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Blues entre les dents (Le)
Robert Manthoulis
Long | France | 1973

 

 

 

descriptif

Freddy et Hattie, un jeune couple de Noirs, vivent dans Harlem chez la mère de Freddy, une étonnante et réelle ancienne chanteuse des années 30.

Freddy fait du business "pas tr√®s clair" pour survivre, s'en sortir et avoir une vie dont il r√™ve. Un jour Hattie succombe aux charmes d'un pianiste de bar et part avec lui. Freddy est perdu, tra√ģne son blues dans les rues de Harlem √† la recherche de Hattie.

Leur histoire, chaque blues la raconte sous une forme ou une autre. Elle est ponctuée de perles de "blues vécus" de bluesmen légendaires, de cris de joie et de douleur qui se chantent "entre les dents".

Et c'est aussi la trajectoire d'un peuple issu de l'esclavage qui se retrouve un siècle plus tard, dans le ghetto d'une prison.

[ VHS ou DVD disponible à la médiathèque des 3 mondes ]
"Un témoignage unique sur le blues"

Réalisateur : Robert Manthoulis

Avec la participation de BB KING, Buddy GUY, Sonny THERRY...

Copies restaurées par les Archives Françaises du Film
France / 1973 / couleur / fiction / VOSTF

"Et si le blues parle souvent des femmes, c'est parce qu'il est surtout chanté par des hommes."


Propos du réalisateur

J'ai tourné mon film "Le blues entre les dents", il y a 33 ans.

Je pense que c'est le tout premier film qui a été fait sur le sujet. Même aux Etats-Unis.

Le documentaire que nous avons tir√© de ce tournage, deux heures sur l'histoire du blues, a aussi √©t√© le premier sur le sujet. J'ai cherch√© partout, avant de d√©marrer le tournage, je n'ai trouv√©, aux Etats-Unis, aucun film sur le blues ! Il n'y avait que des concerts de jazz film√©s surtout pour la t√©l√©vision. A l'√©poque, les Noirs n'√©coutaient pas le blues, ils √©coutaient James Brown. Les Noirs engag√©s √©coutaient les "Black Poets". C'√©tait l'√©poque des "Black Panthers". Le FBI nous avait √† l'Ňďil. Les Blancs politis√©s aimaient le blues mais les Noirs n'admettaient pas les cin√©astes blancs dans les ghettos. Moi-m√™me j'ai √©t√© jet√© dehors quelquefois, par les habitants du ghetto. Ils m'ont accept√© uniquement parce que je n'√©tais pas Am√©ricain. Souvent, on √©tait arm√©s de pistolets quand on tournait. Dans le Sud, le racisme √©tait encore plus √©vident. Surtout dans les prisons!J'ai r√©ussi √† entrer dans une prison-ferme du Texas avec une fausse autorisation. Ils m'ont cru car j'avais les noms des prisonniers chanteurs de "work-songs". Un ethnologue am√©ricain les connaissait. On n'avait jamais laiss√© entrer une cam√©ra dans ces prisons o√Ļ existait encore la s√©gr√©gation. Les Noirs vivaient √† part. Les Mexicains aussi. Bien entendu, 90% des prisonniers √©taient des Noirs. Les "work-songs" n'existent plus aux Etats-Unis parmi les Noirs. C'√©taient les chants que les esclaves chantaient dans les champs puis ce fut au tour des travailleurs noirs au moment des grands travaux de construction du d√©but du si√®cle. Ceux qui ont b√Ęti les chemins de fer, les ponts et les autoroutes. Ces chants que j'ai enregistr√©s sont les seuls qui existent film√©s. Les chanteurs que j'ai film√©s √©taient tr√®s contents de participer au film, pay√©s avec des cachets ridicules. On avait tr√®s peu d'argent. Le seul qui √©tait plus au moins c√©l√®bre c'√©tait B.B. King. Je lui ai propos√© une part importante des recettes aux Etats-Unis. Malheureusement pour lui, le film n'est pas sorti aux Etats-Unis. Et lui n'√©tait pas int√©ress√© par le march√© europ√©en. Du coup, il a accept√© d'y participer sans √™tre pay√© !



Le documentaire ("En remontant le Mississippi") a inaugur√© la 3√®me cha√ģne en France, le soir du 3 Janvier 1973. Le long-m√©trage est sorti au cin√©ma dans la salle "Les Trois Luxembourg", la m√™me ann√©e. Les Am√©ricains qui ont vu le film cherchaient √† me conna√ģtre. Ils disaient "Moi, j'habite √† quelques m√®tres de l'autre c√īt√© de la 5√®me Avenue, je n'ai jamais su comment vivaient les Noirs dans Harlem". Les "com√©diens" formaient une seule famille et ils ont d'ailleurs reconstitu√© leurs propres vies dans ce film. Ils ont jou√© leurs propres r√īles. J'avais imagin√© un sc√©nario √† Paris, en lisant beaucoup de livres de sociologues am√©ricains √©crits par des Noirs sur la vie dans les ghettos. Les com√©diens ont ajout√© leur propre exp√©rience et ont improvis√© les dialogues. Car nous √©tions incapables d'√©crire les dialogues du ghetto. On a seulement fait des choix. Dans l'avion du retour, j'ai pris le n√©gatif avec moi sur mon si√®ge, dans mes bras. Je n'ai pas voulu le confier aux bagagistes...



Le blues a été ressuscité, dans les années 60, par les musiciens anglais, les Beatles, les Rolling Stones, Eric Clapton, John Mayall à Londres (sur lequel j'avais déjà fait un documentaire pour le magazine "A l'Affiche du Monde" de Claude Fléouter et Christophe Izard). Mance Lipscomb m'a montré comment les Beatles avaient changé ses chansons (écrites en 1910 ! "Inventées", il disait, car il ne savait pas écrire des notes). On est arrivé à Memphis le soir et on a été tout de suite chez Walter Ferry Lewis (avec plusieurs bouteilles de whisky). Il dormait et on l'a réveillé. Il était aux anges (surtout quand il a vu les bouteilles). Bukka White vivait en face. Il a écouté la musique et il est arrivé immédiatement pour ne pas rater l'occasion.



La prison de Ricker's Island est à New York. C'était plus facile d'y pénétrer. J'ai remarqué un tableau intéressant du Christ dans le hall et l'ai mis dans le champ. Il a été révélé, il y a un an seulement, que ce tableau était peint par Salvador Dali. Dali l'avait donné comme un cadeau à la prison. Ce tableau a été volé et c'est comme ça que l'on a su qui en était l'auteur... !

Neuf bluesmen sur dix avaient fait de la prison.

Bukka White, Robert Pete Williams nous ont raconté leur vie en prison. Robert Furry Lewis était balayeur de rue à Memphis. Ils sont presque tous morts. Certains étaient déjà vieux à l'époque. Je crois que les seuls qui sont encore vivants ce sont B.B.King et Buddy Guy. Son complice Junior Wells est mort l'année passée, je crois. Après la sortie du film, beaucoup de gens en France ont découvert Robert Pete Williams. On l'a fait venir à Paris et ce ferrailleur de Baton Rouge a donné un concert à la Salle Pleyel ! Quelques années auparavant, j'avais fait un petit film sur Sunra, qui était complètement oublié. Après la diffusion du sujet, il a reconstitué son orchestre ("l'Orkestra", comme il l'appelait) et a donné des concerts à Paris ! A la même époque j'ai découvert une étonnante chanteuse de blues, Karel Dalton, une fille blanche, avec une voix à la Billie Holliday. J'avais planté ma caméra un soir au "Gas Light", un club du Greenwitch Village et elle est venue faire une audition. Quand on l'a écouté en France, les managers se sont précipités de la retrouver. Malheureusement elle a été complètement cassée par la drogue.
Robert Manthoulis

LE BLUES

Le blues, forme musicale développée depuis la fin du XIXe siècle par la communauté noire du sud des Etats-Unis, traduisant toute la gamme des émotions humaines, du désespoir à l'orgasme, dans leur expression la plus immédiate. Musique traditionnelle mais très évolutive, le blues constitue une part importante du répertoire du jazz. Dans le monde entier, l'emploi du terme "I've got the blues" désigne un état de spleen, de cafard ou de nostalgie.

L'origine du blues est controversée. Pour certains, il est né dans les champs de coton américains et était perpétué par les esclaves. Pour d'autres, il est un descendant direct du negro spiritual et du gospel. Dans tous les cas, les premiers disques de blues sont apparus aux Etats-Unis dans les années 20 sous l'impulsion de W.C. Handy qui a signé en 1923 Father of the Blues.

Bas√© en g√©n√©ral sur trois accords, le blues met en avant surtout la guitare. Il est empreint de tristesse et relate en g√©n√©ral des histoires qui finissent mal. Il a pris ensuite diff√©rents noms suivant la zone g√©ographique o√Ļ il s'est d√©velopp√© (Delta Blues, Memphis Blues, Chicago Blues, New York Blues...). Le blues est √† la base du rock. Il a √©t√© une grande influence pour les groupes rock anglophones des ann√©es 60/70 (The Beatles, Rolling Stones, Led Zepellin, Cream...). Il continue aujourd'hui d'exercer une influence sur de nombreux artistes tels que les White Stripes ou Ben Harper qui se r√©f√®rent volontiers √† Robert Johnson, une r√©f√©rence en la mati√®re au m√™me titre que John Lee Hooker, BB King, Blind Lemon Jefferson ou encore Charley Patton...

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fiche technique

pays
France

format
Long

catégorie
fiction

genre
musical

durée
90'

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fiche artistique

Musicien/ne
B. B. King

Réalisateur/trice
Robert Manthoulis

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production

Neyrac Films
Contact :
Neyracs film ; Tél. : +33 144 37 15 15 ; Email:
75015 PARIS
France
tel.1 : +33 1.44.37.15.15
fax : +33 1.44.37.15.01
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