actuellement 17467 films recens√©s, 2937 textes recherche | » english  
films r√©alisateurs acteurs producteurs distributeurs festivals agenda pays espace personnel  
  critiques»
  dossiers»
  analyses»
  entretiens»
  comptes rendus de festivals»
  reportages»
  documents»
  ateliers»
  Zooms»
  r√©dacteurs»
  √©crans d'afrique»
  Asaru»
  lettre d'info
  inscription»
  desinscription»
  archives »
  liens»
  d√©p√™ches »
  nouvelles de
la f√©d√©ration»
  la f√©d√©ration»
  contacts»
  partenaires»
  accueil»




 
    
rédacteur
Michel Amarger
publié le
03/04/2012
Ľ films, artistes, structures ou √©v√©nements li√©s √† cette critique
Ľ les commentaires li√©s √† cette critique



Michel Amarger


Thierry MICHEL

retour
 
L'affaire Chebeya - Un crime d'Etat ?
Pouvoir et mesure de la justice congolaise
LM Documentaire de Thierry Michel, Belgique, 2011
Sortie France : 4 avril 2012

Le regard aiguis√© du cin√©aste belge Thierry Michel ne l√Ęche pas le Congo. Vingt ans apr√®s y avoir tourn√© Za√Įre, le cycle du serpent, 1992, qui pointait le gouvernement de Mobutu, il cultive ses liens de proximit√© avec des protagonistes de tous bords de la vie politique pour s'int√©resser au fonctionnement de la justice. La pr√©sence de la cam√©ra curieuse de Thierry Michel lui a valu des d√©m√™l√©es avec le r√©gime de Mobutu mais aussi des sympathies de la part des opposants de l'√©poque.
Lorsque ces derniers se sont glissés dans les cercles du pouvoir actuel, autour du président Joseph Kabila, il leur est difficile de rejeter dans les cordes la caméra du cinéaste belge. Il en profite pour explorer les réalités du pays dans des films lyriques comme Congo River, 2005, ou sous un angle plus économique dans Katanga business, 2009. Aujourd'hui, c'est le fonctionnement de la justice en RDC qui l'interpelle avec L'affaire Chebeya, 2011.

L'AFFAIRE CHEBEYA de Thierry Michel // FDL 2011 // 23.11 20h00 // KVS from BRUXELLES LAIQUE on Vimeo.



Le film accompagne l'enquête puis le procès qui suivent la mort de Floribert Chebeya, un activiste congolais des droits de l'homme, retrouvé assassiné dans sa voiture, en juin 2010, à Kinshasa. La police avance la thèse d'un crime sexuel, étayé par des ongles de femme, des préservatifs disposés dans l'auto. Et Fidel Bazana, le chauffeur du directeur de l'ONG la " Voix des sans voix ", reste introuvable. Mais la version policière est vite remise en cause.
On apprend que la veille de sa mort, Chebeya a été convoqué par le général John Numbi, inspecteur chef de la police aux méthodes autoritaires. C'est lui qui a réprimé dans le sang le mouvement Bundu dia Kongo dans le Bas-Congo, en éliminant des dizaines d'opposants.
Les faits sont consignés dans un dossier que Chebeya voulait déposer devant la justice belge et la Cour Pénale internationale contre le général Numbi. La mort de Chebeya soulage la police mais embarrasse le gouvernement qui s'apprête à fêter les 50 ans de l'indépendance, en présence de chefs d'états étrangers. L'enterrement du leader de la " Voix des sans voix " provoque les plus grandes manifestations depuis les premières élections démocratiques de 2006, et le général Numbi est suspendu.



Le proc√®s qui s'ouvre cinq mois plus tard sous la pression internationale, met au banc des accus√©s une poign√©e de responsables de la police dont le chef des services sp√©ciaux, le colonel Daniel Mukalaywa Mateso. Mais le g√©n√©ral Numbi qui est le plus haut grad√© de l'√©tat, ne peut √™tre jug√© que par quelqu'un de plus grad√© et il n'appara√ģt que comme t√©moin.
Les échanges du procès sont enregistrés par Thierry Michel pour constituer L'affaire Chebeya. Il élargit son enquête, recueille les témoignages de la veuve du militant, de la femme du chauffeur disparu, et surtout d'un précieux témoin, Gomer Martel, un résident camerounais qui a vu Chebeya dans les locaux de la police le jour de sa mort. Ces confidences étayent la théorie du complot policier mais le témoin doit se cacher et fuir sous la pression, tandis que les accusés semblent jouer les figurants lors du procès. La présence obstinée de Thierry Michel lui permet de capter des moments forts en soulevant les questions qui dérangent. Il saisit aussi les silences éloquents et des échanges de regards furtifs qui en disent long.



La complexit√© de la situation est rendue lisible gr√Ęce √† la construction classique de ce documentaire enqu√™te. Thierry Michel charpente son long-m√©trage par des √©pisodes, une conclusion et un √©pilogue qui souligne les passions soulev√©s dans les camps oppos√©s par l'√©limination de Chebeya. Le propos mesur√© du cin√©aste belge l'incite √† coller aux faits pour mettre en lumi√®re les limites et les possibles de l'action des magistrats. Il choisit avec soin parmi les 80 heures de rushes accumul√©s durant le tournage, √©tal√© sur un an, des images r√©v√©latrices. C'est lorsqu'il capte les regards hautains des dignitaires de la police, les d√©n√©gations blas√©es des accus√©s qui semblent se d√©sint√©resser du proc√®s que le documentaire est le plus efficace.
Le r√©alisateur t√™tu, second√© par des journalistes locaux motiv√©s, s'impose au cŇďur de l'appareil judiciaire pour en extraire les contradictions et les envols. En cadrant le pouvoir de la justice congolaise qui semble reconna√ģtre une responsabilit√© du gouvernement en accordant des indemnit√©s aux victimes, il fait surgir le hors champ du pouvoir d'un √©tat o√Ļ la d√©mocratie semble encore √† d√©finir.

Vu par Michel AMARGER
(Afrimages / RFI / Médias France / Africiné)

haut de page


   liens films

Affaire Chebeya, un crime d'√Čtat ? (L') 2011
Thierry Michel


   liens artistes

Michel Thierry


Pireaux Christine


   liens structures

Afrimages
France

Doc & Film International
France | PARIS

Films de la Passerelle (Les)
Belgique | Liège

Films du Paradoxe (Les)
France | Bois-Colombes

RFI
France | Paris

haut de page

   vidťos
   

 

L'affaire Chebeya, un documentaire de Thierry Michel - Preview
bande annonce

 

 

L'affaire Chebeya, un crime d'Etat ? - Hommage
bande annonce

 

 

Affaire Chebeya, crime d'Etat (L')
bande annonce

 
   


   vos commentaires
vos commentaires sur cette critique :
   
 
  ajouter un commentaire
   

haut de page

 

 

 

 

?>