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rédacteur
Michel Amarger
publié le
06/11/2008
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Michel Amarger




Leonardo DiCaprio


Russell Crowe




(de droite à gauche) LEONARDO DICAPRIO (Roger Ferris) et RUSSELL CROWE (Ed Hoffman) dans MENSONGES D'ETAT (BODY OF LIES) produit par Warner Bros. Pictures.




















Tournage du film Mensonges d'État



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Mensonges d'État
Maroc connexion
LM Fiction de Ridley Scott, Etats Unis, 2008
Sortie France : 5 novembre 2008

Ridley Scott aime le Maroc. Et le Maroc le lui rend bien. En accueillant les dernières productions du cinéaste britannique avec une attention renforcée, les autorités du cinéma marocain entérinent une collaboration fructueuse pour les deux parties. Car Ridley Scott sait tirer parti de sa familiarité avec ce pays du Maghreb. Même si cela ne se voit pas directement dans les histoires épiques qu'il amplifie sur grand écran pour conquérir un public international. La dernière en date est Mensonges d'État, superproduction voyageuse, faite pour s'exporter dans les salles mondiales après avoir rapporté de belles devises au Maroc.

Ridley Scott fréquente surtout le Maroc pour ses plateaux de tournage variés et ses techniciens, rompus aux ficelles du 7ème art. Pour ce cinéaste, expert en publicités, qui s'est signalé par des films cultes comme Alien, 1979, Blade Runner, 1982, Thelma et Louise, 1991, l'efficacité technique est le moteur de l'action. Convoité par les Majors d'Hollywood, il s'en démarque en fondant ses propres sociétés de production depuis 1987. Car Ridley Scott a le sens des affaires, comme celui des images. Ce qui le conduit à investir les plateaux du Maroc pour des tournages poids lourds, plus économiques. Avec son armada de cadres techniciens américains, qui encadrent les équipes marocaines, Ridley Scott a déjà réalisé Gladiator, 2000, La Chute du Faucon Noir, 2001, Kingdom of Heaven, 2005, et aujourd'hui, Mensonges d'État.

Ce thriller d'espionnage surfe sur la vague des productions occidentales qui ciblent le Moyen Orient. Un agent de la CIA, cultivé et baroudeur comme Leonardo DiCaprio, infiltre la Jordanie pour débusquer le chef d'une bande de terroristes islamistes, qui menace la sécurité du monde occidental par des attentats. Les contacts diplomatiques et les démarches musclées de l'agent sur le terrain sont pilotées depuis Washington par son supérieur, malin et manipulateur comme Russell Crowe. Complices dans leur métier, les deux agents américains défendent aussi différemment leur sens de l'honneur. Pour l'un c'est une éthique, pour l'autre un instrument au service de l'Etat.

En suivant les péripéties de l'agent infiltré, secondé par le chef des services secrets de Jordanie, une relation à double tranchant, Ridley Scott alterne savamment les scènes d'action explosives et les tête-à-tête psychologiques autour de la lutte contre les terroristes. L'opposition des Occidentaux, déterminés à sauver la planète, et du Monde Arabe où le mal se répand, semble un peu réductrice. Mais Mensonges d'État livre aussi une réflexion sur l'amitié, divisée sur le respect de la parole donnée, assortie d'une enquête remuante et d'assauts spectaculaires.

Encore une fois, Ridley Scott a su mobiliser ses troupes pour mesurer l'agitation du monde, selon ses vues. Des leçons d'arabe ont permis à Leonardo DiCaprio d'affiner un look oriental tandis que Russell Crowe a pris 25 kilos pour figurer son mentor, père de famille attentionné, convaincu de préserver les intérêts américains par tous les moyens en frappant les terroristes. Cette lutte de haut vol, menée dans plus de dix pays, s'est, en réalité, déployée sur les plateaux marocains.

On y a construit une ville jordanienne, qui sert de labyrinthe au héros, tandis que le désert a pris des couleurs irakiennes au fil des combats. Avec ses plans larges, recadrés par l'omniprésence des caméras de surveillance américaines, ses plans rapprochés sur l'ambiguïté des regards, Mensonges d'État est un film efficace. Il ménage une romance exotique à l'agent américain intègre, en prônant in extremis, une fusion des valeurs émancipatrice. "On ne peut pas se permettre d'avoir des scrupules dans ce milieu", commente Ridley Scott, "Sinon on cesse d'être utile, on se met en danger ainsi que l'organisation."

Vu par Michel AMARGER
(Afrimages / RFI / Médias France)

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