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rédacteur
Hassouna Mansouri
publié le
18/02/2016
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Hassouna Mansouri (Africiné Magazine)


Mohamed Ben Attia, réalisateur tunisien



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Hédi (Nhebbek Hedi)
Ben Attia : un nouveau cinéma tunisien.
Berlinale 10-21 février 2016

Le cinéma tunisien se porte bien, en termes de visibilité internationale. Après A peine j'ouvre les yeux de Leyla Bouzid qui a été sélectionné / primé dans plusieurs festivals de grande envergure en 2015, voici que Mohamed Ben Attia marque l'actualité à son tour en ce début 2016. Hédi, son premier long métrage est en lice pour le prestigieux ours d'or de la 66ème Berlinale (10-21 février 2016). Il est le premier film tunisien et arabe dans cette compétition depuis vingt ans. Férid Boughédir est le dernier à avoir eu cet honneur, avec Un Eté à la Goulette. D'aucuns crient au renouvellement du cinéma tunisien, et ce n'est qu'à raison.



Depuis 2011, les films tunisiens qui ont été vus ici et là devaient certes beaucoup aux évènements sociaux et politiques que connaît le pays. Ceci n'est pas vraiment le cas de Hédi. L'actualité du pays, quand bien même elle est présente, n'est que l'arrière-plan de l'histoire et de l'action des personnages. Alors que d'autres suivent l'actualité, Ben Attia la devance et la retourne dans tous les côtés pour, enfin, en proposer un diagnostic pertinent. On pourrait facilement dire que Hédi, ce jeune représentant commercial d'une marque de voiture, est l'incarnation de toute la jeunesse tunisienne. Il est en fait plus que ça ; il est la Tunisie elle-même.

Tout semble décidé pour le jeune Hédi : un mariage avec une fille de "bonne famille", un travail et une bonne perspective de promotion sociale. Cependant, cela ne fait pas de lui un homme heureux. Hédi fait tout ce qu'on lui dit : son patron refuse de lui donner congé pour son mariage, sa mère (la merveilleuse Sabah Bouzouita) arrange tout pour lui et gère sa vie jusque dans le moindre détail. Hédi ne dit jamais rien ou presque, il obéit. Il ne lève jamais la voix et il n'a même pas d'opinion sur quoi que ce soit. Il est contrôlé à distance par téléphone : sa mère, sa fiancé et son patron.
Le personnage est incarné à la perfection par le jeune acteur de talent Majd Mastoura. Un jeu sobre qui contient beaucoup de finesse et dégage une grande expressivité. Tout ce que l'on sait de Hédi se dégage de son silence, de son regard impassible devant la pression que son entourage met sur lui. De ce point de vue, le jeu et la direction de l'acteur sont mis au service du caractère du personnage qui est prêt à exploser à tout moment. Le comique de situation qui ponctue le film et met à nu l'hypocrisie sociale qui étouffe le personnage n'enlève rien la tension qui le travaille en profondeur. Bien au contraire, elle l'enfonce encore plus dans l'impasse vers laquelle il va tout droit et prépare le grand tournant du film dont le spectateur sens l'éminence approcher progressivement.
L'explosion viendra au moment le plus inattendu, livrant au spectateur un moment de cinéma plein de plaisir. Hédi reçoit un coup de fil alors qu'il est sur la plage. Il rentre en courant dans le hall de l'hôtel pour répondre à l'appel. De retour vers la plage, une animatrice (une autre excellente actrice de talent : Rym Ben Messaoud) qui l'avait observé demande si tout allait bien. Dans sa surprise et sa maladresse surtout, Hédi répond de la manière la plus révélatrice de sa frustration et de son désir de libération. C'était peut-être un souhait profond qui le rongeait. La scène suivante est encore plus hilarante. Rim, l'animatrice de l'hôtel, est tout le contraire du reste de l'entourage de Hédi : une danseuse, une jeune femme libre et libérée ; son monde est plus vaste que ce que perçoit les yeux d'Hédi.
Les décisions de Hédi sont prises sans aucune littérature comme si elles allaient de soit. Ce jeune homme renfermé, docile et timide peut-il surprendre tout le monde y compris lui-même ? Là encore, un autre instant de cinéma quand Rim est désarçonnée par le choix final du héros : l'actrice est parfaite dans ce moment où le personnage ne sait quoi dire ni faire.
Sans pour autant donner de solutions, Ben Attia indique la direction. De ce point de vue, le film est politique, sans tomber dans le discours direct vaseux et prétentieux. Ben Attia prend le politique comme par ruse. Hédi est cette Tunisie libérée de l'oppression et de la frustration et qui se cherche une bonne voie vers l'épanouissement. Le premier pas à faire et de prendre son sort entre ses propres mains, le reste est une autre affaire ; c'est le destin.

par Hassouna Mansouri

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Hedi (Inhebbek Hedi) نحبك هدي
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