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rédacteur
Kamel Ben Ouanès
publié le
10/05/2010
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Kamel Ben Ouanès


Yousry Nasrallah


L'Aquarium


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L'Aquarium de Yousri Nasrallah
Les remous d'une parole nocturne

Le cinéma de Yousry Nasrallah cultive un réel lien de parenté avec l'univers des mots. Pas les mots de la scène théâtrale, mais ceux qu'on énonce dans de discrets chuchotements à la faveur de timides confidences. Et pourtant, ces mots sont graves, lourds de sens, conduisant les personnages à expliquer, à s'expliquer, à défendre leurs rêves, à confondre leurs suppôts, à dire leurs souffrances. C'est pourquoi la communication est l'enjeu de L'Aquarium. En effet, si les mots sont au cœur de ce film, c'est surtout parce que les personnages peinent beaucoup à les trouver, à les apprivoiser, à les exprimer.

En effet, sous le poids d'un implacable ordre social, politique ou historique, le langage est souvent frappé d'aphasie. Affecté donc par un excès de pudeur ou par une vigilante censure, le verbe ne peut se frayer facilement un chemin vers sa libération. Contraint d'inventer de canaux déroutants, le verbe emprunte une voie où la communication se fait à distance, par émission radiophonique interposée, sous couvert des voix anonymes, enveloppées dans le silence de la nuit.

Dans L'Aquarium, la parole à tous les traits d'une présence qui vient des souterrains, d'un univers refoulé. Ou encore une parole d'outre-tombe qui ne peut se déployer que parmi des silhouettes amorphes et des ombres agitées. Il y a donc un lien intime entre les mots et la nuit, entre les bruissements d'un verbe et les frémissements de l'obscurité nocturne. Car cette voix, étant véhiculaire de l'interdit, du coincé, de l'inhibé et surtout du désir revendicatif, ne se manifeste que quand s'estompe le regard inquisiteur du censeur et la vigilance sévère de l'autorité.

Pourtant, le film de Yousry Nasrallah démarre avec une atmosphère qui laisse supposer un dispositif scénique propice à l'effusion du désir et à la satisfaction de tous les fantasmes. Erreur ! La nuit aiguisera le drame des personnages et les acculera à se mettre dans un troublant face à face avec eux-mêmes, avec leur isolement ou leur fragilité. Comme un terrier, dont le labyrinthe du "Jardin des poissons" est le meilleur écho, la nuit abrite les personnages, les aimante ; et surtout, elle les pousse à échanger des confidences chuchotées et à s'offrir des murmures confus et étouffés.

S'il est difficile de parler, c'est surtout parce que la société ne peut souffrir une parole libre ou libérée. Pour parler, on se cache, on se confine dans l'anonymat d'une voix sans visage ou derrière le voile fantomatique de la nuit. Résultat : les personnages ne forment plus une communauté homogène ou solidaire. Celle-ci est plus que jamais émiettée, désagrégée. C'est pourquoi les personnages sont réduits à des figures séparées les unes des autres et confinées chacune dans leur coin. Aussi est-ce pour cette raison que leur parole ne se mue jamais en échange ou en dialogue, mais suit une trajectoire singulière qui pervertit les règles même du genre filmique. Dans L'Aquarium, le personnage n'acquiert de véritable présence vocable que quand il quitte la scène dramatique, là où il s'emploie à vivre ses désirs et ses aspirations, avant d'évacuer tout cela pour venir témoigner devant la caméra, comme un accusé devant le juge d'instruction. A l'instar d'un reportage où on recueille les témoignages et les aveux, L'Aquarium opère un glissement d'un film de fiction à un film documentaire. La preuve que la narration trébuche, vacille, bascule vers sa négation. Le cinéaste créateur cède la place au reporter. La transfiguration esthétique du réel ne peut être maintenue face à l'urgence de palper les remous d'une réalité en crise.

Kamel Ben Ouanès

Article paru dans la revue Le Cinéphile (Tunis), numéro Spécial "Yousry Nasrallah", édité par l'ATPCC.

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