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rédacteur
Médard Gandonou
publié le
08/02/2011
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Identité malsaine


Tournage du film Identité malsaine


Identité malsaine


Tournage du film Identité malsaine


Tournage du film Identité malsaine


Le réalisateur Amog Lemra et ses actrices du film Identité malsaine


Coulisses du film Identité malsaine


Le réalisateur Amog Lemra et ses acteurs (Tella Kpomahou, Djédjé Apali,...).


Quintessence 2011, Ouidah

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Identité malsaine, d'Amog Lemra
L'immigration sélective en dérision à l'écran
Identité malsaine du Congolais Amog Lemra a été tourné en 2010 en France, un pays dont il dénonce les tares.
Le film est en compétition au Festival international de film de Ouidah 2011, pour le Python à lèvres blanches (prix de la sélection "Demain c'est Aujourd'hui"), remporté par la fiction Danse sacrée à Yaka du Burkinabè Guy-Désiré Yaméogo.
Identité malsaine a été sélectionné en section PANORAMA TV/ VIDEO à la 22ème édition du FESPACO (Festival Panafricain du Cinéma et de la télévision de Ouagadougou), 26 février - 05 mars 2011.

"Campagne d'intégration. Venez-vous servir. Devenez français. Dépêchez-vous mes frères. Les temps sont durs…". Le film Identité malsaine s'ouvre ainsi sur une alternance de plans en plongée et contre-plongée sur une foule qui se bat pour une place pour la nationalité française face à un recruteur d'Africains qui vante les avantages liés à la nationalité française.
Dès le départ, ces plans du film posent un rapport de complexe entre l'occident symbolisé par le recruteur d'africains mis matériellement sur un piédestal plus relevé et la foule des Noirs en posture plus basse.

Ce complexe de supériorité d'une race sur autre, d'une couleur par rapport à l'autre sous-tend le projet d'éradication de la race noire du territoire français, porté par Victor, l'homme politique.
Conseiller du ministre de l'immigration et de l'identité nationale, Victor croit atteindre son but par un processus progressif de couplage entre noirs et blancs afin d'obtenir une race métissée qui participera à "blanchir" la société française. Il s'associe Alphonse et Teddy, deux Africains noirs engagés pour son projet.

La thématique de Identité malsaine est actuelle, très captivante et d'intérêt certain pour la jeunesse africaine. Il s'agit du phénomène de l'émigration des Africains vers l'Occident. Les débats politiques internes des pays de l'Afrique - y compris celui du réalisateur Amog Lemra, la République du Congo - n'en sont pas encore venus à bout.
Dans son premier film, "La Tombe d'un rêve", le réalisateur congolais avait su affirmer sa position face au phénomène par une thérapie des images chocs. Ce débat est actualisé par la nouvelle donne politique d'immigration sélective de la France. Avec son dernier long métrage qui s'inscrit ainsi dans un registre de fiction politique, Amog Lemra tourne en dérision une politique qui déshumanise les relations humaines et n'est que la traduction de la folie raciste d'un individu.

Déjà, dès le début du film (où l'accouplement avec une personne blanche est érigé au rang des critères d'octroi de nationalité), on se rend compte que beaucoup d'outils comiques sont usés par le réalisateur pour grossir le trait et susciter le rire. Comique de langage qui se décline à travers des déclarations grossières et caricaturales à l'image du Conseiller Victor qui félicite un de ses adjuvants noirs en ces termes : "grâce à toi, on va se débarrasser des Moussa…" et "avoir une race blanche sans aucune tâche noire". Comique de situation, à travers par exemple un Conseiller qui, tout en conduisant son projet d'éradication des Noirs, s'offre une dame de chambre noire.

Amog Lemra, par la satire, pousse les limites de la politique d'immigration sélective de la France. Une caricature sociopolitique qui interpelle la conscience humaine et présente son réalisateur Amog Lemra comme un militant de la cause noire en Occident. Il en avait présenté des signes dans son premier film "La tombe d'un rêve".

Et quand bien même après ce premier film, le réalisateur a voulu voiler son militantisme par une certaine théorie de la réalité, ce premier a pu créer un horizon d'attente, dans le sens du concept husserlien.
Du coup, le film devient quelque peu prévisible malgré l'originalité et l'audace qui caractérise l'histoire. Le spectateur s'attend à ce que le personnage joué par Djédjé Apali - symbole du Noir en aventure, prêt à tout pour la nationalité française - subisse des difficultés et humiliations mais atteigne son but. C'est le classique des narrations auquel Amog Lemra n'a pas su échapper.

Les espaces généralement utilisés par le réalisateur pour son tournage sont étroits et expriment bien ainsi les conditions de vie de l'homme noir en France. En plus, il choisit, dans ces cadres réduits, de montrer en pied les personnages noirs. Ce choix des plans moyens, très fréquents dans le film, accentue l'exiguïté des cadres de vie des noirs et met en relief le rôle du corps, dans cette procédure d'obtention de nationalité.
Mais à l'opposé de cet espace réduit, le film même présente un débit et un rythme très large ou trop lent, s'emballant quelque fois dans des récitations inutiles qui estompent l'attention du spectateur et donnent l'impression de parades du réalisateur pour allonger son film. À l'image de cette séance d'apprentissage des nouvelles habitudes alimentaires françaises à Djédjé ou des discours de la cérémonie d'attribution de la nationalité française à Djédjé. Ainsi, ce film débarrassé de ces rallonges, serait resté dans un format moyen métrage qui donnerait plus de rythme et échapperait à cette lenteur caractéristique du cinéma francophone et qui en constitue dans le même temps une limite.

Médard GANDONOU

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