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rédacteur
Martial Ebenezer Nguéa
publié le
07/12/2009
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Martial E. Nguéa




Francine Kemegni

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Dans l'ombre d'une autre, de Francine Kemegni
Destin perfide !

Le premier film de Francine Kemegni parle de la stérilité masculine dans une société de tabous divers.

De Francine Kemegni, on connaît la discrétion, l'effacement. De la cinéaste, on découvre à coup sûr le courage, l'engagement. Née en 1971 à Yaoundé, la jeune cinéaste a fait des études en mathématique à l'université de Yaoundé. Elle les a quittées sans mot dire afin de suivre sa passion : le cinéma. Elle y a passé 12 années à se former sur le tas, allant d'un plateau à un autre et elle finit par chuter au montage où elle décroche un diplôme. Après deux courts métrages, elle réalise enfin son premier long métrage, Dans l'ombre d'une autre. Une chronique sociale sur le sort de la femme et la question de la stérilité dans une société de tabous où la loi du mâle est la seule raison.

Francine Kemegni plonge son regard sur un sujet complexe. Il est d'autant plus fascinant qu'il porte sur une réalité pas très courante dans la culture africaine : la stérilité masculine. Alain Nono, jeune cadre au ministère du Commerce est fiancé à Laurence, une étudiante. Les préparatifs vont train entre Alain et la famille de Laurence. Seulement, c'est sans compter avec la mère de Alain, qui n'aime pas du tout Laurence. Les dialogues du film sont plutôt très intrigants et engageants. " Tu as tant joué la vie sans profit (…) Laurence, ce n'est pas une femme pour toi".dit la mère de Alain. Elle finit par lui proposer Marie, la belle paysanne aux formes physiques à couper le souffle. Elle est introduite dans son appartement. Alain va lui opposer une belle résistance en vain. Car "moi, un cadre au ministère du commerce, épouser une villageoise (...) Impossible !? Alors que si. Il finit par lui accorder une nuit dans son lit. Voilà le début d'une histoire qui va s'émietter en plusieurs segments de vies.

La structure du film se construit entre la ville et le village. Alain Nono finit par accepter l'idée de vivre avec deux femmes. Pour ne pas être maudit par ses parents, il épouse civilement Laurence tandis que Marie aura droit à un parfait mariage traditionnel.
Francine Kemegni bâtit son film sur de fins détails paradoxaux qui finissent par grossir à travers d'interminables discussions. Après plusieurs mois de mariage, le couple Alain-Laurence n'a aucun fruit de leur union. Alors que Marie accouche d'un beau petit garçon, objet de toutes les satisfactions de la famille. Les malheurs de Laurence s'enchaînent en série. Elle est refoulée par son mari. Dans sa famille, son père ne veut rien entendre de ses soucis conjugaux. Francine Kemegni fait de l'amour l'axe des malheurs des uns et le feu du bonheur des autres. Et là, le film met en exergue l'aversion féminine.
Le fils de Marie est le fruit de sa fornication avec Gaby, son petit ami de sous bois au village. Personne ne soupçonne cette vérité. Laurence a fait une virée nocturne à la suite d'une dispute avec son époux. Elle a fini dans les bras de Bertrand (le très comique Eshu Rigobert Tamwa), le meilleur ami de Alain, personne ne le sait. Seulement, cette virée donnera naissance à une grossesse.

Le casting est un succès dans cette histoire. Les personnages principaux sont beaux. Leur plastique cache la perfidie dissimulée en eux. Alain Nono, par exemple, se voit victime. Pourtant, il est le vicieux qui profite sur tous les bords.
Cette construction des personnages permet de mener une belle escapade au cœur des sociétés africaines et leur conception culturelle. Le terrible Alain se rendra compte que l'enfant de Laurence n'est pas du même groupe sanguin que ses deux parents. Pris de déception, "je m'en vais chercher ma femme (Marie) et mon fils" au village - il la surprend en plein ébats amoureux avec Gaby (interprété par Joseph Wamba). Face aux menaces saisissantes de lui prendre définitivement l'enfant, elle lui avoue qu'il est loin d'être le géniteur de cette enfant. "C'est mon jour aujourd'hui !"Lance-t-il. Pour mettre un terme à cette journée, d'enfer, il décide de se suicider. Là encore, il apprend une belle leçon de son père géniteur qui lui dit dans un ton plein d'ironie" seuls l'amour et le pardon garantissent le bonheur".

Dans l'ombre d'une autre met en scène, à la manière d'un conte populaire, l'image d'une société qui attribue tous les sorts négatifs à la femme et cache avec minutie les tares des mâles. Comme bien de ses consœurs féministes fascinées, Francine Kemegni, aborde aussi une thématique sensible. L'enfant et tout ce qui entoure sa naissance. Même si la réalisation manque quelque peu de fluidité dans l'enchaînement logique de son histoire, il demeure que l'on retient qu'en Afrique, la stérilité ne concerne pas que les femmes. Les hommes en sont aussi victimes. C'est pour cela qu'un enfant n'est pas toujours celui de son géniteur mais de la communauté toute entière.

Martial Ebenezer NGUEA

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