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rédacteur
Fatou Kiné Sène
publié le
24/12/2017
films, artistes, structures ou événements liés à cet entretien
les commentaires liés à cet entretien

Fatou Kiné Sène est rédactrice à Africiné Magazine


Le réalisateur Licinio Azevedo, entouré par ses acteurs Matamba Joaquim (avec le trophée du Tanit d'Or, à sa droite) et Thiago Justino (à sa gauche), lors de la cérémonie des Prix aux JCC 2017, Tunis




Le réalisateur Licinio Azevedo, sur le tournage du film Convoi de sel et de sucre


Scène du film, avec Mélanie Rafael dans le rôle de Rosa


Scène du film, avec António Nipita, dans le rôle de Sete Maneiras (Sept manières)


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film


Scène du film




Scène du film


Melanie RAFAEL joue Rosa


Matamba JOAQUIM joue Taiar


Antonio Nipita, interprète de Sete Maneiras


Thiago JUSTINO joue Salomão




JCC 2017








Africiné Magazine, the World Leader (Africa & Diaspora Films)

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Entretien avec le cinéaste mozambicain Licinio Azevedo, Tanit d'Or des JCC 2017
"Je ne fais pas de film politique"


Africiné Magazine : Licinio Azevedo, quatre prix aux JCC avec votre film ‘'Le train de sel et de sucre'', que représentent ses distinctions pour vous ?

Licinio AZEVEDO : C'est très important, car c'est la première fois que je participe aux Journées cinématographiques de Carthage (JCC) en Tunisie, dans la compétition officielle, avec mon troisième film long métrage de fiction Le train de sel et de sucre. Parce que j'ai fait plus de documentaires : j'ai fait vingt cinq documentaires. Toute la période post-indépendance du Mozambique, je l'ai accompagnée avec des documentaires. Maintenant, il y a dix ans j'ai commencé à faire des fictions.






Vous avez remporté en plus du Tanit d'or des JCC, deux prix de la critique (prix de la critique africaine - Paulin Soumanou Vieyra et le prix de la Fédération internationale de la presse cinématographique "FIPRECI")…
Extraordinaire ! C'est très beau. Le plus important, c'est le public et le film a eu beaucoup de succès ici (en Tunisie) auprès du public. Au Mozambique aussi, le film est resté quatre semaines dans des salles pleines. Être reconnu par la critique, c'est très beau. On a eu deux prix de la critique : africaine et internationale lors de ces JCC, c'est extraordinaire !

Comment voyez-vous le parcours de votre film qui a reçu divers prix aux JCC ?

Il est sorti l'année dernière en 2016 au festival de Locarno avec plus de quatre mille cinq cent spectateurs, il a eu là-bas le prix de la critique italienne pour le meilleur film. Après, il a eu le prix du meilleur réalisateur. À Johannesburg, il a obtenu le prix du meilleur film long métrage ; à Khouribga il a eu deux prix (meilleur réalisateur et meilleur scénario). Il est sorti déjà en salles au Mozambique, il a fait un énorme succès, en quatre semaines avec des salles pleines beaucoup plus que la grande production nord américaine. Je suis déjà trop fier de ce parcours.

Le train de sel et de sucre est-il un film politique ?

Je ne fais pas de film politique. Ce n'est pas ma faute si toute la réalité, si toutes les choses en Mozambique sont politiques. C'est une histoire d'amour qui se passe dans la guerre. J'adore les westerns américains des années 40 et 50. Et il y a de petites références dans le film.

C'est une histoire d'amour, mais sous fond politique, comment avez-vous réussi ce dosage ?

J'ai entendu parler de ce train au milieu des années 80 pendant la guerre civile. A l'époque je voulais faire un documentaire, mais je n'avais pas de financement. Parce que tous disaient que l'équipe va être tuée et on ne verra pas de film. Alors quand la guerre est finie durant l'année 92, j'ai songé à la fiction, étant donné que le documentaire se fait sur le présent, alors que l'histoire est dépassée. Comme je suis écrivain, j'ai voyagé plusieurs fois dans le train juste après la guerre, pour parler avec les passagers et surtout les femmes qui faisaient le commerce de sel et de sucre et les travailleurs des chemins de fer et les militaires. Avec cette recherche, j'ai écrit un roman. Le train, l'histoire des cheminots sont vrais, mais les personnages sont fictifs. Je trouve beaucoup de choses dans cinéma le documentaire que je fais depuis trente ans. Je mélange les choses pour construire les personnages, comme le commandant des militaires qui est un magicien et un peu sorcier.

Avez-vous bénéficié d'un soutien sur le plan technique pour faire ce film ?

Il y a aucun apport financier du Mozambique, car il n'y a pas de fonds pour le cinéma au Mozambique. C'est une coproduction internationale qui a permis de faire ce film. Il y a un fonds du Portugal, de la France, du Brésil et de l'Afrique du Sud. On a participé et gagné à des concours en France, au Portugal. On a eu le prix d'un concours pour les pays africains lusophones. Au Brésil c'est la même chose, on a eu le prix pour un concours pour les pays sud de l'Afrique.
Au Mozambique, on a eu gratuitement les trains ; le ministère de la Défense nous a donné les militaires et les armes. Car les militaires sont de vrais militaires, ils ne sont pas des acteurs. Ils ont fait l'entraînement avec les acteurs. Même les acteurs qui conduisent le train ont appris à conduire avec les cheminots. Les autorités nous ont donné toutes les gares et on a changé chaque gare avec les couleurs de l'époque. Car aujourd'hui, elles sont horribles parce que peintes en vert et blanc.

Comment avez-vous convaincu ces militaires à jouer dans le film ?

Non, c'est le gouvernement qui a accepté et j'ai parlé avec le ministre de la défense qui a donné l'autorisation pour qu'ils jouent dans le film et il a donné aussi les armes, mais pas de balles. Le plus difficile, c'était de trouver les trains de l'époque qui n'existent plus et même les wagons blindés des militaires étaient détruits. On a fait un travail énorme pour récupérer tout cela les locomotives anciennes, les stations où on a tournée. Sept à huit stations sont modernisées maintenant ; il fallait tout changer comme les années 80. Cela a donné beaucoup de travail, mais le résultat est très bon.

Vous avez eu des difficultés dans la réalisation de ce film ?

Beaucoup de difficultés. La plus grande difficulté, c'est parce qu'au Mozambique, on n'a pas encore de fonds pour le cinéma. Le film est une adaptation de mon livre que j'ai écrit et publié en 1995. Vingt ans après, j'ai réussi à faire le film adapté de mon roman. Et c'est une coproduction internationale, parce qu'on n'a pas de fonds au Mozambique pour le cinéma. Le plus compliqué, lorsqu'on était prêt à commencer le tournage en 2016, la guerre civile a recommencé au Mozambique, ce qui fait qu'on n'a pas pu avoir à cette période une autorisation de tournage du ministère de la défense, car ils avaient peur que les gens entendent les bruits des armes et pensent que la guerre est arrivée jusque dans ces zones. Le grand problème c'était d'avoir cette autorisation de tournage. Il nous fallait expliquer aux populations cette situation que c'était un film.

Au regard de votre film, on peut dire que les productions africaines n'ont rien à envier à celles américaines. Est-ce voulu dès le départ ?

Oui, nos films doivent avoir le même niveau. Le plus important, c'est le public, il faut faire des films attractifs pour le public qui aime beaucoup les films westerns américains des années 40 et 50, pas ceux d'aujourd'hui où il y a des stéréotypes. Il aime les films de guerre, des thrillers. Il y a plusieurs petites références de western dans mon film.

Le son est un personnage du film, est-ce un travail conçu au début ?

Bien sûr, le son était déjà dans l'écriture. C'est très important parce que dans le film le moteur du train ne s'arrête jamais à cause de la guerre. On en parle dans le film, on ne doit pas changer la batterie. Il est présent et quand on est plus prêt de la locomotive, le son est plus fort. Quand on est plus loin, il est plus faible. L'engrenage du train "hein, hein hein"…. est aussi très importante dans le film et le mec chargé du son [Philippe Fabbri, Ndlr] a fait un très bon travail. Il est très intelligent, car je ne voulais pas trop de musique, un peu de musique avec des musiciens mozambicains qui ont fait un travail extraordinaire en mélangeant la musique avec le son du train. Et cela a marché très bien et j'y ai ajouté un peu de musique.

Licinio Azevedo, vous êtes de quelle nationalité ?

Je suis né au Brésil et j'y étais au début des années 70 journaliste. A l'époque, il y avait la dictature au Brésil et il était interdit de publier dans les journaux sur la guerre, le développement de la guerre anticoloniale et aussi de parler ces anciennes colonies portugaises, Mozambique, Colombie et Guinée Bissau. Comme journaliste, on avait les informations, mais on nous interdisait de les publier. Lorsque les indépendances sont arrivées, je me suis dit que je connaissais toute l'Amérique du Sud, je vais aller trouver mes frères africains. C'est là que j'ai décidé d'aller en Guinée Bissau dans les années 75. J'ai participé à la formation des journalistes guinéens. Ensuite j'ai été invité pour aller au Mozambique afin d'y travailler dans le cinéma, notamment dans l'écriture d'histoires, de scénarii. Parce qu'en Guinée Bissau j'ai publié un livre avec des histoires de contes, des nouvelles. Au début je voulais rester écrivain, car j'étais écrivain depuis des années. Je suis finalement devenu documentariste au début et aujourd'hui je fais des fictions longs métrages.

Propos recueillis à Tunis, par Fatou Kiné SENE

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