actuellement 17433 films recens√©s, 2916 textes recherche | » english  
films r√©alisateurs acteurs producteurs distributeurs festivals agenda pays espace personnel  
  critiques»
  dossiers»
  analyses»
  entretiens»
  comptes rendus de festivals»
  reportages»
  documents»
  ateliers»
  Zooms»
  r√©dacteurs»
  √©crans d'afrique»
  Asaru»
  lettre d'info
  inscription»
  desinscription»
  archives »
  liens»
  d√©p√™ches »
  nouvelles de
la f√©d√©ration»
  la f√©d√©ration»
  contacts»
  partenaires»
  accueil»




 
    
rédacteur
Sunjata Koly
publié le
26/01/2015
Ľ films, artistes, structures ou √©v√©nements li√©s √† cette critique
Ľ les commentaires li√©s √† cette critique



Sunjata (Africiné)


Boris Lojkine, réalisateur français


Endurance Newton (Hope)


Justin Wang (Leonard)


Hope & Leonard


Scène du film Hope


Hope


Hope


Hope



retour
 
Hope, de Boris Lojkine
Amour de migrants, entre Eden et Géhenne.

Dans son premier long-métrage de fiction, Boris Lojkine aborde avec réalisme la tragédie des migrants, l'univers des trafics et la violence de la traversée. Ce film présenté à la Semaine de la critique de la 67ème édition du festival de Cannes met en scène les amours errantes d'un Camerounais et d'une Nigériane du nom de Hope.

En route vers l'Europe, Hope et Leonard se rencontrent dans des conditions dramatiques. La jeune fille a √©t√© abus√©e sexuellement par les forces de l'ordre. Elle a besoin d'un protecteur, il ne veut pas l'abandonner dans le d√©sert alg√©rien. Face √† la cruaut√© de cet univers impitoyable o√Ļ chacun se replie dans sa communaut√©, Ils vont tenter de survivre ensemble.

Bako l'autre rive de Jacques Champreux (1979) et plus r√©cemment La Pirogue de Moussa Tour√© (2012) avaient abord√© la lente reptation des migrants vers la terre promise. Par le biais de la fiction, le documentariste Boris Lojkine filme de fa√ßon in√©dite cette longue marche parsem√©e d'emb√Ľches o√Ļ la qu√™te d'un ailleurs meilleur est confront√©e √† la violence de l'adversit√©. Dans Hope, la terreur n'est jamais montr√©e mais elle est omnipr√©sente. Elle suppure de chaque s√©quence.



La mise en sc√®ne coup poing de Boris Lojkine √©vite le pi√®ge du voyeurisme et nous met d'embl√©e en empathie avec ses personnages. Le d√©sert sert de d√©cor √† la caract√©risation des principaux protagonistes. Comment reconna√ģtre une coco, entendez par l√† "une femme" (en pidgin camerounais), parmi les silhouettes improbables des clandestins ? Sous les amoncellements de nippes, le fatras de bonnets, de gants de fortune qui servent de carapaces contre toutes les agressions qui peuvent surgir √† tout moment, la vuln√©rabilit√© est mise √† nu.
L√†, dans ce No man's land, √Čtat de non droit, √™tre femme, c'est √™tre plus en danger encore que ses compagnons de gal√®re. Hope le sait. Alors pour ne pas √™tre d√©masqu√©e, elle n'a de cesse que de se dissimuler, de dispara√ģtre dans la masse des silhouettes et des ombres parqu√©es dans la benne du taxi-brousse qui m√®ne vers un hypoth√©tique Eldorado. La gente masculine sous toutes ses formes pourrait se servir sur la "b√™te". Un march√© aux esclaves d'Outre-tombe existe dans le ghetto des migrants camerounais, avec une odieuse mise aux ench√®res de prostitu√©es africaines. Le chairman, le ca√Įd du bidonville bien √©videmment, s'attribue tous les droits, puisqu'il est le plus fort, le plus puissant et le plus riche √† force de pr√©lever la d√ģme sur ses cong√©n√®res. Son secret sera-t-il √©vent√© ? Hope n'a pas int√©r√™t √† devenir victime des corps habill√©s crois√©s de nuit.

Mais dans la g√©henne du bidonville, elle sait qu'elle peut compter sur la compassion de L√©onard, quelques grammes de tendresse dans un monde de brut. Il est camerounais, elle est nig√©riane. Les choses se compliquent pour survivre dans cet enfer, il faut rester avec les siens, ceux de son pays pour √™tre sous protection. L√©onard va devoir "cracher au bassinet", subir le courroux des siens dans ces r√©seaux mafieux o√Ļ l'inhumanit√© est de rigueur.

En s'appuyant sur une réalisation épurée avec un casting ciblé sur l'authenticité, Boris Lojkine réalise un formidable travail de direction d'acteurs qui donne à Hope toute sa puissance d'évocation. Ce road-movie protéiforme tourné au Maroc en décor réel flirte avec le film d'action, le drame d'aventure ou le thriller avec ses ellipses et ses ruptures. Le cinéaste utilise judicieusement le hors champ pour maintenir la tension dramaturgique sans la dévoyer. Le décor sonore sobre et précis rythme la trajectoire erratique des personnages comme un gimmick ou l'on va de mal en pis.

A l'instar de Bronx Barbès d'Eliane de Latour (2000), ce long-métrage appréhende les dialogues et la langue de façon originale, en restant au plus près des modes d'expressions de ces milieux interlopes dont les sabirs oscillent entre pidgin du Cameroun et du Nigeria. Ils apportent une plus-value de crédibilité au propos cinématographique, sans surligner les caractéristiques des personnages. La séquence naturaliste de la baignade des deux amoureux dans un décor édénique ou le plan d'ensemble en contre plongée du couple scrutant les lueurs de Mellila aménagent des respirations romantiques pour rappeler que l'amour peut surgir dans les situations les plus cocasses.

Les rires et les larmes de ces damnés de la terre en quête d'épanouissement sont portés à merveille par Justin Wang et la bien-nommée Endurance Newton qui n'est pas sans rappeler Rachel Mwanza l'actrice de Rebelle de Kim N'Guyen (2012). Dans le sillage de Sin nombre de Cary Fukunaga (2009), Hope est une romance de chair et de sang, un Roméo et Juliette des ghettos clandestins dont le tragique dénouement shakespearien sur la mer Méditerranée nous rappelle l'absurdité des politiques d'immigration.

par Sunjata

Tags: Cinéma Africain, Cinéma arabe, Cinéma Français, Migrations, Violence, Amour, Romance

haut de page


   liens films

Hope - أمل 2014
Boris Lojkine


   liens artistes

Champreux Jacques


Latour √Čliane de


Lojkine Boris


Mwanza Rachel


Nahon Bruno


   ťvŤnements

14/05/2014 > 25/05/2014
festival |France |
Festival de Cannes 2014
67e édition.

22/08/2014 > 26/08/2014
festival |France |
Festival du Film francophone d'Angoulême - FAA 2014
7ème édition. Hommage au cinéma du Burkina faso (Fespaco). 10 films en compétition + Avant-premières + Bjoux de famille Le Pacte.

03/10/2014 > 10/10/2014
festival |Belgique |
FIFF - Festival International du film francophone de Namur 2014
29√®me √©dition. 3 ateliers, plus de 100 films !‏

23/10/2014 > 01/11/2014
festival |√Čmirats arabes unis |
Abu Dhabi Film Festival - ADFF 2014
8ème édition

29/10/2014 > 05/11/2014
festival |Allemagne |
Festival International du Film Francophone de T√ľbingen-Stuttgart 2014
31ème édition. Thème : Face à face. Rétrospective François Dupeyron + Focus Afrique. Hommage à Adama Sallé.

08/11/2014 > 16/11/2014
festival |France |
Lumières d'Afrique 2014 (Besançon)
14¬į √©dition du festival des cin√©mas d'Afrique de Besan√ßon.

05/12/2014 > 13/12/2014
festival |Maroc |
Festival International du film de Marrakech (FIFM 2014)
14ème édition

24/01/2015 > 25/01/2015
festival |France |
Cycle Afrique et Cinéma, avec HOPE, TIMBUKTU ET DES ETOILES
Avec l'intervention du r√©alisateur et √©crivain Souma√Įla Koly, alias Sunjata.

20/03/2015 > 04/04/2015
festival |Belgique |
Afrika Filmfestival 2015
20th edition. Hommage à Guido Huysmans.

27/06/2015 > 04/07/2015
festival |Burkina Faso |
Ciné Droit Libre - Ouagadougou 2015
11ème édition

14/10/2015 > 20/10/2015
festival |France |
Visions d'Afrique 2015
6¬į Rencontres Cin√©matographiques du Pays Marennes Ol√©ron

17/11/2015 > 24/12/2015
festival |France |
Africolor 2015
27e édition

17/11/2015 > 21/11/2015
festival |C√īte d'Ivoire |
Festival International du film des Lagunes - FESTILAG 2015
4ème édition.

02/11/2016 > 09/11/2016
festival |Allemagne |
Festival International du Film Francophone de T√ľbingen-Stuttgart 2016
33√®me √©dition de la Franz√∂sische Filmtage T√ľbingen. Focus Afrique. La Suisse est l'invit√©e star.

   liens structures

Abel Aflam
Maroc | CASABLANCA

Pyramide Distribution
France | PARIS

Pyramide international
France | Paris

Zadig productions
France | PARIS

haut de page



   vos commentaires
vos commentaires sur cette critique :
   
 
  ajouter un commentaire
   

haut de page

 

 

 

 

?>