actuellement 17958 films recensés, 3096 textes recherche | » english  
films réalisateurs acteurs producteurs distributeurs festivals agenda pays espace personnel  
  critiques»
  dossiers»
  analyses»
  entretiens»
  comptes rendus de festivals»
  reportages»
  documents»
  ateliers»
  Zooms»
  rédacteurs»
  écrans d'afrique»
  Asaru»
  lettre d'info
  inscription»
  desinscription»
  archives »
  liens»
  dépêches »
  nouvelles de
la fédération»
  la fédération»
  contacts»
  partenaires»
  accueil»




 
    
rédacteur
Michel Amarger
publié le
27/04/2009
films, artistes, structures ou événements liés à cette critique
les commentaires liés à cette critique

Michel Amarger




Sylvaine Dampierre


Léna Blou








Le généalogiste Michel Rogers, en discussion avec Sylvaine Dampierre





retour
 
Le Pays à l'envers
Cultiver l'âme de la Guadeloupe
LM Documentaire de Sylvaine Dampierre, Guadeloupe, 2008
Sortie France : 29 avril 2009

Les tensions explosives de l'hiver ont allumé les feux médiatiques sur la Guadeloupe. Et pourtant l'Ile bouillonne depuis longtemps dans l'ombre de la Métropole, étouffée par les injustices sociales sans retenir les regards. Celui que porte aujourd'hui Sylvaine Dampierre sur le sujet surfe avec l'actualité pour prendre racine plus loin dans le temps. Le Pays à l'envers est un portait en creux de l'âme insulaire où s'enchevêtrent art et mémoire, passé et présent, nature et culture. Un véritable jardin créole que la réalisatrice invite à parcourir pour renverser les images attendues de la Guadeloupe. "Quand on passe derrière l'horizon, on ne voit plus que la mer et le pays à l'envers", indique Sylvaine Dampierre pour justifier un des multiples sens du titre, emblématique de sa démarche.



Le film marque un véritable retour sur ses origines pour cette cinéaste élevée en France métropolitaine, engagée dans la pratique du documentaire. D'abord formatrice dans le cadre de stages d'initiation à la réalisation, prodigués par les Ateliers Varan, actifs sur divers continents, Sylvaine Dampierre devient monteuse jusqu'en 1998. Elle travaille sur un canal interne de télévision à la maison d'arrêt de Paris puis s'évade en composant une œuvre en quatre volets autour des "jardins et jardiniers". Et c'est en préparant soigneusement son premier long-métrage qu'elle tente de défricher les vibrations de la Guadeloupe.

Le Pays à l'envers s'enclenche sur la volonté de retrouver ses racines. Sylvaine Dampierre part de l'idée de transmettre l'histoire de ses ancêtres à son fils, en retrouvant la signification de son nom. Cette quête s'appuie sur des images d'hier, films de famille en Super 8 tournés par le père, pour se compléter par les scènes d'aujourd'hui. La réalisatrice enchevêtre les formats, les époques pour questionner l'identité de la Guadeloupe. Elle plonge dans le passé aux Archives où Michel Rogers, généalogiste passionné, la guide dans le décryptage de l'esclavage. Il explique comment ceux qui subissaient cette condition étaient d'abord privés de nom. En approfondissant son regard sur la lignée d'origine de la cinéaste, il explicite clairement la situation de l'île avec ses nuances dans l'appréciation raciale.



Cette percée dans l'histoire de la Guadeloupe est prolongée par les souvenirs d'un militant communiste qui rappelle l'activité des usines à sucre, aujourd'hui délaissées par les intérêts de la Métropole. La richesse, relative, du passé économique, trouve un relais avec le dynamisme de Léna Blou, une chorégraphe qui transmet son enseignement à de jeunes élèves, comme une voie d'expression utile à l'identité singulière de l'Ile. En liant le travail du corps et celui de la mémoire, Léna Blou imprime avec majesté et poésie, ses chorégraphies dans le film. Le Pays à l'envers peut alors se déployer comme un jardin luxuriant où la réalisatrice tresse avec sensibilité les contrastes de la Guadeloupe.

Entravée par une histoire oppressante, échaudée par ses rapports conflictuels avec la Métropole dont elle dépend économiquement, cette île fière et créative a su développer des expressions singulières pour revendiquer son propre langage. Mais le présent est désenchanté. C'est en fouillant ses origines que Sylvaine Dampierre évoque avec sensibilité les nuances de l'identité créole. Vécue à distance ou au cœur de l'Ile, la relation avec l'âme de la Guadeloupe irrigue Le Pays à l'envers. Une manière personnelle de sensibiliser posément, avec de belles images et un montage aéré, aux désaffections qui limitent encore l'essor de l'Ile.

Vu par Michel AMARGER
(Afrimages / RFI / Médias France)

haut de page


   liens films

Pays à l'envers (Le) 2008
Sylvaine Dampierre


   liens artistes

Blou Léna


Dampierre Sylvaine


Gomez Bernard


Jouhair Camille


René Myriam


Rogers Michel


   liens structures

Atlan Films
France | Paris

Hevadis Films
France | ROUEN

haut de page

   vidos
   

 

Bande-annonce du film LE PAYS A L'ENVERS
bande annonce

 
   


   vos commentaires
vos commentaires sur cette critique :
   
 
  ajouter un commentaire
   

haut de page

 

 

 

 

?>