure, le champ filmique.
Par contre, Samba est écrasé par le décor naturel à son retour au village. La grandeur des rochers et des arbres dans la campagne, ainsi que le nombre de moutons et des enfants qui l'attendent avec joie rétrécit l'arrogance du personnage. Son pouvoir et sa domination n'ont plus leur place.
Trois éléments rabaissent Samba, l'homme ambitieux et arrogant. D'abord la nature qui est symbolisée par l'arbre et les rochers. Ensuite la pureté, symbolisée par les moutons blancs et l'eau douce. Et enfin, l'innocence incarnée par les enfants.

Bakari Sangaré incarne Samba, le tragique ; tandis qu'Abdoulaye Komboudri interprète Salif, le comique. Ce dernier est le meilleur ami de Samba. Second rôle, l'acteur joue sans en faire trop sur la comédie. Il est déjà drôle en lui-même. Ses mimiques et sa voix correspondent toujours à ses rôles dans sa filmographie, comme Delwendé (Lève-toi et marche !), ou bien dans Sia, le rêve du python ; des rôles loyaux et honnêtes, et surtout hilarants. Même dans une action dramatique, Abdoulaye Koumboudri dégage toujours un air comique et dynamique, l'acteur seul pourra savoir les autres secrets de son aspect comique. Bakari Sangaré, quant à lui, joue dans un ton de culpabilité. Son personnage est dérangé jusqu'au bout par la pensée de son action ; sa première humiliation est la reconnaissance de ses actes par lui-même.

Baholy Andriamoratsiresy

Fiche technique :
Réalisateur : Idrissa Ouédraogo
Pays du réalisateur : Burkina Faso
Production : Les films de la plaine ; Les films de l'avenir ; Waka films ; Films A2
Pays de production : Burkina Faso ; Suisse ; France
Durée : 85 minutes.
Genre : drame social
Type : fiction

Synopsis : Samba participe au braquage d'une station service. Il arrive à s'enfuir avec le butin et rentre dans son village natal. Il y ouvre un bar et dilapide son argent. Tout le monde s'interroge sur l'origine de sa fortune. Amoureux de sa belle Saratou, il se marie mais l'abandonne quand elle doit accoucher en ville…
Scénario : d'Idrissa Ouédraogo ; Jacques Arhex ; Santiago Amigorena
Mise en scène : Idrissa Ouédraogo
Images : Pierre Laurent Chenieux ; Mathieu Vadepied
Son : Alix Comte ; Dominique Hennequin ; Sabine Boss
Musique : Lamine Konté ; Faton Kahen
Casting : Bakari Sangaré (Samba) ; Mariam Kaba (Saratou) ; Abdoulaye Koumboudri (Salif) ; Irène Assembedo (Binta) ; Hippolyte Wangrawa (Ismaël).

Dvd : La médiathèque des Trois mondes M3M.
Ours d'argent Berlin 1993.

haut de page


   liens films

Samba Traoré 1992
Idrissa Ouedraogo


   liens artistes

Kaba Mariam


Komboudri Abdoulaye


Ouangrawa Hyppolite


Ouedraogo Idrissa


Sangaré Bakary


Tassembédo Irène


   liens structures

Films de l'Avenir (Les)
Burkina Faso | OUAGADOUGOU

Films de la plaine (Les)
France | Montreuil sous bois

France 2 Cinéma (ex France Films A2)
France | PARIS

Médiathèque des Trois Mondes (M3M)
France | PARIS

Waka Films
Suisse | Affoltern Am Albis

haut de page



   vos commentaires
vos commentaires sur cette critique :
   
 
  ajouter un commentaire
   

haut de page

 

 

 

 

?>