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rédacteur
Ahmed Bouhrem
publié le
21/02/2011
» films, artistes, structures ou événements liés à cette critique
» les commentaires liés à cette critique



LA BOUE - العزعز




THE STADIUM, Ala Eddine Slim


Ala Eddine SLIM, réalisateur






CONDAMNATIONS (تنديد), Walid Mattar


Walid Mattar, réalisateur


IL ÉTAIT UNE FOIS L'AUBE - باد سوسايتي - M. Ali Nahdi


ALBUM - ألبوم - de Shiraz Fradi


Shiraz Fradi, réalisatrice




GLAÇONS - ثلج - de Bahri Ben Yahmed






LINGE SALE - صابون نظيف - Malik Amara




Ridha Behi, réalisateur






Nouri Bouzid, réalisateur



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Tendances du jeune cinéma tunisien ?

Le rideau est tombé il y a un mois, sur la sixième édition de Tunis Tout Court. Cette manifestation organisée par l'Association Tunisienne pour la Promotion de la Critique Cinématographique, l'ATPCC, avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine est devenue en peu de temps un rendez-vous incontournable dans le paysage cinématographiques tunisien et une véritable bouffée d'oxygène pour le court métrage, ce parent pauvre du cinéma, toujours privé de sortie commerciale.

Deux grandes tendances : radicale / intimiste

Durant trois jours et en cinq séances, le public a pu voir ou revoir une vingtaine de films récents, en majorité des fictions, un nombre légèrement inférieur à la totalité des courts réalisés cette année, abstraction faite des documentaires. Cette profusion dans la production est de bon augure, elle est la preuve que le secteur du cinéma et plus particulièrement celui des films à petit budget est en plein essor. Cette situation est en quelque sorte dans l'ordre naturel des choses, si l'on sait que quatre écoles, privés et publics, préparent aux métiers du cinéma. Les écoles des Beaux-Arts, au nombre de quatre, elles aussi, comptent toutes une filière dédiée à l'audiovisuel. Au terme de cette manifestation un constat s'impose : sur le plan technique, les films tunisiens sont d'une bonne qualité, tant au niveau de l'image qu'à celui du son.
L'on a pu voir même dans deux films La boue (de Amen Gharbi) et Le stade (d'ailleurs produits tous les deux par la même enseigne : Exit Production), une bonne maîtrise des effets spéciaux visuels et surtout sonores. Cela est une preuve de plus de la bonne formation dispensée dans nos établissements, et d'un savoir-faire accumulé depuis des années. Les techniciens tunisiens : les directeurs de photo, les ingénieurs de son et les monteurs ont souvent été sollicités pour collaborer à des productions africaines surtout.


Teaser of "The stadium" a narrative short movie by Ala Eddine Slim from ismaël on Vimeo.



Sans tomber dans la généralisation, cette sixième édition nous permet de dessiner deux grandes tendances du jeune cinéma tunisien.

La tendance radicale

Un cinéma qu'on pourrait appeler de la crudité, dans le sens où les auteurs de ces films n'ont pas hésité à représenter des actes de violence, de souffrance notamment dans La boue et des insultes à profusion. C'est le cas des films tels que Le stade (Alaeddine Slim), Le pont (Ali Hassouna), Condamnation (Walid Mattar) ou Il était une fois l'aube (Mohamed Ali Nahdi). Ces quatre films accompagnent tous les virées nocturnes d'un personnage et explorent l'espace investi par celui-ci.
Les bas-fonds de la ville constituent le cadre d'une errance qui se solde souvent par un échec. Ce parti pris esthétique pour la crudité d'une part, et cette tonalité pessimiste d'autre part, pourraient être interprétées comme un refus de la représentation prudente et soignée, que véhiculent et la télévision et certains longs métrages des années 2000 d'une société en pleine mutation et l'expression d'un malaise qui couve depuis longtemps. Par les thématiques abordées et l'espace dépeint, ces films se dirigent vers un cinéma plus réaliste, plus "brut", un "cinéma de rue".

Teaser for "The bridge" a narrative short movie by Ali Hassouna from ismaël on Vimeo.



La tendance intimiste

Face à ce cinéma radical, existe une autre tendance qu'on pourrait qualifier d'intimiste. Elle englobe des films comme Album de Chiraz Fradi, Tabou de Meriem Riveill, Glaçons de Bahri Ben Yahmed ou Mouja de Mohamed Ben Attia. Ces films privilégient comme cadre de l'action un intérieur, le plus souvent le chez soi et mettent en scène des personnages dans un moment de questionnement lancinant.
Dans le premier film de cette catégorie, une jeune fille s'interroge sur les mystères de la sexualité et de la procréation. Mais l'intrigue part un peu dans tous les sens et manque et de cohérence et de profondeur.
Le deuxième film, s'ouvre sur un moment décisif de la vie d'une jeune lycéenne. Suite à un flirt avec son copain, celle-ci replonge dans sa mémoire pour revivre les moments douloureux de son viol, lorsqu'elle était enfant - sur l'identité de l'auteur, le film reste obscur. Le souvenir est poignant et les stigmates perdurent encore. Seul un chant qu'elle entonnait, enfant, alors, pourrait cicatriser cette plaie ouverte à jamais. À cet égard le plan final sur fond noir, d'où surgit cette incantation rend sensible ce désir de retrouver une innocence et une pureté perdues.
Le troisième film Glaçons traite quant à lui, de la relation d'un quadragénaire vivant avec sa mère tombée dans un état comateux. Sa volonté de la conserver, quoique morte, ou plutôt de conserver son cadavre donne à voir son extrême solitude. Son célibat, son désœuvrement et le récit de ses souvenirs d'enfance laissent transparaître un attachement excessif voire pathologique à sa mère. Le personnage affiche son désir de se confiner dans son rôle d'enfant ou du fils et refuse de s'assumer en tant qu'adulte. La disparition de la mère le prive du rôle qu'il a joué jusqu'alors et le met en face de lui-même. Inspiré à la fois de Parle avec elle et de Psychose, le cinéaste n'a pas pu, lui non plus, se libérer de l'emprise du maître, Hitchcock ; la séquence tournée dans la salle de bains reprend d'ailleurs quelques plans de la célèbre scène du meurtre.

Dans un tout autre registre, Mohamed Ben Attia, dans Mouja (La vague), a mis en scène le rapport d'un petit-fils avec sa grand-mère, laquelle lui raconte à trois reprises l'histoire de sa cicatrice au genou. Adolescent puis adulte, ce dernier lui rappelle les détails de la première version. Le croisement des deux points de vue et les rectifications apportées, à chaque récit, par le petit-fils mettent en lumière l'effritement progressif de la mémoire devant l'assaut de la vieillesse.
Parti dans un cadre plutôt ouvert et éclairé ; le balcon de l'appartement, l'espace se rétrécit et s'obscurcit au fur et à mesure que les souvenirs s'estompent ; la dernière scène a lieu, la nuit, dans la chambre éclairée seulement par une veilleuse. Optant pour une mise en scène simple, où prédominent les plans fixes, un dialogue sans fioritures et un jeu maîtrisé, le cinéaste a su éviter le pathétique et a réussi à nous émouvoir.

L'entre-deux

Linge Sale de Malik Amara se situe à mi-chemin entre ces deux tendances. Reprenant la même idée que son premier court, Poisson Noyé - une femme s'impatientant de voir son mari mourir - et s'inspirant de Kusturica, ce deuxième film confirme chez ce jeune cinéaste dans le genre comique.
Le cinéaste a réussi en l'espace de quelques minutes à nous faire rire, mais aussi à nous faire rallier à la cause de cet employé de poste ; se débarrasser de son épouse, une mégère devenue, de plus en plus, insupportable.
Mais par moment le film, bascule dans l'excès, voire dans l'invraisemblance. L'accoutrement de la femme ainsi que les propos qu'elles profèrent tiennent plus de la farce que de la comédie.

Linge Sale from Louka on Vimeo.



Audace et contestation

À y voir de près, le cinéma tunisien surtout des années quatre-vingt et quatre vingt dix a porté la marque de l'audace, en abordant des thèmes aussi délicats que les effets pervers du tourisme sur la société tunisienne, la torture, la condition féminine ou la violence urbaine. Tout en contestant, en filigrane une certaine représentation de la société tunisienne, ces jeunes cinéastes seraient, sans le savoir, les continuateurs de leurs prédécesseurs, lesquels ont marqué les esprits par des films comme Seuils Interdits, Soleil des hyènes de Ridha Béhi, L'homme de cendres et Sabots en or de Nouri Bouzid, La trace de Najia Mabrouk ou Saïda de Mohamed Zran. L'esprit qui anime les jeunes cinéastes est le même : briser les tabous. Mais son expression a changé de couleur, elle est moins politique et plus sociale.

Ahmed BOUHREM

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   liens films

Album - ألبوم 2010
Shiraz Fradi

Boue (La) - العزعز 2010
Amen Gharbi

Condamnations (تنديد) 2010
Walid Mattar

Essaïda 1995
Mohamed Zran

Glaçons 2010
Bahri Ben Yahmed

Homme de cendres (L') 1986
Nouri Bouzid

Il était une fois l'aube - باد سوسايتي 2010
Mohamed Ali Nahdi

Linge sale - صابون نظيف [Réal: Malik Amara, Tunisie] 2010
Malik Amara

Mouja (La vague) - موجة 2010
Mohamed Ben Attia

Pont (Le) [Réal: Ali Hassouna] 2010
Ali Hassouna

Sabots en or (Les) 1988
Nouri Bouzid

Seuils interdits 1972
Ridha Behi

Soleil des hyènes (Le) 1976
Ridha Behi

Stade (Le) - ستاد 2010
Ala Eddine Slim

Tabou - بيضاء 2010
Meriem Riveill

Trace (La) | Al-sâma 1988
Nejia Ben Mabrouk


   liens artistes

Amara Malik


Behi Ridha


Ben Attia Mohamed


Ben Mabrouk Nejia


Ben Yahmed Bahri


Bouzid Nouri


Fradi Shiraz


Gharbi Amen


Hassouna Ali


Mattar Walid


Nahdi Mohamed Ali


Riveill Meriem


Slim Ala Eddine


Zran Mohamed


   évènements

28/12/2010 > 30/12/2010
festival |Tunisie |
Tunis Tout Court 2010
6ème édition

   liens structures

ATPCC (Association Tunisienne de la Promotion de la Critique Cinématographique)
Tunisie | TUNIS

Atria/Atriascop
France | PARIS

Barney Production
France | PARIS CEDEX 10

Exit Productions
Tunisie | TUNIS

GREC (Groupe de Recherches et d'Essais Cinématographiques)
France | Paris

Inter Médias Production
Tunisie | TUNIS

J.S. Productions
France | IVRY-sur-SEINE

JS Productions [Tunisie]
Tunisie | BIZERTE

Ministère de la culture et de la sauvegarde du patrimoine (Tunisie)
Tunisie | TUNIS

Nomadis Images
Tunisie | La Marsa

Propaganda Production
Tunisie | TUNIS

Sangho Films
Tunisie | Tunis

Ulysson
Tunisie | El Omrane Tunis

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   vidéos
   

 

Linge sale, de Malik Amara
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