actuellement 17433 films recens√©s, 2916 textes recherche | » english  
films r√©alisateurs acteurs producteurs distributeurs festivals agenda pays espace personnel  
  critiques»
  dossiers»
  analyses»
  entretiens»
  comptes rendus de festivals»
  reportages»
  documents»
  ateliers»
  Zooms»
  r√©dacteurs»
  √©crans d'afrique»
  Asaru»
  lettre d'info
  inscription»
  desinscription»
  archives »
  liens»
  d√©p√™ches »
  nouvelles de
la f√©d√©ration»
  la f√©d√©ration»
  contacts»
  partenaires»
  accueil»




 
    
rédacteur
Meriam Azizi
publié le
25/10/2006
Ľ films, artistes, structures ou √©v√©nements li√©s √† cette critique
Ľ les commentaires li√©s √† cette critique
retour
 
Soyons réalistes, exigeons l'impossible
Allez Yallah , de Jean-Pierre Thorn (France)
R√©f√©rence, aujourd'hui consacr√©e dans le cin√©ma fran√ßais engag√©, Jean-Pierre Thorn puise sa mati√®re depuis les ann√©es soixante dans les milieux √† forte connotation sociale. En 1980, il r√©alise Le Dos au mur, un long-m√©trage qui t√©moigne de son exp√©rience ouvri√®re √† l'usine m√©tallurgique Alsthom de St-Ouen. Avec Allez Yallah, se confirme le parti-pris de se ranger du c√īt√© de la femme pour un combat de longue haleine contre toute forme de discrimination. Issu d'une rencontre avec une caravane de militantes maghr√©bines musulmanes et non musulmanes venues dresser leurs tentes berb√®res aussi bien en France dans les banlieues qu'au Maroc dans les bidonvilles, le film de Thorn (profond√©ment d'actualit√©) est on ne peut plus indispensable.

Des images po√©tiques relatant une r√©alit√© crue. Voil√† ce que nous offre √† voir le documentaire de Thorn. √Čtonnement proche de l'autre, c'est en absence de tout psychologisme et √† l'aide d'une cam√©ra humaniste et sensible qu'il suit ses h√©ro√Įnes dans leur lutte acharn√©e contre l'enracinement des mentalit√©s r√©trogrades. Tout comme le village marocain, la cit√© banlieusarde est comme prise en assaut. En guerri√®res infatigables, les repr√©sentantes de l'association d√©ploient un plan d'assainissement aussi bien mental que physique, hercul√©en. Elles s'√©gosillent en lan√ßant des cris de r√©volte et d'indignation devant le silence des gouvernements infichus de prendre l'affaire en main. Le d√©fi est fortement pr√©sent, amplement m√©taphoris√©. Le mouvement panoramique vers le haut √† l'ouverture du film, saisissant les jeunes volontaires peinant √† dresser une tente vers le ciel, ou encore l'hymne scand√© √† l'unisson par un bataillon de militantes "mets ta main dans ma main, femmes d'avenir !", sont autant d'images significatives qui ne peuvent dissimuler un trop plein d'enthousiasme quasi sismique.
√Ä premi√®re vue, la mission semble surhumaine. Atterrir sur le sol d'un village o√Ļ des probl√®mes de tout ordre pullulent, o√Ļ la condition de la femme souffre la torpeur et o√Ļ l'analphab√©tisme s√©vit et de plus se fixer comme gageur la mise √† plat de ce spectre que constitue le fanatisme religieux, un fl√©au participant majoritairement √† la "ghetto√Įsation" et par cons√©quent √† l'exclusion des habitants de la cit√© : autant de motifs alarmants et autant d'injustice que les caravani√®res refusent de taire. Par la magie de la "monstration", Thorn transforme le travail de terrain gigantesque que ces partisanes de l'√©galit√© entre les sexes s'att√®lent √† accomplir en mobilisant les gens des deux c√īt√©s de la M√©diterran√©e, en une c√©l√©bration de l'audace et de la pers√©v√©rance dont elles ont fait preuve tout au long de leur voyage. Un souffle √©pique parcourt le film. La complicit√© de la cam√©ra ressentie par le moindre mouvement facilite le processus d'identification : le spectateur devient ainsi une partie-prenante des d√©bats organis√©s et dans la marche √† la rencontre de l'autre.
Allez Yallah qui signifie litt√©ralement en avant, v√©hicule un sens du d√©terminisme et du d√©vouement √† l'esprit humaniste aujourd'hui, menac√© de disparition. Le message d'espoir, accroch√© au sourire innocent de cette petite fille qui porte le r√™ve de devenir un professeur d'anglais, est prolong√© dans ses pleurs vers la fin du film. Des pleurs qui traduisent l'impact positif que le passage √ī combien b√©n√©fique des caravani√®res a imprim√© en chacun. Des pleurs qui refusent le d√©part de ces proph√©tesses ‚Ķ y

Mériam Azizi

haut de page


   liens films

Allez, Yallah ! 2005
Jean-Pierre Thorn


   liens artistes

Bams


Bataille Thomas


Sapho


Thorn Jean-Pierre


haut de page



   vos commentaires
vos commentaires sur cette critique :
   
 
  ajouter un commentaire
   

haut de page

 

 

 

 

?>