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rédacteur
Hala El Maoui
publié le
05/04/2015
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Taïeb Louhichi, réalisateur


Hala El Maoui (Africiné)



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Entretien avec le réalisateur Taïb Louhichi autour de son film "L'Enfant du Soleil"
Nos pays ne se sont jamais souciés de montrer nos films dans l'immense espace qu'est notre continent africain.
Présenté en compétition officielle à la 4ème édition du Festival du Cinéma africain de Louxor (16-21 Mars),"L'Enfant du soleil" raconte l'histoire de deux garçons et une fille qui s'introduisent dans une maison, après une nuit de fête. Ils s'installent, jusqu'au moment où ils découvrent une présence, celle du maître des lieux, attelé à son bureau. Là commence la vraie histoire du film : une quête à la fois personnelle et générale, à propos de l'identité. Entretien

- Comment est née l'idée du film ?

L'idée est née de mon désir de tourner dans un lieu où je peux être à l'aise et ne pas fournir beaucoup d'efforts pour me déplacer, car vous savez que j'ai eu un accident de la route et il n'y pas mieux que chez moi.



Pour l'anecdote, lorsque j'étais en soins à Paris, ma maison a été "visitée" par trois jeunes. Je n'en ai pas fait des voleurs dans le film, mais des personnages dont l'un est sorti directement du livre du propriétaire qui est un écrivain, comme son prénom l'indique : Kateb (hommage à l'écrivain algérien Kateb Yacine dont j'aime beaucoup le travail et notamment son livre "Nejma" qui est dans le film le prénom de la fille de l'écrivain).

- Comment avez-vous choisi les acteurs de votre film ?

En faisant tout simplement un casting. Hichem Rostom a déjà fait 2 films avec moi :"Majnun Leyla" (Laylâ, ma raison, 1989) et "Ors el Qamar" (Noces de lune, 1998). Mabo Kouyaté est le fils d'un grand ami acteur, feu Sotigui Kouyaté. Je l'ai choisi, outre son physique qui correspond au rôle, pour son jeu excessif et décalé face au grand Hichem. Quant aux deux jeunes, j'ai pris Sarra Hanachi pour sa fraîcheur et c'est son premier film. Pour Mohamed M'rad c'est son second film et les deux se sont bien débrouillés. Jamel Madani, qui joue Slim, ne fait qu'une participation d'honneur. Il est l'un des meilleurs acteurs tunisiens actuels.

- Votre film "La Danse du Vent", fort acclamé tant par la critique égyptienne que par le public qui l'a vu lors de sa projection au Festival International du film du Caire, est toujours dans les esprits. Le rêve, l'imaginaire mais la réalité aussi étaient présents. Dans votre dernier opus "L'enfant du Soleil" on retrouve le rêve à travers l'écriture romanesque, l'imaginaire, dans la tête de Yanis et la réalité, amère, qui ne coïncident pas toujours avec les deux premiers. Votre relation avec le rêve et la réalité ? Sont-ils conciliables ?

Ce que j'aime dans le cinéma, c'est qu'il permet un va et vient entre le réel et l'imaginaire. Faire rêver au maximum, puis retomber sur terre, cela est à la portée de tous, du moins pour ceux qui préservent le rêve et c'est à ceux-là que je m'adresse. Surtout les jeunes.
Quant à moi ma situation physique après mon accident ne m'a pas empêché de continuer de vivre et de réaliser certains de mes rêves.

- Dans "L'Enfant du soleil" Yanis mène une quête identitaire. En même temps Kateb l'écrivain écrit et parle en français. Pourquoi la langue française dans la quasi-totalité du film ? Est-ce pour mettre en exergue cette crise identitaire? Si oui est-ce que la crise identitaire existe toujours ?

Tout d'abord il ne s'agit pas de crise identitaire dans mon film en ce qui concerne les personnages. Il y a une quête d'un père par un garçon, Yanis, qui vient d'Europe, dont la mère vient du Sud du Sahara et le père est tunisien. Je voulais cela pour dire que les deux côtés de l'Afrique, nord et sud, peuvent se rencontrer car ils ont plus qu'un lien de parenté. Cela explique aussi l'utilisation du français, car ce garçon ne peut pas parler arabe après un court séjour. Et puis nous avons tous une déformation que vous connaissez bien, le franco-arabe qui existe aussi en Égypte et dans tout le Levant chez la classe riche et instruite.
Dans ce film il s'agit plutôt de nous questionner sur notre rapport avec nous-mêmes. Qui sommes-nous, quel est notre rapport avec les autres (origines, croyances, couleurs) ?

- Kateb, incarné avec brio par le grand Hichem Rostom, souffre de solitude, ce qui nous renvoie à Mohamed Chouikh dans "La Danse du Vent" qui souffrait aussi de solitude et cherchait refuge dans la créativité artistique. Est-ce que la solitude est la destinée de tout créatif ?

Exactement. Cela est plus souligné dans "La danse du vent" où Youssef (Mohamed Chouikh) était Sisyphe qui parcourait les distances, tirait la malle des accessoires, installant son abri et cela sur son propre décor, celui de la panne de sa voiture et celui de ses rêves qu'il vit en plein désert. Un réalisateur est toujours seul sur un tournage, malgré la complicité qu'il peut avoir avec son directeur de la photo, son acteur ou son actrice, son monteur et autres...
La solitude est le propre de toute création.

- La révolution tunisienne, sur laquelle vous avez fait un film, est le point de départ du printemps arabe. Est-ce que vous croyez toujours à ce printemps arabe?

Je n'aime pas l'appellation "printemps arabe" mais je suis la gestation de toutes ces dites révolutions. La réalité est très pénible pour nos peuples mais je pense que dans une dizaine d'années, les choses seront plus claires et plus intéressantes politiquement, socialement et culturellement. Mon film "Les gens de l'étincelle" captait seulement ce début du changement en Tunisie. Mais dans "L'enfant du soleil" il y a une scène, celle du mariage et l'affiche sur le mur qui sont un clin d'oeil à méditer pour le spectateur.

- Songez-vous faire un film sur ce qu'est devenu le printemps arabe aujourd'hui? Si oui sous quel angle ?

Comme je vous l'ai dit, il faut du temps pour mûrir notre vision sur l'accomplissement de ces "révolutions". Dans mon prochain film je procéderai, à ma manière, afin de montrer les événements survenus en Tunisie jusqu'au moment du tournage. Et cela autour d'un opéra qu'un metteur en scène monte.

- Le cinéma tunisien se porte-il bien aujourd'hui ?

Non, comme tous les cinémas arabes et africains puisque nous n'avons plus de salles ni de distributeurs et nos pays ne se sont jamais souciés de montrer nos films dans l'immense espace qu'est notre continent africain. Reste que les cinéastes, et surtout les jeunes, se sont emparés des évènements qui ont bouleversé nos pays, aidés par les facilités du numérique, pour accompagner et filmer plusieurs sujets qui ont rapport aux "révolutions arabes".

- Quels sont vos aspirations pour le futur?

Garder la santé et continuer de rêver.

par Hala El Mawy

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