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rédacteur
Ahmed El Ftouh
publié le
24/06/2009
films, artistes, structures ou événements liés à cette critique
les commentaires liés à cette critique

Ahmed El Ftouh


Tu te souviens d'Adil ?


Mohamed Zineddaine


Adil et son ami Rachid enfants à Casablanca


Adil menaçant


Adil


Portrait d'Adil en Italie


Faouzi et Adil, en Italie


Zineddaine et Moustfa Kennar (dans le rôle de l'imam de la mosquée de Bologne)


Piazza-Maggiore


Faouzi


Adil, Rachid et Laila au Café, à Ain Diab Casablanca


Rachid devant le phare, à Casablanca


Rachid marchant le long du quai, Casablanca


Adil, chien et pistolet


Adil et Faouzi à Casablanca


Adil et Laila




Ruelle à Casablanca


Adil et Rachid devant la discothèque


Laila dessine le portrait de Adil


Photo tableau d'Adil dessiné par sa copine


Photo tableau d'Adil dessiné par sa copine


Soumia la soeur d'Adil et Rachid


Fawzi, frère d'Adil, en Italie


La comédienne Karen Klink (copine de Adil), Zineddaine (au centre) et Omar Lotfi (rôle: Adil)


Tournage d'une scène à Casablanca, avec grue et travelling

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Tu te souviens d'Adil ?, de Mohamed Zineddaine
L'ellipse, un projet pour le renouveau du cinéma marocain ?

Entre le premier long métrage de Mohamed Zineddaine, Réveil (2004), et son second Tu te souviens d'Adil ? (2008), le lien est très fort tant sur le plan formel que thématique. Le premier se positionne, d'un point de vue chronologique, comme la suite logique du deuxième, le retour au pays précède chronologiquement le voyage à l'étranger. La structure cyclique de la narration renforce les thèmes récurrents soulevés dans les deux films : la vie, l'amour et la mort. Triptyque existentiel autour duquel l'Homme ne finit pas de se poser des questions. Il s'agit donc d'une quête en soi et autour de soi. Une quête renouvelée et renouvelable.

La particularité de l'écriture du film Tu te souviens d'Adil ?, c'est qu'il se démarque par le choix d'un mode d'écriture elliptique comme style formel dans le traitement du récit filmique ainsi que comme technique et esthétique à la fois d'agencement et d'articulation entre les différentes parties, séquences et plans qui composent et structurent le film. Cette particularité se démarque aussi par le choix d'un mode de communication dynamique et interactive. Le cinéaste en laissant des espaces vides à parcourir entre l'enfance d'Adil et son adolescence, entre Adil adolescent à Casablanca et Adil, en âge mûr, à Bologne, s'adresse à un spectateur actif et créatif car producteur de sens ainsi que de significations. Si le cinéaste ne dit pas tout, c'est pour laisser au lecteur/spectateur le soin de compléter les évènements, de procéder à des recoupements, de prendre du recul, de s'interroger.

S'interroger, par exemple, sur la maladie de Fawzi, le frère d'Adil. De quel type de maladie s'agit-il ? Comment il l'a attrapée ?

- Mais pourquoi le cinéaste n'a pas montré Fawzi à l'hôpital face à un médecin lui donnant des conseils sur son traitement anti sida ?
C'est l'une des questions, entre autres, que certains spectateurs, habitués à un cinéma de l'étalage complet, ont posées et reposées. Et c'est bien le mérite du film d'avoir suscité autant de questions et de questionnements. Mais cette question est-elle due au fait que ces personnes n'ont pas compris qu'il s'agissait de sida et que Fawzi avait des penchants homosexuels ? Est-ce aussi et surtout parce qu'ils n'ont pas voulu faire le recoupement nécessaire et revoir la séquence de Fawzi conduisant sa voiture, la nuit, dans une rue de Casablanca, et cherchant de ses yeux avides de plaisir et au sourire satisfait (gros plan) un jeune bien musclé faisant du jogging ? Ils auraient peut-être préféré que Zineddaine filme durant 10 minutes Fawzi en plein acte sexuel et à plusieurs reprises.

Encore une fois, le cinéaste ne va pas dans le sens des attentes de ce public façonné par un cinéma, on ne cessera jamais de le répéter, bon marché et stéréotypé. Un cinéma de pure reproduction de la paresse et du moindre effort.
L'itinéraire de Adil, de son ami Rachid et de leurs deux familles respectives se trouvent condensés dans un cycle réparti en trois parties ponctuées par des transitions/articulations marquées par des ellipses.

La vie, l'amour, la mort

Le générique du film s'ouvre sur fond sonore (musique expressive qu'on retrouvera le long du film et dans le générique de la fin) sur des draps multicolores séchant au soleil dans une rue où travaillent des artisans teinturiers. Adil, enfant de six ans, joue à faire naviguer un bateau en papier sur une petite marre emplie d'eau et de peinture rouge. La symbolique du voyage est déjà lancée. Ces couleurs seront retrouvées à la fin du film sur la plage face au phare clignotant devant lequel Rachid, sans nouvelles de son ami Adil, est assis, vu de dos, les yeux vers le lointain.

L'amitié, complice, fraternelle et désintéressée, qui lie les deux jeunes, remonte à leur tendre enfance. Élevés dans la même maison, ils partagent tout. La séquence de la baignoire montre les deux enfants collés nus l'un contre l'autre sous l'eau pure et savonneuse que verse sur eux Soumya, la sœur d'Adil. Entre Soumya et Rachid existe un amour discret par moment, fort et tendre, dans d'autres. Adil est amoureux d'une jeune libanaise qu'il a rencontrée au Maroc. Le seul souvenir qu'il emportera quand il quittera la maison de son frère Fawzi, en Italie, après une dispute orageuse, sera un tableau représentant son propre portrait. C'est celui que la jeune libanaise lui avait confectionné. Seul avec son portrait (avec soi même), il pensera à téléphoner à Rachid, son confident et ami. Hélas, son ami est injoignable. Ce qui renforce sa solitude.

Par un court flash back le cinéaste nous fait revoir et revivre la séquence durant laquelle Adil trafiquait le passeport de son père et le visa pour l'Italie. Il ne nous explique pas comment Adil est arrivé, après maintes tentatives avortées, à entrer en Italie, à avoir des relations aussi bien avec des milieux mafieux qu'avec des intégristes, par le biais de son frère, infirme et malade. La transition/articulation entre la deuxième partie et la troisième (de Casablanca à Bologne) va être marquée par le clignotement du phare de Casablanca, la nuit. Cette lumière qui tournoie exprime, à la fois, le temps qui coule et l'espace qui change.

De même, la transition entre l'enfance et l'adolescence va être ponctuée par la lumière de l'allumette que craque l'enfant Adil, suite à la dispute coutumière de ses parents (père ivrogne et infidèle). Cette lumière en se consumant totalement disparaît pour laisser place à Adil, adolescent, téléphonant, d'une cabine téléphonique, à trois heures du matin à son ami Rachid. Ce dernier le croyait en Italie.

C'est donc par le recours à ce type d'ellipses que Zineddaine surprend positivement le spectateur et le bouscule. Il lui offre ainsi la possibilité de s'activer, de rester éveiller et attentif afin de produire du sens.

D'autres ellipses parsèment le film Tu te souviens d'Adil ?. La séquence de la musique et la danse du Tango à la place Mggiori à Bologne exprime l'importance de la musique et de l'art en général sur l'adoucissement des mœurs et la réconciliation et l'entente entre les êtres humains. Les deux frères qui ne s'entendaient pas sur plusieurs points vont se retrouver fortement unis le temps d'une partie de cette danse. Une complicité et une nouvelle fraternité s'établit entre eux. Même Boubker, l'imam de la mosquée de Bologne, a été charmé, un moment, par cette esthétique universelle. Mais par un sursaut de mauvaise conscience, il agira en gardien et censeur. Il se précipite alors et saisit brusquement la chaise roulante et emporte Fawzi, encore sous l'effet de l'éblouissement de ses sens, vers la sortie.

La séquence suivante montre Adil et Fawzi, sur le gazon, près de la mosquée de Boubker. Nostalgiques, heureux et conviviaux, Ils échangent des souvenirs sur le Maroc et sur leur père. Ce dernier, disent-ils, est devenu exagérément pieux après avoir tout perdu, magasin et biens.

Le film est ouvertement critique de toutes les formes de fanatisme et d'intégrisme. Il le fait sans détours en usant de l'implicite et en s'éloignant de tout discours moralisateur ou de verbiage politique. C'est à partir d'un clou à trois têtes, trouvé par Adil dans le magasin de Driss, le frère de Rachid, que la filière terroriste est présentée indirectement au spectateur. C'est la copine libanaise de Adil qui, en voyant le clou dans la main de Adil, nous informe de l'usage qui sera fait par ce type de clous. "Ils servent à fabriquer des bombes artisanales", explique -t-elle à Adil, étonné.

Driss reçoit un complice venu lui apporter une épée. Suite à un court dialogue entre les deux hommes, le spectateur est renseigné sur les attentions d'un groupuscule islamiste qui prépare des attentats. Les explosions terroristes qui ont fait de nombreuses victimes à Casablanca en 2003 reviennent en mémoire.

Peut-on alors avancer que Zineddaine monte un projet autour d'une réflexion philosophique à travers le langage et la création cinématographiques? La réponse n'est pas encore imminente mais ce qu'on peut avancer sans crainte c'est que le cinéma de Zineddaine est un cinéma de l'intellect. Un cinéma de l'intelligence. Un cinéma de réflexion. Un cinéma qui ne caresse pas le spectateur dans le sens du poil. Un cinéma qui réveille. Un cinéma contre la passivité. Un cinéma au style spécifique et particulier.

Ahmed EL FTOUH
Critique d'art et de cinéma

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