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CafĂ© des pĂȘcheurs (Le)
Fishermen Cafe
Al Hadi Ulad-mohand
Court | France | 2007
avec Khouloud Betioui

 

 

 

descriptif

L'hiver, au nord du Maroc, les pĂȘcheurs passent leur temps Ă  contempler leurs barques depuis le CafĂ© des pĂȘcheurs. Bravant la mĂ©tĂ©o et le soldat qui garde le port, Monsour dĂ©cide de sortir en mer pour nourrir sa famille. Son absence bouleversera la vie du cafĂ©.


NOTE D'INTENTION
Au dĂ©but des annĂ©es 80, la ville d'Azilah Ă©tait une sorte de paradis pour ses pĂȘcheurs. A quelques centaines de mĂštres de chez moi, se trouvait une plage, oĂč mes camarades et moi avions l'habitude de nous retrouver. Nous y passions tout notre temps libre, Ă  jouer au football, Ă  pĂȘcher de petits crabes, Ă  arracher les moules des rochers... puis nous allumions un feu, placions notre pĂȘche dans une boĂźte en zinc que la mer avait rejetĂ©e, et mangions... A la fin de la journĂ©e,quand on tardait Ă  rentrer, nos parents venaient directement nous chercher.

Les saisons se sont succédées et je ne voyais pas le temps passer.

Cette plage Ă©tait dotĂ©e d'un port naturel ; Ă  droite (le Moon) une ligne de rochers qui cachait l'horizon, en perpendiculaire (CHAKKA) une autre ligne coupĂ©e par deux Ă©normes rochers que les Espagnols utilisaient comme un chemin de fer. Les pĂȘcheurs pouvaient sortir en mer sans difficultĂ©. Tous les habitants, Ă  la fin de la journĂ©e, attendaient leur retour pour leur acheter le poisson. Tout le monde pouvait alors s'en offrir.

Il n'y avait pas de marchĂ© aux poissons. Tout se faisait sur place ou juste en face du port, Ă  une cinquantaine de mĂštres, au cafĂ© des pĂȘcheurs, oĂč l'on pouvait vendre, nĂ©gocier ou offrir tout en fumant un joint ou une pipe de kif, et en buvant un thĂ©. Le CAFE DES PECHEURS Ă©tait aussi un lieu oĂč les pĂȘcheurs se retrouvaient pour raconter leur journĂ©e de pĂȘche, leurs aventures, tout en gardant un Ɠil sur leurs barques qui flottaient.

La vie Ă  Azilah me semblait belle. Mais un jour, je vis dĂ©barquer d'Ă©normes machines sur cette plage, et j'appris qu'une sociĂ©tĂ© Roumaine de travaux publics avait Ă©tĂ© dĂ©signĂ©e pour construire un port. Le maire en avait dĂ©cidĂ© ainsi, apparemment au profit des pĂȘcheurs de cette ville qui n'avaient rien demandĂ©.

J'ai alors vu les espaces oĂč l'on pĂȘchait et jouait au football, disparaĂźtre peu Ă  peu sous du bĂ©ton, jusqu'Ă  ce que je ne reconnaisse plus cette plage.

Un jour de printemps, content et heureux d'avoir un ballon de football que mon frÚre m'avait ramené des Pays-Bas, je pris la direction de la plage, accompagné d'une dizaine de camarades, pour faire un match. A notre grande surprise, un soldat apparut pendant que nous jouions, il sortit un couteau de sa poche, s'empara du ballon et le creva sous nos yeux. Plus tard on apprit que c'était le gardien du port. Depuis ce jour là, je ne suis jamais retourné jouer là-bas.

Au bout de quelques années, les Roumains sont partis en laissant le port à moitié achevé. Depuis ce moment, l'entrée du port a été baptisée "le cimetiÚre" par les habitants de la ville.

A cette Ă©poque j'habitais encore Ă  Azilah. Un jour, au retour du collĂšge, j'aperçus un attroupement vers l'entrĂ©e du port. Je m'approchai : une barque ne parvenait pas Ă  regagner le port, empĂȘchĂ© par d'Ă©normes vagues. Je regardai la foule impassible qui assistait Ă  cette lutte contre la mort. Et puis dans le silence, une vague avala la petite barque.

Plus tard, la mer a jetĂ©, l'un aprĂšs l'autre, le corps des trois pĂȘcheurs, sur la plage. Depuis ce temps, je n'ai pas cessĂ© de ressasser ces images et j'ai eu alors l'envie d'en faire un film.

Il y a un an, je suis retournĂ© Ă  Azilah pendant l'hiver. Je regardais ce port qui s'apparente plus Ă  un dĂ©cor inutile qu'Ă  un port vĂ©ritable. Et je me suis souvenu de mon pĂšre, l'Ă©tĂ©, quand vers midi, il venait nous chercher, mes sƓurs et moi, pour aller nous baigner. Notre famille Ă©tait alors heureuse. A 14h, mon pĂšre avait dĂ©jĂ  pris sa douche et Ă©tait prĂȘt pour repartir Ă  son travail. Aujourd'hui, il est devenu impossible de vivre un moment semblable. La plage est loin, nous devons utiliser un moyen de transport pour ne pas perdre notre journĂ©e Ă  marcher jusqu'Ă  la plage.

J'ai compris alors pourquoi j'Ă©prouvais avec une infinie tristesse la dĂ©figuration de ce port : c'est comme si tout ce bĂ©ton avait effacĂ© mes souvenirs et mon enfance. Lorsque j'ai vu cette barque se faire avaler par la vague et cette belle plage rejetant des cadavres de pĂȘcheurs, j'ai voulu faire quelque chose. Certes, j'aurais souhaitĂ© rendre cette plage, d'une baguette magique, comme elle l'avait toujours Ă©tĂ©. Mais comme c'est impossible, c'est un film qu'il me semble important de faire, un film qui pourra peut-ĂȘtre me libĂ©rer de la nostalgie de l'enfance, et saluer ces pĂȘcheurs qui, depuis le CafĂ© des pĂȘcheurs, passent les hivers Ă  contempler leurs barques amarrĂ©es dans ce qui est devenu un parking, et attendent le printemps pour survivre.


Dans le rĂŽle de
Mansour Hamid Boukili
Le premier soldat Mohamed Aderdour
Rasta Tarek Ben'Alam
Soussi Jamal Nouman
Pépé Laurent Grévill
Mahmoud Mahmoud El Faylali
Le deuxiĂšme soldat Redouane M'barek
La femme de Mansour Khouloud Betioui
Le fils de Mansour Laurent Grévill
La jeune fille Badria Hassani
L'homme à l'épée Abdelatif Chkouri
La vieille dame Ă  la menthe Fatima Echairi

Genre : Fiction
Année : janvier 2007
Durée : 23 min
Nombre de bobines : 2
MĂ©trage : 650 mĂštres
Valeur de la copie : 1 300 euros
Visa : 115 177
24 ou 25 images/s : 24 images/s
Format de projection : 35 mm
Format de tournage : S 16
Cadre : 1,85
Pellicules utilisées : Fuji ETERNA 250 D, ETERNA 500, F-64 D
Son : Dolby SR
RĂ©alisation : Al Hadi Ulad Mohand
Scénario : Al Hadi Ulad Mohand
Chef opérateur image : Pascal Poucet
Chef opérateur son : Arnaud Julien
Montage : BenoĂźt Alric
Mixage : Eric Tisserand
Production : La Vie est belle films associés / Zilis Films
Producteurs : Benjamin Celliez, Mohamed Ulad Mohand


année 2007
durée 23 min
genre conte dramatique
langue d'origine arabe
sous-titres français, anglais





Festivals :


> Rouen : Regards sur le cinéma du sud du 15 au 26 janvier 2008 | ROUEN, France
> Festival de Contis du 21 au 24 septembre 2007
> Locarno "Leopards de demain" du 1er au 11 août 2007 | LOCARNO, Suisse
> ChĂąteau Chinon : L'Avis de chĂąteau du 19 au 22 juillet 2007 | CHINON, France
> Tanger : Festival de court métrage méditérannéen du 25 au 30 juin 2007 | TANGER, Maroc
> Paris Pris de Courts du 2 au 9 juin 2007 | PARIS, France
> Festival du court-métrage d'Altkirch du 9 au 13 mai 2007

Winter in Northern Morocco. Fishermen spend their day contemplating their boats from the "Fishermen Café".
In defiance of weather forecasts and the port guardian, Mansour decides to go fishing to feed his family. His absence causes turmoil in the café's life.

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fiche technique

pays
France

format
Court

catégorie
fiction

genre
drame

format de distribution
35 mm / Super 16 mm

durée
23'

site web
http://lavieestbellefilms.fr/fiche_film.php3?&id_article=165&id_mot=7

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fiche artistique

Acteur/trice
Khouloud Betioui

Producteur/trice
Mohamed Ulad-Mohand
Benjamin Celliez

RĂ©alisateur/trice
Al Hadi Ulad-mohand

Scénariste
Al Hadi Ulad-mohand

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production

Vie est Belle Films Associés (La)
Mme CĂ©line MAUGIS
45-55 rue de la Mare
75020 PARIS
France
tel.1 : +33 1 43 87 00 42
fax : +33 1 40 33 06 77
[envoyer un mail]

Zilis Films
Mr Mohamed ULAD MOHAND
Rue Ben Kaddour, Medina
ASILAH
Maroc
tel.1 : 039 41 71 84
fax : 039 41 76 99

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distribution

Vie est Belle Films Associés (La)
Mme CĂ©line MAUGIS
45-55 rue de la Mare
75020 PARIS
France
tel.1 : +33 1 43 87 00 42
fax : +33 1 40 33 06 77
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texte(s)
autour du film CafĂ© des pĂȘcheurs (Le)
   

 

texte(s) sur le site Africultures.com

Reportage/festivals
Dubai 2007 : paillettes et création
Olivier Barlet
publié le 20/12/2007 15:12:01
 

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Evènements
   

 

23/03/2009 > 29/03/2009
festival |Italie |
Festival du Cinéma Africain, d'Asie et d'Amérique Latine de Milan 2009
19Ăšme Ă©dition.

 
   


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