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rédacteur
Michel Amarger
publié le
30/12/2012
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Michel Amarger (Africiné)


Colin Dupré, auteur du livre

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Le Fespaco, une affaire d'État(s) 1969-2009
Coup de sonde au Fespaco
Livre de Colin Dupré, France, 2012, Editions L'Harmattan
Sortie France : 1 novembre 2012
Préface : Clément Tapsoba (Africiné)
Postface : Catherine Ruelle (RFI)

Le 23ème Fespaco se tient du 23 février au 2 mars 2013. Le Festival Panafricain du Cinéma et de la télévision de Ouagadougou est devenu, 45 ans après sa création, un moment phare de la vie du Burkina Faso, valorisant de manière unique les cinémas du continent. La reconnaissance de ce rendez-vous mérite aujourd'hui un examen sérieux qui en situe quelques enjeux à la lumière de son développement progressif. Le défi est relevé fort à propos par un livre au titre édifiant, Le Fespaco, une affaire d'État(s) 1969-2009, écrit par le Français Colin Dupré.

L'auteur analyse patiemment 40 ans de vie du festival en examinant ses rapports étroits avec la politique du Burkina. Après avoir évoqué le contexte qui précède la naissance du Fespaco, en 1969, au moment de l'éclosion des cinématographies africaines, l'ouvrage distingue trois phases d'évolution. Il retrace son démarrage par un groupe de cinéphiles puis la prise en main de l'État en 1972. Suit la période où Thomas Sankara, président de 1983 à 1987, en fait un étendard révolutionnaire, en lien étroit avec l'esprit du régime. Puis après 1991, le festival cherche une plus grande autonomie en intégrant les évolutions de l'audiovisuel.

En caractérisant ces étapes, l'auteur éclaire de nombreux épisodes clés dans l'évolution de la politique du Burkina et au-delà dans ses rapports avec les autres pays du continent. Il rappelle l'époque militante où les cinéastes africains s'organisent, créent la Fepaci (1970), rédigent le Manifeste de Niamey (1982), situant le contexte qui favorise les rencontres des professionnels autour du Fespaco. L'accès au pouvoir de Thomas Sankara, en 1983, inaugure la mobilisation socialiste dont le festival de cinéma est un instrument, spectaculaire et médiatique, engageant un nouvel élan chez les réalisateurs. L'étape qui suit voit le festival devenir une vitrine diplomatique pour le Burkina tout en étant perméable à la crise ivoirienne comme à l‘émergence de la production anglophone avec l'abolition de l'apartheid en Afrique du Sud.

En étudiant ces périodes, l'auteur aborde les questions de l'organisation pratique du Fespaco et ses disfonctionnements. L'évocation des rapports entre la politique et les milieux des cinémas africains est menée comme une enquête, étayée par de nombreux documents que l'auteur a exhumés des archives ou des affaires de particuliers. Des textes marquants reproduits, une bibliographie, des photos de Michel Ayrault, prises entre 1995 et 2007, enrichissent la lecture. Passionné de cinéma, Colin Dupré a noué des liens personnels avec le Burkina Faso avant d'entreprendre un travail universitaire sur le sujet, en 2010. À partir de cette base, puisée sur les lieux du Fespaco, auprès de témoins, le jeune historien édifie un examen passionnant de la nature même du Fespaco.

Sa position d'universitaire motivé, le pousse à intensifier les recherches pour mieux comprendre, permettant de faire surgir des points rarement mis en perspective raisonnée. Le Fespaco, une affaire d'État(s) 1969-2009 s'appuie en outre sur les témoignages de professionnels engagés comme Alimata Salembéré, sa première présidente, Gaston Kaboré, cinéaste réputé, et de délégués généraux dont Filippe SAVADOGO. Ces rencontres complètent les manques d'une documentation écrite que les autorités ont parfois préservée sans la classer, et parfois mise à l'écart. Car l'histoire du Fespaco est étroitement liée aux orientations politiques du Burkina et des moyens qui lui sont attribués.

En se concentrant sur cette relation, Colin Dupré n'aborde pas le Fespaco comme un vecteur des tendances esthétiques des cinémas d'Afrique ou comme un lieu d'échanges stratégique aux milieux du 7ème art. Son ouvrage apporte pourtant des informations éloquentes sur l'évolution des conditions d'expression des cinémas africains depuis les indépendances. La rigueur de la démarche, avalisée par les autorités du festival, ne peut que séduire les historiens, les critiques de cinéma mais aussi les cinéphiles. Le Fespaco, une affaire d'État(s) 1969-2009 vient à point éclairer de manière pragmatique les rapports de la politique et de la culture à un moment où les transformations de l'audiovisuel sont un enjeu pour l'avenir du cinéma, en Afrique comme partout.

Vu par Michel AMARGER (Afrimages / RFI / Médias France)

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   évènements

23/02/2013 > 02/03/2013
festival |Burkina Faso |
FESPACO 2013 (Festival Panafricain du Cinéma et de la télévision de Ouagadougou)
23e édition. Thème : "Cinéma africain et politiques publiques en Afrique".

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