actuellement 16274 films recensés, 2750 textes recherche | » english  
films réalisateurs acteurs producteurs distributeurs festivals agenda pays espace personnel  
  critiques»
  dossiers»
  analyses»
  entretiens»
  comptes rendus de festivals»
  reportages»
  documents»
  ateliers»
  Zooms»
  rédacteurs»
  écrans d'afrique»
  Asaru»
  lettre d'info
  inscription»
  desinscription»
  archives »
  liens»
  dépêches »
  nouvelles de
la fédération»
  la fédération»
  contacts»
  partenaires»
  accueil»




 
    
rédacteur
Azzedine Mabrouki
publié le
14/02/2009
» films, artistes, structures ou événements liés à cette critique
» les commentaires liés à cette critique



Sotigui Kouyaté dans London river


Brenda Blethyn et Sotigui Kouyaté dans London river


Brenda Blethyn et Sotigui Kouyaté dans London river


Rachid Bouchareb


Indigènes 2005


Sotigui Kouyaté, dans le rôle de Joseph, lors du tournage de La Genèse de Cheick Oumar Sissoko


Keïta, l'héritage du griot, film de Dani Kouyaté avec Sotigui Kouyaté dans le rôle du griot


Sotigui Kouyaté


Brenda Blethyn


Roschdy Zem


Sami Bouajila


Michel Piccoli, Willem Dafoe, Irène Jacob dans I skoni tou chronou (The Dust Of Time) de Theo Angelopoulos, 2008


Michel Piccoli, Irène Jacob, Willem Dafoe dans I skoni tou chronou (The Dust Of Time) de Theo Angelopoulos, 2008


Theodoros Angelopoulos


Leved Yilmaz, Elit Iscan, Erdal Besikçioglu dans Hayat var (My Only Sunshine) de Reha Erdem, 2008


Reha Erdem


Leon Lei dans Forever Enthralled de Chen Kaige, 2009


Chen Kaige


Brenda Blethyn


Brenda Blethyn


Brenda Blethyn, Sotigui Kouyaté


Rachid Bouchareb


Sotigui Kouyaté : Silver Bear - Best Actor 2009 (Meilleur Acteur Berlinale 2009)



retour
 
Festival de Berlin 2009
London River : Mention Bien

Le Festival de Berlin touche à sa fin. Sur les écrans de télévision on voit ici la fameuse vidéo, production étincelante de Djezzy : Algeria, the best kept secret. "Algérie, le secret le mieux gardé" !
Images flamboyantes de notre pays. On échappe au moins aux barbus qui peuplent certains trottoirs...

Et pendant ce temps, Rachid Bouchareb a fait un tabac au festival de Berlin. London River est largement supérieur à la plupart des autres films en compétition. Une seconde renommée après Cannes et la nomination d'Indigènes aux Oscars. La pureté de sa mise en scène lui a valu mardi 10 février une longue ovation dans la salle archicomble de la Berlinale Palast. Les éléments de son histoire dans London River sont révélateurs de sa sensibilité et de son intelligence. Il n'y a aucune analyse des motifs des attentats de Londres survenus le 7 juillet 2005. Il ne s'agit pas de ça.
Le fond de l'histoire, ce sont deux personnages, une Anglaise protestante et un Africain musulman que les attentats de Londres finissent par rapprocher malgré leurs différences extrêmes. Madame Sommers (l'actrice renommée Brenda Blethyn des films de Mike Leigh) et Monsieur Ousmane (l'imposant acteur burkinabé Sotigui Kouyaté, qui a joué le Mahabaratha mis en scène par Peter Brook) apprennent les tragiques évènements comme tout le monde en regardant la télévision. Elle est fermière dans une île normande. Lui est garde forestier depuis 15 ans en France. Ils débarquent à Londres à la recherche désespérée de leurs enfants Ali et Jane, des étudiants londoniens. Ils font séparément les mêmes démarches, police, hôpitaux, morgue. Ils passent de l'espoir au désespoir. Ils apprennent à la fin la tragique vérité : leurs enfants qui vivaient ensemble, Jane et Ali fréquentaient la classe de langue arabe à la mosquée de Finsbury Park, ont pris le bus pour se rendre à la gare (ils partaient par Eurostar à Paris), et c'est le bus qui a littéralement explosé le 7 juillet ne laissant aucune chance à ses passagers.
Sur le thème de la diversité ethnique de certains quartiers de Londres, London River prend les choses avec de la hauteur, de la dignité,par touches successives. Il n'y a ni folklore, ni poncifs sur "les conflits de civilisation". On voit bien que Londres est une ville très cosmopolite. Les tragiques attentats de Londres ont visé toutes les communautés. C'est cet aspect interethnique de Londres dont Rachid Bouchareb saisit les infimes nuances. Il y a par exemple beaucoup de signes maghrébins dans cette histoire. Le boucher enrichi joué par Rochdy Zem. L'imam jeune et moderniste campé par Sami Bouajila. Et ce jeune barbu (comme à Alger) champion des puces électroniques...

London River a été montré à Berlin sous les couleurs algériennes. C'est une coproduction Tassili films (Alger) et d'autres compagnies françaises, allemandes, anglaises.

Le Forum a renoué avec le succès grâce à un film turc, Hayat Var de Reha Erdem. Une variation belle et corrosive à la fois de la vie sur les rives du Bosphore. Une jeune fille stambouliote, très belle actrice de 14 ans Elit Iscan, ne supporte pas trop sa vie entre un grand père souffreteux et un père pêcheur (à la maison pas de kébabs, mais chaque jour du poisson frit !). C'est pas l'euphorie. De plus, avec sa barque, le père se livre à un large trafic (femmes, alcool, drogue) avec les marins des tankers qui attendent le passage dans le Bosphore. Le port d'Alger, ce n'est pas le Bosphore, à savoir si les nombreux navires au large n'attirent pas les mêmes trafiquants... Hayat Var, c'est avant tout un régal visuel, on a tout de suite envie d'aller voir de plus prés ce monde très étrange et très beau à la fois : le Bosphore !

Un film d'opéra signé Chen Kaigé a aussi fait sensation au festival de Berlin. C'est l'histoire du plus célèbre chanteur d'opéra en Chine Mei Lanfang. Entré sur scène à 13 ans à l'époque de la Chine impériale, Mei Lanfang s'est spécialisé dans les rôles de femmes. En Chine, les femmes étaient alors exclues des salles de représentations et de la scène. Mei Lanfang a modernisé l'opéra et revalorisé le statut d'acteur. La beauté de sa voix lui a valu un immense succès. Il s'est produit à Broadway à New York en 1930, en plein crash monétaire, et son show fut un triomphe. Quand le Japon a occupé la Chine, Mei Lanfang s'est retiré, refusant de chanter devant les occupants. Il a vécu l'occupation à Shanghai. À son retour à Pékin après la révolution de Mao, il reçut un accueil triomphal : 600.000 personnes pour l'écouter chanter dans un stade. Chen Kaigé reconstitue avec une maîtrise éblouissante cette succession d'époques de l'histoire de la Chine à travers l'opéra.

Le film de Théo Angelopoulos a en revanche déçu. The Dust of Time (La poussière du temps), longue histoire écrite par Tonino Guerra, pouvait être très attachante. Mais rien ne marche dans le film. On s'y perd dés le début. Angelopoulos a cherché à superposer le temps, les histoires, les générations. Résultat la narration devient très confuse. C'est triste à dire du travail d'un grand metteur en scène qui a fait des œuvres extrêmement brillantes : Le voyage des comédiens, Le voyage à Cythère, Le regard d'Ulysse, Paysage dans le brouillard... Le film commence à Cinecitta : on voit un cinéaste américain d'origine grecque travailler sur une histoire, celle de sa mère qui a aimé deux hommes. À travers les évènements de la seconde moitié du XX° siècle, la mort de Staline en 1956,la guerre du Vietnam, la chute du mur de Berlin, le récit se déplace et les acteurs aussi (Michel Piccoli, Bruno Ganz, Irène Jacob, Willem Dafoe) de Sibérie, Kazakhstan, Amérique, Berlin... On retiendra ces superbes images de Berlin au moins : Berlin désert, la neige qui tombe sans bruit comme pour effacer le temps : Piccoli passe la Porte de Brandebourg, il n'y a plus de mur, Berlin est réuni.

Azzedine Mabrouki

haut de page


   liens films

London River 2009
Rachid Bouchareb


   liens artistes

Blethyn Brenda


Bouajila Sami


Bouchareb Rachid


Jacob Irène


Kouyaté Sotigui


Leigh Mike


Piccoli Michel


Zem Roschdy


   évènements

05/02/2009 > 15/02/2009
festival |Allemagne |
Berlinale 2009
59ème édition.

07/02/2009 > 12/02/2009
festival |Allemagne |
Berlinale Talent Campus 2009

   liens structures

3B Productions
France | PARIS

Arte France cinéma
France | Issy-les-Moulineaux

Tadrart Films
France | PARIS

Tassili Films
Algérie | ORAN

Tessalit Production
France | Paris

haut de page



   vos commentaires
vos commentaires sur cette critique :
   
 
  ajouter un commentaire
   

haut de page