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Reconnaissance. Anciens combattants, une histoire d'hommes (La)
Didier Bergounhoux, Claude Hivernon
Moyen | France | 2005

 

 

 

descriptif

Ce documentaire nous emmène à Ouagadougou et Bobo Dioulasso à la rencontre des derniers combattants burkinabé de l'armée d'Afrique française.
Appelés ou volontaires, incorporés dans les bataillons de tirailleurs, ils ont quitté leur pays pour prêter main-forte à la France lors de la seconde guerre mondiale, en Algérie ou en Indochine.
De retour au pays, ils ont laissé derrière eux un oncle, un frère, mort au combat. Certains ont payé dans leur corps le prix de la victoire.
Aujourd'hui encore, les souvenirs sont douloureux.
Oubliés, réduits au silence sur cette sombre période de l'histoire, ces hommes espèrent de la France une reconnaissance qui ne vient pas.
Avec pudeur, ils racontent leurs attentes, leurs espoirs et partagent avec nous la simplicité de leur quotidien. Sans amertume, ils évoquent leurs engagements.





L'HISTOIRE DES TIRAILLEURS SENEGALAIS

Le corps des Tirailleurs Sénégalais a été créé en 1857 par Napoléon III, sous l'impulsion de Louis Faidherbe, Gouverneur Général de l'Afrique de l'Ouest française, désireux de se doter d'unités de combat indigènes, afin de pallier à l'insuffisance des effectifs provenant de métropole.

- LES ORIGINES DES TIRAILLEURS

De 1857 à 1905, les régiments des Tirailleurs étaient constitués d'esclaves affranchis rachetés par les français à leurs maîtres
africains. Ces effectifs furent progressivement renforcés par des prisonniers de guerre et des volontaires. Vers la fin du XIXèmesiècle, des membres des classes dirigeantes traditionnelles africaines intégrèrent le corps comme sous-officiers. Les Tirailleurs étaient loin d'être tous sénégalais mais venaient de l'ensemble des colonies françaises d'Afrique. Les ethnies Bambara et Toucouleur étaient très représentées.
Après 1905, les Tirailleurs prirent une plus grande importance, due d'une part au besoin de forces de police efficaces sur l'immense territoire africain sous administration française,en raison de problèmes d'insécurité liés à des révoltes sporadiques (en Mauritanie, au Maroc), et d'autre part à leur déploiement hors d'Afrique, après le déclenchement de la 1ère Guerre Mondiale et afin de renforcer les troupes engagées sur le front lorrain.
Beaucoup d'officiers généraux français de la 1ère Guerre Mondiale ont commencé leur carrière comme officier chez les Tirailleurs, à commencer par les Maréchaux Joffre, Gallieni ou encore le Général Mangin. Ce dernier en avait d'ailleurs tiré un ouvrage intitulé La Force Noire, dans lequel il faisait l'apologie des troupes africaines, avec toutefois des arguments qui sentaient bon le racisme (il défendait encore entre autres l'idée que les Africains avaient un système nerveux moins développé et donc moins sensible à la douleur).

- LES TIRAILLEURS PENDANT LES GUERRES

En 1914, on comptait 14 000 Tirailleurs sénégalais en Afrique de l'Ouest et 15 000 à l'extérieur, principalement au Maroc.
Six bataillons furent immédiatement envoyés en France à la mobilisation et des Tirailleurs furent engagés sur le front dès le début
des combats.
En octobre 1915, près de 30 000 nouveaux conscrits et volontaires avaient renforcé les troupes déployées en France.
Un décret du 9 octobre 1915 ordonna la mobilisation des Africains de plus de 18 ans et un bonus de 200 francs pour les volontaires. 51 000 Africains supplémentaires furent ainsi recrutés jusqu'en 1916.
En 1917, 17 bataillons de Tirailleurs étaient engagés dans la bataille de la Somme. 120 000 africains servaient alors dans les forces françaises.
Manquant cruellement de réserves, la France fit un effort désespéré pour recruter 50 000 hommes supplémentaires.
Ecoeuré, le Gouverneur Général à Dakar préféra démissionner, craignant une révolte des Africains.
Blaise Diagne, un Sénégalais élu député à l'Assemblée Nationale française, vit dans cette situation une opportunité pour les Africains de s'émanciper, et mit tout son prestige dans la balance pour les inciter à s'engager : ce que firent 60 000 d'entre eux. Il fut aidé dans sa croisade par un décret français accordant des réductions d'impôts, un travail garanti pour les vétérans et la citoyenneté française sous certaines conditions.
La guerre transforma le corps des Tirailleurs, d'unité de mercenaires, il devint unité d'engagés. Les Tirailleurs furent démobilisés en 1919, même si certains d'entre eux servirent en Allemagne ou dans des garnisons coloniales.
Alors que les Français louèrent la bravoure des Tirailleurs au feu, les propagandistes allemands les présentèrent comme des cannibales et les officiers anglais comme des troupes indisciplinées et peu courageuses.
Si on a eu connaissance de situations au cours desquelles des unités furent prises de panique, il est également indiscutable que l'on fit combattre ces troupes dans des zones où les troupes métropolitaines refusaient de servir (en particulier au cours de l'offensive manquée du Général Neville en 1917).
On critiqua également la résistance au froid d'hommes habitués à des températures plus clémentes. Là encore, sans éléments réellement probants.
Finalement, les troupes africaines françaises ne firent ni mieux ni moins bien que les autres unités combattant sur le front de l'Est.
Leurs performances dans la bataille dépendant plus de problèmes de leadership, de motivation ou d'entraînement que de l'origine.
Des 212 000 Africains français qui servirent pendant la 1ère Guerre Mondiale, 163 000 furent engagés en France. 30 000 y moururent. Le taux de mortalité des Tirailleurs était de 185 pour 1000.
Dans une large mesure, les Français tinrent leur promesse à la démobilisation. Les vétérans bénéficièrent de conditions particulières et furent largement recyclés dans l'administration coloniale.
De 1919 à 1939, de 10 à 12000 hommes par an sont recrutés militairement.
La Seconde Guerre Mondiale connut à peu près le même engagement de la part de ces ressortissants.
Le 2 septembre 1939, mobilisation générale en AOF. Toutes les sources ne sont pas concordantes, mais il semble que 150 000 Africains de l'Ouest servaient dans l'armée française au moment de la débâcle. Le nombre de tués ou de disparus approcherait les 16 000 hommes.
A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les Africains exigèrent des réformes.
Très vite, la vie des Tirailleurs sénégalais durant la guerre et le comportement de la France après le conflit, menèrent à une transformation puis au démantèlement du système colonial.
Il est devenu un lieu commun de dire des Africains qui participèrent à la Seconde Guerre Mondiale, qu'ils furent par la suite à l'avant garde du mouvement nationaliste qui mena leurs pays à l'indépendance à la fin des années 1950 et au début des années 1960.



INTENTION DE REALISATION

La France se doit de reconnaître comme siens les anciens combattants originaires des pays issus de la décolonisation qui, blessés au combat, sont devenus français par le sang versé. Elle a cependant bien mal assuré sa dette à l'égard de ces combattants, tant sur le plan matériel que moral, si bien que nombre d'entre eux se considèrent comme orphelins.
Ils sont le visage de cette première "immigration ", qui a répondu "présent" sans d'autre objectif que de défendre la mère patrie.
La guerre les a profondément marqués.
En 2001, la République Française commence à s'occuper du problème des pensions des militaires africains enrôlés dans l'armée française pendant la seconde guerre mondiale, la guerre d'Indochine et celle d'Algérie : c'est la décristallisation.
Ce film propose de découvrir la vie d'anciens combattants de l'armée d'Afrique Française qui vivent actuellement au Burkina Faso, à Bobo Dioulasso et Ouagadougou.
Ils témoignent de ce qu'ils ont vécu durant la Seconde Guerre Mondiale, les guerres d'Algérie et d'Indochine.
L'indépendance n'est alors pas loin, avec ses cortèges de promesses : tout va pour le mieux, le nouveau monde est en marche, ils ont l'impression qu'ils peuvent y contribuer et peut-être en récupérer quelque chose.
Appelés ou volontaires ayant participé aux conflits de la France, ils sont maintenant des hommes oubliés.
Isolés et en attente de reconnaissance, ils aimeraient se recueillir eux aussi en France, aux monuments aux morts, lors des commémorations du souvenir, avec d'autres anciens combattants français.
Dans leur famille, l'in-communication est également grande sur le sujet, avec leurs enfants et petits enfants. Ceux-là sont parfois de retour dans les pays colonisateurs.
A quoi a bien pu servir tout cela, se demandent-ils ? Ils n'ont pas d'explication. Quand allons-nous parler ? Quand pourrons-nous entendre ces hommes ?
Il s'agit d'une histoire vécue de l'intérieur, du quotidien relaté avec enthousiasme et subjectivité, c'est une histoire d'opinion, de réflexion sans amertume ni règlement de compte.
Une histoire d'hommes qui terminent leur vie paisiblement... Écoutons les, ils sont devenus sages et ont sûrement quelque chose à nous apprendre à travers leurs récits.
A travers des photos, des documents, ce documentaire propose d'écouter ces hommes nous faire leur analyse.
Quelle était leur motivation pour aller se battre ? Que représentait ce drapeau bleu blanc rouge ? Qu'espéraient-ils ?
Et si c'était à refaire ?
Le chemin qu'ils ont parcouru, l'avion ou le bateau qu'ils prirent pour des contrées qu'ils n'avaient même pas imaginées, c'est aussi cela leur histoire.
Quelle est leur situation actuelle, leur quotidien, leur vie de famille ? Quel regard portent les autres sur ces hommes qui aujourd'hui représentent une "espèce "en voie de disparition ?



LISTE DE TEMOINS

Lancina TRAORÉ est l'ancien Président de l'Office des anciens combattants et victimes de guerre. Il est amputé à la jambe droite à hauteur du genou.

Le Général LAMIZANA est ancien Président de la République de la Haute Volta. C'est le premier Président qui a été élu démocratiquement dans une Afrique encore imprégnée de colonialisme. C'est un ancien Capitaine de l'armée Française.

Dama TRAORÉ est le Président de l'Association des anciens combattants de Bobo Dioulasso. C'est un ancien Adjudant-Chef. Il a fait la guerre d'Indochine.

Baco DAO est un ancien Caporal-Chef qui a fait également la guerre d'Indochine.

Brahima TRAORÉ est un ancien Caporal-Chef. Il est très émouvant. Il est amputé à l'aine de la jambe droite et il est amputé de son index de correction. Brahima TRAORE était en Indochine quand il a sauté sur une mine alors qu'il venait d'apprendre que son frère aîné était mort.

Benoît et Brigitte SANOU forment un couple original. Benoît a presque 80 ans,il était lui aussi Caporal-Chef durant la guerre d'Indochine. Brigitte va avoir 50 ans et elle est ménagère. Ils fréquentent l'Association des anciens combattants régulièrement pour remplir des formalités administratives. On les suivra jusque chez eux, dans un quartier de Bobo qui s'appelle "Oisinville ". C'est un couple qui respire la joie de vivre. Ils ont tous les deux le regard qui pétille. Ils sont très complices...

Sanou SOUNKALLO est un simple agriculteur, fils d'un ancien combattant décédé. Il nous éclairera sur le versement des pensions destinées aux veuves, orphelins et ayant droits.

Dao OUMAROU a de multiples casquettes, Sergent-Chef dans l'armée française, secrétaire adjoint, permanent de l'Association des anciens combattants de Bobo Dioulasso. Ce personnage est vraiment central au siège de l'association. C'est un personnage très attachant.
Nous montrerons ce personnage dans son bureau. On mettra en relief la complexité administrative dans la constitution des dossiers. Il travaille énormément pour essayer de assembler les dossiers de ces gens qui sont retranchés dans leurs petits villages.

SANOU Kollossira Eugène est le frère de SANOU Kollo et le fils de SANOU Zézouma ancien combattant qui a fait la guerre d'Indochine.
C'est un gendarme retraité dans un petit village à 10 kilomètres de Bobo Dioulasso.. Il fait partie des personnages qui nous permettent de sortir du cadre de Ouagadougou et de toucher une autre réalité : la brousse.

Dissa SOUMANA est le secrétaire général de l'Association des anciens combattants de Bobo Dioulasso.. Il est quelque part le passage obligé de tous ces gens qui viennent le voir pour des problèmes administratifs.

Moussa SISSAO vient du village de Ouahabou qui se situe à mi-chemin entre Ouaga et Bobo Dioulasso. C'est un ancien Sergent Chef respecté dans sa maison. Ce personnage permet de mieux se rendre compte de l'état d'esprit de ces hommes qui sont bien décidés à toucher une retraite et leur pension en tant qu'ancien combattant.

Seriba TRAORÉ c'est un instituteur du CM2 qui a pour habitude de faire un cours sur les anciens combattants à ses élèves. L'instituteur explique le trajet qu'ont parcouru les anciens combattants de Bobo Dioulasso à Dakar puis de Dakar au port de Toulon, ils étaient ensuite dirigés en Algérie ou en Indochine.

Le Colonel SANFO est le Président de l'Association des anciens combattant du Burkina Faso. C'est un ancien ministre des Finances de son pays qui ne veut pas être présenté dans ce documentaire en tant que tel mais plutôt en tant qu'intendant de 2ème classe. Il n'a fait que la guerre d'Algérie et les fonctions qu'il a exercées par la suite n'ont rien à voir avec le cadre dans lequel il exerce son activité de Président d'association.

Sanou KOLLO est cinéaste, fils d'ancien combattant, il porte un regard lucide et respectueux sur le quotidien de ces hommes âgés. Il a réalisé en 2001 un long-métrage de fiction-comédie "Tasuma, le feu "qui narre les aventures d'un ancien combattant qui essaie de toucher sa pension de retraite du combattant, ce film a enregistré plus d'un million d'entrées lors de sa diffusion en Afrique de l'ouest.



Titre : LA RECONNAISSANCE

Auteurs-réalisateurs :
Didier BERGOUNHOUX et Claude HIVERNON
Durée : 52 minutes
Format vidéo : DVC Pro - Son : direct

LIEUX DE TOURNAGE : BURKINA FASO
Ouagadougou
Bobo-dioulasso
Village de Ouahabou
Village de Korodougou

Production
Les productions de La lanterne
Claude GILAIZEAU

Image
Alidou BADINI
Didier BERGOUNHOUX

Son
Claude HIVERNON

Montage
Cédric JOUAN

Etalonnage
Rémi LEGOUX

Montage son et mixage
Guillaume Valeix

Régie
Issa BIEN

Musique
Bassirou SANO

Speaker radio
Mamadou BARO

Traduction
Dani Kouyaté
Florence Sanou

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fiche technique

pays
France

format
Moyen

catégorie
documentaire

genre
historique

format de distribution
DVD

durée
52'

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fiche artistique

Réalisateur/trice
Claude Hivernon
Didier Bergounhoux

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production

Productions de la Lanterne (Les)
8 av de la Porte Montrouge
75014 Paris
France
tel.1 : 01 45 39 01 39
tel.2 : 01 45 39 47 39
fax : 01 45 39 02 96
[envoyer un mail]

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distribution

Productions de la Lanterne (Les)
8 av de la Porte Montrouge
75014 Paris
France
tel.1 : 01 45 39 01 39
tel.2 : 01 45 39 47 39
fax : 01 45 39 02 96
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texte(s)
autour du film Reconnaissance. Anciens combattants, une histoire d'hommes (La)
   

 

texte(s) sur le site Africultures.com

Critique
La Reconnaissance
de Didier Bergounhoux et Claude Hivernon
Olivier Barlet
publié le 12/01/2006 15:54:35
 

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Evènements
   

 

17/01/2006
projection |France |
La Reconnaissance
de Didier Bergonhoux

 

 

17/01/2006
projection |France |
"La Reconnaissance. Anciens combattants, une histoire d'hommes"
un documentaire de 52'réalisé par Didier Bergounhoux - Claude Hivernon

 

 

28/04/2006 > 08/05/2006
festival |France |
Festival Images d'Ailleurs - Les Etats Généraux du Cinéma Noir
16e édition - Festival de films africains, maghrébins, caribéens et afro-américains

 

 

24/06/2006
projection |France |
Afrique Cinémascope 2006
projections de films africains

 
   


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